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Madrid et les Catalans s'accusent d'avoir rompu le dialogue

Un homme brandit un drapeau catalan devant le siège du gouvernement.

Un homme brandit le drapeau catalan, l'Estalada, devant le Palais de la Generalitat, siège du gouvernement catalan.

Photo : La Presse canadienne / AP/Manu Fernandez

Agence France-Presse

Le gouvernement socialiste espagnol et les indépendantistes catalans se sont mutuellement accusés vendredi d'avoir rompu le dialogue à quelques jours de l'ouverture du procès historique des leaders séparatistes et alors que la droite va descendre massivement dans la rue dimanche.

Afin de faciliter le dialogue au sein d'une future table ronde entre partis catalans sur la crise qui secoue la région, le gouvernement avait accepté la présence en son sein d'un « rapporteur » indépendant.

La figure novatrice d'un « rapporteur » était présentée comme un geste de bonne volonté envers les indépendantistes qui ne cessent de réclamer en vain une médiation internationale dans les discussions entre le gouvernement central et l'exécutif régional qu'ils contrôlent.

Cette proposition qui « était une tentative de poser le dialogue de manière ordonnée, rigoureuse et avec conviction [...] n'a pas été acceptée », a affirmé la numéro deux du gouvernement, Carmen Calvo, devant la presse.

Pour le moment, la situation est au point mort. Quand deux parties soutiennent des positions aussi inconciliables, il faut tout simplement arrêter. Il n'y a pas d'autre solution.

Carmen Calvo

Intervenant à leur tour devant la presse à Barcelone, les représentants des indépendantistes ont rejeté la faute sur Madrid.

« Le gouvernement a décidé d'abandonner la table » des négociations, « ils ont quitté la table, ont donné le dialogue pour rompu », a dénoncé le vice-président catalan Pere Aragones, en assurant que les indépendantistes resteraient assis « à la table des négociations ».

Avant d'accuser le gouvernement de Pedro Sanchez d'avoir cédé aux « pressions du nationalisme de droite et d'extrême droite » qui l'a taxé de « haute trahison pour le simple fait de discuter » avec les séparatistes.

Même si les indépendantistes catalans la jugent insuffisante, selon le gouvernement, l'idée d'un « rapporteur » a provoqué un tollé en Espagne, y compris au sein du parti socialiste.

Le rapporteur, une « concession inacceptable »

La droite et l'extrême droite la considèrent comme une concession inacceptable aux séparatistes. Ils ont convoqué une manifestation contre Pedro Sanchez dimanche à Madrid, qui s'annonce comme une démonstration de force.

« Nous n'allons pas permettre à Pedro Sanchez de continuer à trahir notre pays. On ne joue pas avec l'Espagne », a indiqué sur son compte Twitter le Parti populaire (PP), dont les sympathisants manifesteront dimanche dans le centre de Madrid aux côtés de ceux du Parti libéral Ciudadanos et de l'extrême droite de Vox.

La brouille entre Madrid et les séparatistes catalans intervient alors que s'ouvre mardi le procès historique de douze dirigeants catalans pour leur rôle dans la tentative de sécession d'octobre 2017.

Elle intervient par ailleurs en pleines discussions sur le budget que Pedro Sanchez, dont le gouvernement est ultra-minoritaire au Parlement, ne pourra pas faire adopter sans les voix des députés indépendantistes qui refusent jusqu'ici de le voter.

Risque d'élections anticipées

En cas de rejet du budget, M. Sanchez pourrait se voir contraint de convoquer des élections anticipées avant la fin de la législature en 2020.

Le socialiste est arrivé au pouvoir début juin, notamment grâce aux voix des indépendantistes, avec la volonté de reprendre un dialogue avec les séparatistes rompu par son prédécesseur conservateur Mariano Rajoy.

Mais les discussions ont vite tourné au dialogue de sourds, M. Sanchez envisageant un référendum sur plus d'autonomie de la Catalogne tandis que les indépendantistes restent arcboutés sur leur revendication d'un référendum d'autodétermination.

« Les partis indépendantistes demandent l'acceptation d'un référendum d'autodétermination qui ne sera jamais acceptable. Jamais pour un gouvernement comme le nôtre », a répété une nouvelle fois Carmen Calvo vendredi.

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