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Sentence d'Alexandre Bissonnette : l'émotion a pris le dessus, dit Boufeldja Benabdallah

Aymen Derbali lors d'un point de presse au palais de justice de Québec après le prononcé de la peine d'Alexandre Bissonnette

Aymen Derbali, survivant de l'attaque, a exprimé sa vive déception quelques instants après le prononcé de la sentence.

Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Au lendemain d'une journée éprouvante, des membres de la communauté musulmane de Québec tiennent à clarifier une chose : ils n'en veulent pas « à la société » canadienne ou québécoise. La déception manifestée vendredi est surtout liée aux attentes qu'ils avaient envers « la justice ».

Dans les moments suivant la longue lecture et finalement du prononcé de la sentence d'Alexandre Bissonnette par le juge François Huot, Boufeldja Benabdallah, entouré de plusieurs membres de la communauté musulmane, est apparu contrarié devant les médias.

Les 40 ans de prison ferme étaient loin des 150 ans réclamés par plusieurs.

« On n'a pas beaucoup de réponses à vous donner pour le moment. On est complètement estomaqués », a dit le président du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ), visiblement soufflé par l'émotion.

« J'ai été très déçu et surpris, à un point tel que j'allais vraiment m'évanouir », a pour sa part déclaré Aymen Derbali, devenu tétraplégique après la tuerie.

Cette frustration a fait place à un certain apaisement, samedi matin.

« Le soulagement, il est là. Dans le sens où la sentence est tombée, quoiqu'elle n’est pas au goût de tout le monde », a confié M. Benabdallah en entrevue téléphonique.

Moi, personnellement, en rentrant à la maison, je me suis senti un peu mieux.

Une citation de : Boufeldja Benabdallah, président et cofondateur du Centre culturel islamique de Québec

Message à la population

Après la démonstration d'une réaction très émotive de ses camarades, incluant les familles et les proches des victimes, M. Benabdallah a senti le besoin, samedi, de s'adresser « à la société », à la population en général.

« Je ne veux pas que la société nous en veuille, du fait qu’on a été extrêmement déçus », a-t-il dit. « On aime cette population dans laquelle on vit. »

On attendait mieux que ça, ou plus que ça, une certaine compassion, y compris de la justice. [Vendredi], on ne l’a pas sentie et c’est ça la frustration qu’on a sentie qui a été extériorisée de plusieurs manières.

Le président du CCIQ a rappelé que les proches des victimes, les survivants, ainsi que toute la communauté ont dû passer par toute la gamme des émotions en attendant la peine du juge.

En plus de crouler sous des pages et des pages d'explications, ils ont de nouveau entendu en détail le récit des événements.

« [Le juge] a soufflé le chaud et le froid. On est passés par de grands moments de mémoire. Il a décrit exactement ce qui a été vu », poursuit M. Benabdallah.

Ce dernier « comprend » les explications sur le principe de réhabilitation, tout comme il comprend le fonctionnement de la justice canadienne. Mais vendredi, l'émotion a laissé bien peu de place à la raison, a-t-il admis.

« On n'a rien compris. On était désarçonnés. C’est le sentiment qui prime, c’est l’émotion qui prime, et c’est une émotion sincère. »

Boufeldja Benabdallah, président du Centre culturel islamique de Québec, après le prononcé de la peine d'Alexandre BissonnetteAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Boufeldja Benabdallah, président du Centre culturel islamique de Québec

Photo : Radio-Canada / Maxime Corneau

Le temps fera son œuvre, a-t-il dit avec philosophie. « Je pense qu'on va cheminer. [...] Nous sommes résilients, je pense que nous allons remonter la pente. »

Maintenant qu'une page s'est tournée vendredi, l'heure est d'envisager la suite des procédures judiciaires, s'il y aura appel de la sentence.

Une première rencontre de réflexion et de prière est prévue dans cet esprit, samedi soir, au CCIQ.

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