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Caraquet : que faire de la vieille usine Carapro?

Le vieille usine Carapro, à Caraquet
Le vieille usine Carapro, à Caraquet Photo: Radio-Canada / René Landry

La vieille usine de transformation de produits marins Carapro, à Caraquet, au Nouveau-Brunswick, continue de se dégrader, du moins sur le plan esthétique, à la vue de tous.

Un texte de René Landry

Le bâtiment construit en 1938 ne passe pas inaperçu. Il est situé le long du boulevard Saint-Pierre Est, en face du quai et non loin du site touristique du Carrefour de la mer et de la marina.

Il donne l'impression d'être carrément abandonné.

L'automne dernier, lorsqu'un débat faisait rage dans la municipalité au sujet de l'entreposage de casiers de pêche à l'arrière des maisons, une artiste visuelle a fait une intervention publique pour suggérer aux élus qu'ils devraient plutôt se préoccuper de la vieille usine.

L'artiste visuelle Elisabeth Marier réside à Caraquet depuis une douzaine d'années.L'artiste visuelle Elisabeth Marier réside à Caraquet depuis une douzaine d'années. Photo : Gracieuseté

Quelques mois plus tard, Élisabeth Marier n'a pas changé d'avis, bien au contraire.

Je trouve ça désolant qu'un lieu soit si misérable en plein coeur de la ville, dans un lieu touristique, déplore-t-elle. C'est un rafistolage de structures. On sait très bien que ça a été inondé, alors on s'imagine qu'il y a sûrement des moisissures là-dedans. On se demande pourquoi c'est encore là. En plus, on se fait dire que ça appartient à quelqu'un d'immensément riche.

Ça ne sert à rien. C'est vide. C'est désaffecté. Ç'a l'air d'un trou à rats.

Élisabeth Marier, artiste

La Municipalité menottée

Le directeur général de la Ville de Caraquet, Marc Duguay, reconnaît que le vieil édifice est dérangeant. Des citoyens lui en parlent assez souvent. Mais il précise qu'il s'agit d'une propriété privée et que la Municipalité est, en quelque sorte, menottée.

Il y a un ruisseau à l'arrière et il y a des gens qui aimeraient que ce soit restauré pour l'environnement. Ce sont de beaux projets, mais ça demeure une propriété privée. Est-ce que les sols sont contaminés ou non? On ne le sait pas. On ne sait pas non plus ce que le promoteur veut en faire. On va essayer de le rencontrer au cours des prochaines semaines, explique Marc Duguay.

Davantage que de la peinture

L'entreprise Produits Belle-Baie est propriétaire majoritaire de la vieille usine et du grand terrain. Le président et directeur général, Alie LeBouthillier, indique qu'il ne fait pas une croix sur cette usine.

On garde le terrain pour des projets, fait savoir Alie LeBouthillier. L'usine pourrait être remise en service, du moins en partie.

L'entreprise possède des permis pour exploiter plusieurs espèces de produits marins.

Affiche de la vieille usine Carapro, à CaraquetAffiche de la vieille usine Carapro, à Caraquet Photo : Radio-Canada / René Landry

Il précise que la partie la plus ancienne de l'usine est solide. Il y a du béton armé. C'est comme un bunker.

Quand à l'apparence du bâtiment, Alie LeBouthillier prévoit des améliorations pour ce printemps.

On en a parlé à la dernière réunion [des actionnaires] et on trouvait que ça n'a pas de sens, dit-il. Une partie des toits est effondrée. On va amener des changements pour ne pas que le bâtiment ait l'air délabré. Ça sera davantage que de la peinture.

Si le bâtiment devait être démoli, les coûts des travaux pourraient atteindre 350 000 $, selon ses informations.

Inondations et lieu dangereux

La propriété se trouve dans une sorte de creux, à un niveau plus bas que la route. Il y a plusieurs années, le terrain et le marché de poissons qui se trouvait à l'avant de la bâtisse ont été inondés.

Des barricades de la Municipalité, l'automne dernier, autour de crevasses sur le terrain de CaraproDes barricades de la Municipalité, l'automne dernier, autour de crevasses sur le terrain de Carapro Photo : Radio-Canada / René Landry

La Municipalité a des conduites dans cette propriété et un site de traitement des eaux usées se trouve à l'arrière, en forêt.

Le bassin de traitement des eaux usées, en forêt, à l'arrière de la vieille usine CaraproLe bassin de traitement des eaux usées, en forêt, à l'arrière de la vieille usine Carapro Photo : Radio-Canada / René Landry

On examine les possibilités, aussi, avec la lagune qui est sur la rue du Portage et les eaux de surface qu'il faut pomper au large, explique le directeur général de la Ville, Marc Duguay. Tout ça coûte extrêmement cher. On doit déposer un projet aux gouvernements fédéral et provincial à ce sujet-là.

Le legs de Gorton-Pew

L'usine de la Gordon-Pew Fisheries, une entreprise du Massachusetts, a ouvert ses portes en 1939. Selon les archives provinciales, il était alors question d'un nouveau procédé de congélation rapide qui garde au poisson sa fraîcheur et sa saveur.

Des travailleuses salent la morue avant l'empaquetage, à l'usine Gorton-Pew, à Caraquet, en 1944.Des travailleuses salent la morue avant l'empaquetage, à l'usine Gorton-Pew, à Caraquet, en 1944. Photo : Archives provinciales du Nouveau-Brunswick

L'usine a par la suite été achetée par des entrepreneurs locaux qui lui ont donné le nom de Carapec.

Elle a ensuite été achetée par un autre groupe, qui a lancé Carapro en 1983. Environ 200 personnes travaillaient alors dans l'usine, notamment à la transformation du crabe, de la crevette, du hareng et du poisson de fond.

Un parc?

Le très grand terrain à l'arrière de l'usine comprend un boisé qui jouxte la piste cyclable. Il y a un ruisseau et un petit étang. C'est une propriété qui fait rêver plusieurs amants de la nature, qui y voient un énorme potentiel.

C'est pourtant dans un lieu naturel assez exceptionnel, ajoute Élisabeth Marier. Malheureusement, il y a une espèce d'inertie qui est désespérante. Ce serait formidable d'avoir un parc à cet endroit-là. On ne peut pas dire qu'il y a vraiment des parcs à Caraquet.

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