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Un forum pour contrer les violences sexuelles chez les communautés LGBTQ+

Le forum LEXIC2 s'est tenu au Cégep de Sherbrooke.
Le forum LEXIC2 s'est tenu au Cégep de Sherbrooke. Photo: Radio-Canada

Les statistiques sur les violences sexuelles sont claires : les personnes issues des communautés LGBTQ+ y sont surreprésentées. Pour mieux cerner les besoins de ces victimes et mieux outiller les intervenants, un forum dédié à cet enjeu a été organisé, vendredi et samedi, à Sherbrooke. Il s'agit de la première initiative du genre au Québec, selon les organisateurs.

Plus de 200 personnes ont participé à l'initiative chapeautée par LEXIC2, un projet né au Cégep de Sherbrooke visant à créer ou à bonifier des outils destinés aux intervenants et aux personnes LGBTQ+.

Dans les services actuels en violence sexuelle, les intervenants disent ne pas voir les personnes LGBTQ+. Il y a clairement un problème, affirme d'emblée le coordonnateur du projet, Pierre McCann. Toutefois, avec ce forum, on voit vraiment qu'il y a une volonté transversale d'agir.

Une quinzaine d'ateliers et de conférences étaient organisés afin d'aborder les multiples facettes de l'enjeu. Les conférenciers ont, entre autres, échangé sur la réalité des personnes racisées au sein du milieu LGBTQ+, les défis de l'inclusion des personnes non binaires ou encore l'accompagnement des personnes trans.

Parfois, des personnes ou des organismes refusent d'accueillir une personne trans, simplement parce qu'elle se définit comme trans, explique Pierre McCann.

Au Québec, plusieurs victimes de violence sexuelle ne reçoivent pas l'aide nécessaire en raison de leur identité de genre ou de leur orientation sexuelle. Certains ont l'impression d'être abandonnés et décident de garder le silence.

Les personnes LGBTQ+ ont vécu beaucoup d'oppression dans leur vie, dans beaucoup de cas. En plus, d'avoir vécu un traumatisme en lien avec une violence sexuelle, ils doivent faire un dévoilement de leur orientation ou de leur identité de genre, sans compter les préjugés. La liste des obstacles est très longue, précise-t-il.

Si on ne fait rien d'adapté pour répondre à ça, c'est là que ça devient problématique.

Pierre McCann
Pierre McCann est le coordonnateur du forumPierre McCann est le coordonnateur du forum Photo : Radio-Canada

En quête de solution

Dans une séance de remue-méninges, les participants ont réfléchi collectivement aux pistes de solutions afin de mieux soutenir les victimes.

Il faut adapter nos services aux demandes de la clientèle, avance le sociologue et conférencier, Michel Dorais. La porte commence à s’ouvrir. Il y a beaucoup de bonne volonté.

Selon M. Dorais, également professeur en travail social de l'Université Laval, tout commence par une meilleure collaboration entre les organismes LGBTQ+ et les organismes d’aide aux victimes.

Il faut montrer le fait qu’on est inclusif. Si vous êtes un organisme, il faut montrer que vous êtes ouverts à tout le monde, explique-t-il. En région, il n'y a pas beaucoup de ressources, il faut donc les partager. Il faut être imaginatif.

Les grandes réflexions issues de ce forum seront consignées dans un document. Celui-ci sera envoyé à tous les participants. Il sera aussi transmis au gouvernement québécois.

Le sexologue Michel Dorais a réalisé l'étude: « Réagir aux agressions sexuelles envers les personnes LGBT »Le sexologue Michel Dorais a réalisé l'étude: « Réagir aux agressions sexuelles envers les personnes LGBT » Photo : Radio-Canada

Plus de moyens réclamés

La ministre de la Justice, Sonia Lebel, était présente lors de l'ouverture du forum. Sa visite a été perçue comme un très bon signal par les organisateurs.

C'est une des premières fois qu'on l’entendait parler aussi en profondeur des enjeux LGBTQ+. Ça envoie le signal qu’il y a une volonté d’agir, croit Pierre McCann. Maintenant, il faudra voir si les actions vont suivre, si les mesures législatives suivent et si les moyens financiers seront là.

Le manque de financement récurrent des organismes LGBTQ+ demeure un obstacle majeur au développement d’initiatives plus structurantes.

Ça fait cinq ans que j’en parle dans les médias et rien n’a changé, déplore-t-il.

Estrie

Communauté LGBTQ+