•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La réduction de la production pétrolière nuit aux exportations par train

Des wagons citernes.

Le gouvernement de l'Alberta mise sur le transport ferroviaire pour écouler les surplus de production pétrolière qui s'accumulent dans la province.

Photo : Radio-Canada/Étienne Dumont

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La réduction de la production de pétrole a fait monter le prix du baril albertain, ce qui nuit aux exportations par train. C'est une grosse épine dans le pied du gouvernement de l'Alberta qui compte sur le transport ferroviaire pour écouler les surplus de la province.

Les exportations de pétrole par train n’ont cessé d’augmenter en 2018, atteignant un sommet de 340 000 barils par jour en décembre.

Cet élan semble toutefois s’essouffler. Les chiffres des transports hebdomadaires du Canadien National et du Canadien Pacifique montrent une diminution des chargements de produits pétroliers.

Selon l’analyste en économie de l’énergie Martin King, les exportations ferroviaires de pétrole ont même baissé de 25 % en janvier. Il considère que c’est lié à la réduction de la production pétrolière imposée par le gouvernement de l’Alberta.

Cette mesure a atteint son objectif de réduire l’écart de prix entre les barils de pétrole canadien et américain. Paradoxalement, c’est toutefois son succès qui nuit aux exportations de pétrole par train.

« L'écart a beaucoup rétréci, ce qui était le but de la réduction de la production, mais il a trop rétréci », estime l’analyste Martin King.

Le transport ferroviaire, plus dispendieux qu’un oléoduc, ajoute 15 à 20 $ au prix de vente du baril sur le marché américain. Le prix du pétrole canadien doit donc être beaucoup plus bas pour couvrir les coûts de transport et rester compétitif. Toutefois, avec la récente augmentation du prix du baril albertain, son prix de vente est désormais moins concurrentiel.

Martin King est assis sur une chaise. Il a un complet gris et une chemise quadrillée.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'analyste indépendant Martin King croit que la réduction de la production pétrolière en Alberta nuit aux exportations par train.

Photo : Radio-Canada

Martin King s’attend à ce que la tendance se poursuive au moins pour un moment, ce qui est une mauvaise nouvelle pour le gouvernement qui a investi plusieurs millions de dollars dans l’achat de wagons-citernes et de locomotives.

« Est-ce que ce sera un investissement obsolète d’ici la fin de l’année ? », s'interroge l'analyste. « Peut-être que l’économie à ce moment justifiera l’utilisation [de ces wagons], on verra ce qui arrive ».

Selon lui, il est possible par ailleurs que les sanctions américaines envers le Venezuela ravivent la demande pour le pétrole canadien, ce qui pourrait davantage solliciter le transport ferroviaire.

De son côté, le gouvernement albertain a indiqué qu'il avait prévu d’alléger ses restrictions sur la production pétrolière de façon graduelle à partir du mois de février.

Impériale réduira ses exportations ferroviaires à presque rien

Le président de la pétrolière Impériale, Richard Kruger, rappelle que sa compagnie s’est toujours opposée à la réduction obligatoire de la production pétrolière.

« Quand on intervient dans le libre marché, il y a toujours des conséquences non voulues », estime-t-il.

En décembre, Impériale exportait 168 000 barils par jour par voie ferrée. En janvier, ce chiffre était d’environ 90 000. La compagnie affirme qu’elle compte exporter « zéro ou presque zéro » baril par train dans le mois de février.

Même son de cloche au sein de la compagnie pétrolière Suncor. « L'écart a été corrigé - trop corrigé - très rapidement, et la conséquence involontaire de ça [...], c’est que l’économie du secteur ferroviaire est sévèrement bouleversée et les transports ferroviaires sont en train de s’arrêter », affirme le directeur général de la compagnie, Steve Williams.

Danger pour l’écoulement des réserves de pétrole

Le gouvernement albertain martèle depuis plusieurs mois que le transport ferroviaire est sa meilleure option pour écouler ses réserves de pétrole tant que de nouveaux pipelines ne seront pas construits.

La première ministre de l'Alberta, Rachel Notley, a annoncé en novembre dernier qu’elle achèterait 7000 wagons pour transporter 120 000 barils de pétrole de plus par jour. Ceux-ci devraient être sur les rails en 2020, mais le gouvernement n’a pas dévoilé si les contrats avaient déjà été signés.

D'après les informations de Kyle Bakx, CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !