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Bruce McArthur : des insatisfactions demeurent dans la communauté LGBT de Toronto

Des gens assemblés près d'une église font une veillée à la chandelle pour commémorer les victimes du présumé tueur en série Bruce McArthur.
Des gens de la communauté tiennent une veillée à la chandelle en souvenir des victimes du tueur en série Bruce McArthur en février 2018. Photo: The Associated Press / Robert Gillies
Radio-Canada

Des membres de la communauté gaie de Toronto sont insatisfaits de la peine de Bruce McArthur, qui a été condamné à la prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans.

La plaie demeure ouverte, selon le militant LGBT James Dubro. Ce dernier affirme que les gens sont outrés à l’idée que McArthur pourrait, en théorie, faire une demande de libération conditionnelle à l’âge de 91 ans.

M. Dubro fait partie d’un groupe de militants qui réclament la tenue d’une enquête publique sur la façon dont la police de Toronto a mené l’enquête sur McArthur. Certains membres de la communauté estiment que leur inquiétude n’a pas été prise en considération ou a été carrément ignorée par la police.

Steven Heipel en entrevueLe juge a été trop clément, selon Steven Heipel. Photo : Radio-Canada

Au moins, la justice a parlé, raconte Steven Heipel, rencontré dans le village gai de la métropole vendredi. Ils l'ont arrêté et l’envoient loin d’ici.

La Couronne avait réclamé au moins deux peines consécutives de 25 ans ferme chacune pour deux des huit meurtres commis par McArthur. Le meurtrier n’aurait donc pas été admissible à une libération conditionnelle avant l'âge de 116 ans. Steven Heipel croit lui aussi qu’une peine consécutive aurait été appropriée.

Je crois que des peines consécutives auraient été la façon de faire.

Steven Heipel, résident de Toronto

Selon un autre membre de la communauté, Joshua Romik, le juge a été trop clément.

« Je crois que ça ne rend pas justice aux victimes », soutient-il. « Les familles des victimes ne doivent pas bien se sentir. Oui, on leur épargnera certains détails, mais je crois que les familles veulent obtenir justice. »

Deana Dudley, révérende de l’Église communautaire métropolitaine de Toronto, se dit cependant satisfaite du jugement. « Je suis convaincue qu’il ne sortira jamais de prison ». Le juge John McMahon a abondé dans le même sens. « Vu la nature de ses crimes, il y a peu de chances qu’il obtienne la libération conditionnelle. »

Un lien brisé

« Ç’a été un traumatisme pour plusieurs personnes de la communauté », rappelle toutefois la révérende.

Un homme en entrevueDanny Ostropolec croit que le lien de confiance entre la communauté LGBT et la police est brisé. Photo : Radio-Canada

Un travail de longue haleine est à prévoir pour rétablir le lien de confiance avec les policiers, selon le Torontois Danny Ostropolec.

En tant que communauté, nous nous sommes sentis à part. Nous attendons une enquête depuis longtemps.

Danny Ostropolec, Torontois

« La police a besoin d’en faire beaucoup pour rebâtir la confiance avec la communauté », affirme pour sa part Steven Heipel.

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