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Le projet de loi 9 est « injuste », selon des organismes de l'Outaouais

Jean-Marie Mondésir, en entrevue à l'extérieur.
Jean-Marie Mondésir croit que des organismes d'aide mieux financés par le gouvernement pourraient favoriser une meilleure intégration des immigrants. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le Service intégration travail Outaouais (SITO) et Accueil-parrainage Outaouais ont réagi au projet de loi 9 du gouvernement Legault, qu'ils jugent « injuste ». Ils ont également réclamé de meilleurs moyens pour réaliser leur mission respective d'aide à l'intégration.

Le gouvernement de François Legault a annoncé, jeudi, qu'il veut supprimer les 18 000 dossiers d'immigrations non traités pour permettre la mise en place plus rapide de la réforme en immigration — une promesse électorale, soulevant au passage l'ire des partis d'opposition.

Évidemment, c'était prévisible, a commenté le président du conseil d'administration d'Accueil-parrainage Outaouais, Jean-Marie Mondésir. Il a toutefois nuancé ses propos en affirmant qu'il n'était pas contre la réforme des critères de sélection des immigrants, si elle sert à rendre le système plus efficace.

Ce que je trouve injuste, c'est les 18 139 dossiers qui sont déjà en traitement que le gouvernement demande de jeter à la poubelle. Les gens ont dépensé de l'argent.

Jean-Marie Mondésir, président du conseil d'administration d'Accueil-parrainage Outaouais

En effet, les immigrants qui désirent s'établir dans la Belle Province doivent d'abord recevoir un Certificat de sélection du Québec avant de demander un visa de résident permanent. Il faut débourser un certain montant pour ces documents.

À cela s'ajoutent les frais d'avocats, les reconnaissances d'acquis, les services de traductions et les déplacements pour se les procurer, souligne Roxana Merello, la directrice du SITO.

Roxana Merello répond aux questions d'une journaliste.Roxana Merello, directrice générale de l’organisme SITO. Photo : Radio-Canada

Le texte du projet de loi précise que Québec remboursera les droits exigibles payés par le demandeur. On estime cette somme à un peu plus de 1000 $ par demandeur, pour un total de 19 millions de dollars, a précisé M. Jolin-Barrette lors de la présentation du texte législatif.

Ce n'est pas seulement une affaire de 1000 $, a souligné Youyou Nsembe, conseillère en emploi au SITO. Mme Nsembe a elle-même un frère de 24 ans, pratiquement bilingue et hautement qualifié, qui verra son dossier être supprimé si le projet de loi est adopté.

Elle trouve dommage que son frère, un ingénieur en informatique, ne puisse immigrer au Québec et ainsi pourvoir un poste dans un secteur très demandé.

Mme Nsembe, en entrevue. Mme Nsembe a dépensé de l'argent pour aider son frère à immigrer au Canada. Photo : Radio-Canada

Du financement contre la pénurie de main-d'oeuvre

La population immigrante a souvent été évoquée en solution à la pénurie de main-d'oeuvre. Si des organismes comme le SITO aident à l'intégration de ces gens, ils ne reçoivent pas toujours le financement adéquat.

Si nous on dépasse nos cibles, tous ces surplus de personnes immigrantes qu'on a, et bien, c'est le SITO qui doit assumer, parce que nous on ne peut pas fermer la porte.

Roxana Merello, directrice du SITO

Mme Merello a également souligné que dans les prochaines années, 22 % des emplois devront être comblés les immigrants, d'où l'importance de leur enseigner la culture d'emploi nord-américaine, tout en leur offrant des emplois de qualité.

Ottawa-Gatineau

Politique provinciale