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Une peine trop « clémente » pour Alexandre Bissonnette, selon des membres de la communauté musulmane

Mme Elghawaby en entrevue dans une salle remplie de chaises et de tables.
Mme Elghawaby souligne que ce crime est sérieux et qu'il continue de blesser les familles et les survivants, malgré le temps qui passe. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

La communauté musulmane de la région de la capitale considère que la peine imposée vendredi à l'auteur de la tuerie de la grande mosquée de Québec, Alexandre Bissonnette, est trop « clémente », considérant tous les dommages collatéraux qui en ont découlé.

Alexandre Bissonnette a écopé d'une des plus lourdes peines jamais imposées au Canada depuis l'abolition de la peine de mort : la prison à vie sans possibilité de libération conditionnelle avant 40 ans, pour avoir tué six personnes de confession musulmane, le 29 janvier 2017. La Couronne réclamait 150 ans, soit 25 ans par citoyen ayant perdu la vie.

On s'attendait à ce qu'Alexandre Bissonnette passe plus de temps derrière les barreaux, lance Amira Elghawaby, membre du Canadian Anti-Hate Network (Réseau canadien contre la haine). La jeune femme se réjouit néanmoins de certains aspects de la décision rendue par le juge François Huot, vendredi.

Il a évoqué le fait que c'était un crime haineux, ce qui était un message très important à envoyer.

Amira Elghawaby, membre du Canadian Anti-Hate Network

Si certains membres de la communauté musulmane ont qualifié cette sentence de clémente, d'autres vont plus loin en disant qu'elle n'a aucun sens. Moussa Darkalah a d'abord une pensée pour les familles qui sont toujours en deuil. Je pensais que la sentence serait un peu plus lourde que cela, commente-t-il.

La présidente du Centre islamique de l'Outaouais, Hayet Laggoune, aurait elle aussi voulu une peine plus sévère de la part du juge Huot. Elle souligne qu'elle croit à la réhabilitation, mais insiste sur le processus de deuil des familles.

Quel effet aura cette décision sur les personnes qui ont perdu leur papa, leur conjoint?

Hayet Laggoune, présidente du Centre islamique de l'Outaouais

Pour Alioune Camara, la durée de la peine n'a pas vraiment d'importance. Il accorde davantage de poids à ce qui sera fait pour réduire les formes de discrimination qui sont nombreuses à l'égard des musulmans, selon lui.

40, 50, 200 ans, ça ne changera absolument rien, c'est juste un individu. Et puis, des gens comme lui, il y en a beaucoup qui se terrent [...] il faudra une volonté collective pour pouvoir régler ce genre de problème, résume-t-il.

Plusieurs experts ont déjà prédit que la décision pourrait être portée en appel.

Avec les informations de Yasmine Mehdi

Ottawa-Gatineau

Procès et poursuites