•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les conservateurs de l'Î.-P.-É. se réunissent pour choisir un nouveau chef

Montage photo des cinq candidats à la direction du Parti progressiste-conservateur de l'Île-du-Prince-Édouard s'adressant aux membres de la formation politique le 9 février 2019 à Charlottetown.
De gauche à droite : Dennis King, Allan Dale, Kevin Arsenault, Shawn Driscoll et Sarah Stewart-Clark. Photo: Radio-Canada / CBC / Brian McInnis
François Pierre Dufault

Les membres du Parti progressiste-conservateur de l'Île-du-Prince-Édouard se réunissent, samedi, à Charlottetown, pour choisir un nouveau chef. L'exercice a un air de déjà-vu : la formation a connu sept chefs depuis 12 ans. Il a aussi quelque chose de périlleux, à quelques mois des prochaines élections provinciales.

Cinq candidats briguent la direction du parti qui forme l'opposition officielle à l'Assemblée législative.

Aucun de ces candidats n'a d'expérience en politique active.

Les candidats à la direction du Parti progressiste-conservateur de l'Île-du-Prince-Édouard ont pris part à un premier débat dans la municipalité de Three Rivers. Sur la photo: Allan Dale, Sarah Stewart-Clark, Kevin Arsenault, Dennis King et Shawn Driscoll.Les candidats à la direction du Parti progressiste-conservateur de l'Île-du-Prince-Édouard ont pris part à un premier débat dans la municipalité de Three Rivers. Sur la photo: Allan Dale, Sarah Stewart-Clark, Kevin Arsenault, Dennis King et Shawn Driscoll. Photo : Radio-Canada / François Pierre Dufault

C'est donc une tâche colossale qui attend la personne qui l'emportera, selon le politologue Peter McKenna, de l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard. Le prochain chef, dit-il, n'aura que quelques mois pour mettre le parti au diapason, rédiger un programme électoral cohérent et se faire connaître du grand public.

Un an depuis la dernière course

Depuis la défaite du gouvernement de Pat Binns en 2007, la succession de chefs intérimaires et permanents, d'Olive Crane à James Aylward, a fait mal au parti, selon l'universitaire.

Ça fait à peine un an que le parti a choisi un nouveau chef, rappelle Peter McKenna. La direction du parti est un véritable carrousel. Ce n'est jamais une bonne nouvelle pour l'image publique du parti et la motivation de ses troupes. Soyons honnêtes : le parti connaît des difficultés. Il a besoin de frapper un grand coup.

Plombé par des sondages défavorables, le chef sortant, James Aylward, a annoncé sa démission en septembre dernier. C'était moins d'un an après son investiture. Et moins d'un an avant les prochaines élections provinciales.

Le nouveau chef n'aura pas beaucoup de temps pour aller à la rencontre des Insulaires et faire bonne impression. Ça va être un défi. Et puisqu'il n'est pas un député siégeant à l'Assemblée législative, il devra se faire un nom.

Peter McKenna, politologue à l'Université de l'Île-du-Prince-Édouard

Le Parti progressiste-conservateur s'était retrouvé dans une position semblable en 2015. Les membres de la formation venaient d'en confier les rênes à Rob Lantz lorsque le premier ministre Wade MacLauchlan a déclenché des élections. Une opposition peu préparée s'est engagée dans la campagne. Elle en est ressortie avec huit députés. Le chef n'était pas du nombre.

Le même danger guette le parti en 2019, selon Peter McKenna.

« Trop loin sur la droite »

Les candidats attribuent eux-mêmes les insuccès de leur formation à l'approche négative qu'elle aurait adoptée depuis une décennie et aux luttes internes qui auraient miné sa crédibilité auprès des électeurs.

Nous avons laissé notre parti glisser trop loin sur la droite, affirme Dennis King, perçu par plusieurs observateurs comme le choix de l'establishment. L'ancien directeur des communications de Pat Binns dit vouloir redonner à la formation la stature d'un gouvernement en attente. Il compte y arriver en adoptant une approche positive.

Le militaire à la retraite Allan Dale loge à la même enseigne. Recruter des professionnels de la santé dans les régions rurales, étendre l'accès à Internet haute vitesse dans toute la province, innover en matière d'énergie renouvelable : pour lui, il n'y a rien d'impossible. Si j'ai été en mesure de déployer des médecins en Afghanistan, je peux certainement le faire [à l'île], se plaît-il à répéter.

Sarah Stewart-Clark promet à son tour de diriger un parti progressiste et inclusif, en particulier pour les femmes et les minorités. La biologiste s'est fait connaître en 2017 avec sa campagne How Many Wade dénonçant l'inaction du gouvernement libéral de Wade MacLauchlan en santé mentale.

Débat sur l'avortement

Shawn Driscoll souhaite quant à lui freiner l'exode des jeunes.

Perçu par plusieurs militants progressistes-conservateurs comme le mouton noir de cette course à la direction, le blogueur Kevin Arsenault dit vouloir s'attaquer à la corruption. Il voudrait aussi restreindre l'accès à l'avortement sur demande dans la province, ce qui crée un certain malaise au sein de son parti.

Je ferais de l'Île-du-Prince-Édouard un refuge pour les nombreux médecins pour qui c'est contraire à la conscience de recommander un avortement ou l'euthanasie.

Kevin Arsenault, candidat à la direction du Parti progressiste-conservateur de l'Île-du-Prince-Édouard

Des avortements sont pratiqués légalement à l'Île-du-Prince-Édouard depuis 2017.

Dennis King et Sarah Stewart-Clark estiment que le débat sur l'avortement dans la province est terminé et qu'il serait malavisé pour leur parti de le relancer. J'ai rencontré des femmes qui revoient les yeux de l'homme qui les a violées chaque fois qu'elles regardent leur enfant. Ça se produit à l'île beaucoup plus souvent qu'on le pense, affirme la candidate dans un plaidoyer pour la liberté de choix.

Bataille sur deux fronts

De l'avis du politologue Peter McKenna, les progressistes-conservateurs feraient mieux de miser sur le fait que le gouvernement est au pouvoir depuis 12 ans et que le fruit est peut-être mûr pour du changement.

Ceci étant dit, l'opposition officielle à Charlottetown va devoir combattre sur deux fronts en même temps, puisque pour la première fois dans l'histoire de l'Île-du-Prince-Édouard, c'est le Parti vert qui a la cote dans les intentions de vote.

La formation de Peter Bevan-Baker, qui ne comptait aucun député avant 2015, arriverait même en tête des libéraux, selon certains sondages.

S'il fallait que le Parti progressiste-conservateur se retrouve en troisième place [après les prochaines élections], ce serait un changement majeur dans le paysage politique de l'Île-du-Prince-Édouard, prévient Peter McKenna. Les conservateurs doivent revenir dans le match. C'est la clé.

Île-du-Prince-Édouard

Politique provinciale