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Jody Wilson-Raybould, une ministre qui divise

Le premier ministre Justin Trudeau et la ministre des Anciens Combattants Jody Wilson-Raybould
L'ancienne ministre de la Justice a mis le premier ministre dans l'embarras, dans l'affaire SNC-Lavalin. Photo: La Presse canadienne / Sean Kilpatrick
La Presse canadienne

Nommée ministre de la Justice en 2015 par Justin Trudeau, Jody Wilson-Raybould a été rétrogradée trois ans plus tard et a hérité du portefeuille des Anciens Combattants. Si la principale intéressée soutient qu'il ne s'agit pas d'un revers, certaines informations font état de problèmes importants dans son style de gestion.

Mme Wilson-Raybould était devenue une épine dans le pied du cabinet, une ministre avec laquelle il était difficile de s'entendre et qui, selon certaines sources bien informées, rabaissait ouvertement ses collègues.

Moins d'un mois après sa rétrogradation, Jody Wilson-Raybould se trouve au cœur d'une des plus grosses tourmentes à avoir frappé le gouvernement de Justin Trudeau : des allégations selon lesquelles le premier ministre ou ses collaborateurs auraient fait pression sur elle pour aider le géant québécois SNC-Lavalin à se soustraire à des poursuites pénales. On l'aurait notamment écartée parce qu'elle refusait de coopérer.

Justin Trudeau nie catégoriquement ces allégations.

Plusieurs élus libéraux approchés vendredi par La Presse canadienne ont dit croire que l'affaire avait été divulguée par Jody Wilson-Raybould elle-même.

Elle a toujours fait les choses pour elle-même en quelque sorte, a confié l'un d'eux. Ce n'était jamais à propos du gouvernement ou du cabinet. Tout tourne autour de Jody.

Une source libérale

La crainte de représailles était si forte vendredi, que la plupart des libéraux contactés ont refusé catégoriquement de s'exprimer sur la situation.

La présidente du Conseil du Trésor, Jane Philpott, qui serait l'une des alliées de Mme Wilson-Raybould au sein du cabinet, n'était pas disponible.

Une gestion cahoteuse

Ceux qui ont accepté de se prononcer font état d'une ministre au roulement de personnel effréné (elle a eu quatre chefs de cabinet en trois ans et demi) et qui ne se présentait aux réunions que lorsqu'elle en avait envie.

« Je pense l'avoir vue au caucus autochtone une seule fois », a déclaré une source.

Mais un autre portrait beaucoup plus flatteur émane de l'extérieur du gouvernement : celui d'une femme d'une intelligence et d'une détermination exceptionnelles.

Son père, le chef Bill Wilson, avait un jour dit à Pierre Trudeau, père de Justin, que ses filles allaient devenir premières ministres.

Une source autochtone affirme qu'il est « impossible de parler de Jody sans parler de son père », mais leur relation est toutefois troublée.

Bill Wilson, qui a exprimé son appui à sa fille sur les médias sociaux cette semaine, a contribué à l'enchâssement des titres ancestraux et des droits issus de traités des peuples autochtones dans la Constitution canadienne.

Dossiers de grande envergure

Jody Wilson-Raybould laisse également un legs important en tant que ministre de la Justice. Elle a piloté deux des plus importants changements apportés à la politique sociale canadienne en une génération : l'aide médicale à mourir et la légalisation du cannabis.

« Elle est très sérieuse et très crédible », fait valoir Sheila North, ancienne grande chef de Manitoba Keewatinowi Okimakanak, l'organisation des chefs du nord de cette province des Prairies.

Elle était une procureure de la Couronne sûre d'elle, souligne Mme North, et toute critique de sa fermeté prend racine dans le sexisme.

« Quelqu'un qui est très solide et confiant, quand il s'agit d'un homme, ce n'est même pas considéré comme quelque chose de négatif », a-t-elle dénoncé.

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