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Échec d'une vente aux enchères de tableaux attribués à Hitler

Tableau représentant un village allemand au bord de l'eau avec une montagne au fond.
Cette aquarelle signée « A. Hitler » est attribuée au dictateur nazi. Photo: AFP/Getty Images / DANIEL KARMANN
Agence France-Presse

Cinq tableaux attribués à Hitler n'ont finalement pas trouvé preneur samedi lors d'une vente aux enchères organisée en Allemagne. Une vente controversée, qui a été marquée par la saisie de plusieurs toiles à l'authenticité douteuse.

Ces peintures de paysages bucoliques, mises en vente par la maison Weidler, pourront toutefois « être cédées à une date ultérieure », a précisé la direction de l'établissement dans un court communiqué.

La maison ne s'est pas exprimée sur les raisons de cet échec. Mais les prix de départ élevés – entre 28 500 et 67 500 dollars canadiens –, conjugués aux suspicions entourant l'enchère, étaient propres à échauder les acheteurs potentiels.

La maison d'enchères a tout de même réussi à écouler, auprès d'acheteurs « allemand et étranger », deux objets censés avoir appartenu à Hitler : un vase en porcelaine de Meissen représentant un voilier-école de la marine allemande, adjugé pour 8300 dollars canadiens, et une nappe vendue à 950 dollars – leurs prix de départ.

Une chaise en osier, proposée à 9770 dollars, n'a en revanche fait l'objet d'aucune offre.

Chaise en osier, avec une croix gammée également en osier, et un vase blanc sur lequel est peint un bateau bleu. Cette chaise en osier ornée d'une croix gammée et ce vase auraient appartenu à Adolf Hitler. Photo : AFP/Getty Images / DANIEL KARMANN

Des tableaux saisis

Mercredi encore, 26 pièces supplémentaires faisaient partie du catalogue de vente. Mais elles ont été saisies jeudi par les autorités, avec 37 autres objets, en raison de doutes sur leur authenticité malgré les signatures « A. H. » et « A. Hitler ».

Toutes les pièces, saisies ou non, proviennent de 23 propriétaires différents, rapporte la maison de vente. Celle-ci se défend de toute irrégularité et a souligné coopérer avec la police et le parquet.

« Nous menons une enquête au parquet de Nuremberg sur des soupçons de falsification et de tentative de fraude », a indiqué pour sa part à l'Agence France-Presse (AFP) la procureure générale Antje Gabriels-Gorsolke. « S'il s'avère que ce sont des faux, nous vérifierons qui [...] savait quoi », a prévenu cette dernière.

Certaines œuvres étaient accompagnées de certificats d'authenticité, mais ces derniers pourraient avoir aussi été falsifiés.

La maison Weidler a assuré que les vérifications en cours sur les 63 œuvres remises à la police « ne veulent pas automatiquement dire qu'il s'agit de faux ».

Des amateurs d'objets nazis

Les ventes aux enchères d'œuvres d'Hitler font régulièrement polémique en Allemagne, où la reconnaissance des crimes du nazisme constitue une part centrale de l'identité nationale.

Des collectionneurs – généralement étrangers – étant prêts à dépenser des sommes importantes pour posséder un artéfact du dictateur ou d'autres dignitaires nazis, des ventes ont régulièrement lieu en Allemagne.

La maison Weidler a ainsi déjà vendu plusieurs tableaux attribués au Führer, dont une paire d'aquarelles vendue 48 000 dollars canadiens en 2009.

Les médiocres toiles d'Hitler

Mais de nombreux faux ou œuvres douteuses circulent. Le 24 janvier, la police a saisi trois aquarelles attribuées à Hitler qui devaient être vendues aux enchères à Berlin ce jour-là, en raison là aussi de doutes quant à leur authenticité.

Selon des experts, les toiles d'Hitler restent difficiles à authentifier, faute de catalogue précis et en raison de la médiocrité des œuvres du dictateur, qui avait échoué à entrer à l'Académie des arts de Vienne. Et l'étude graphologique de la signature reste une méthode insuffisante.

Néanmoins « avec le nazisme, il y a une longue tradition pour ce commerce de dévotion », a expliqué à l'AFP Stephan Klingen, de l'Institut central d'histoire de l'art de Munich.

« Chaque fois, [les médias en parlent beaucoup] et, en fait, les prix [auxquels se vendent ces objets] montent continuellement. C'est un peu ce qui m'énerve, personnellement ».

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