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Une place mitigée au sein de la communauté LGBTQ+

Alex Martin et Marc Richard préparant une perruque déposée sur une table.

Alex Martin et Marc Richard voient d'un bon oeil la popularité grandissante des drag queens.

Photo : Radio-Canada / Émilie Richard

Fanny Lachance-Paquette

Alors que la popularité des drag queens ne cesse de s'accroître au sein de la population, la réception au sein de la communauté LGBTQ+ est mitigée.

Gabriel Germain, drag queen et fondateur de la troupe House of Gates, rappelle qu’historiquement les drag queens étaient des défenseures des droits de la communauté LGBTQ+. Les drags, c’est une manifestation pacifique pour contrer la conformité , lance celui qui s’est intéressé à l’origine du mouvement.

Gabriel Germain agrafe son bustier.

Puisqu'il fait un numéro d'effeuilleuse, Gabriel Germain porte une attention particulière à ses sous-vêtements.

Photo : Radio-Canada / Émilie Richard

Souvent présentes dans les rassemblements, tels les défilés de la fierté gaie, les drag queens sont des symboles forts de la communauté LGBTQ+, comme le souligne le chroniqueur LGBTQ+ à Radio-Canada Pierre McCann. Il y a quelque chose de rassembleur des shows de drag queens. dit-il.

Une drag queen défile sur un drapeau arc-en-ciel.

Un peu plus de 26 000 personnes ont pris part au défilé de la fierté à Londres, le 8 juillet 2017.

Photo : Reuters / Neil Hall

Pierre McCann croit aussi que d’assister à ces démonstrations de facettes plus exubérantes de la communauté peut avoir un effet libérateur, notamment pour des personnes qui auraient vécu dans le placard pendant plusieurs années.

Certaines réserves

Bien qu’il insiste sur le fait que l’existence des drag queens est très positif pour la communauté, Pierre McCann conçoit que certains membres de celle-ci peuvent avoir certains bémols face à cette représentation.

Les drag queens sont très flamboyantes, je pense qu’il y a des gens qui ont une certaine crainte d’être réduit à la drag queen.

Pierre McCann, chroniqueur LGBTQ+

Pierre McCann rapporte aussi que ces personnages vont parfois trop loin dans leur humour, allant même jusqu’à ridiculiser les personnes trans et à avoir des propos discriminatoires.

Pierre McCann sourie devant un fond rouge

Pierre McCann

Photo : Radio-Canada

La directrice du conseil LGBT du Québec, Marie-Pier Boisvert, partage ce point de vue. Le problème, c’est la perception du public. Si on voit les drag queens comme des personnages ridicules, on va facilement faire la transposition qu’une personne qui s'habille en genre opposé est ridiculedit-elle. Marie-Pier Boisvert souligne aussi que RuPaul a déjà eu des propos désobligeants sur la communauté trans, ce qui avait soulevé de fortes réactions.

Gabriel Germain le constate aussi lors de ses spectacles : certaines personnes ne comprennent toujours pas ce qu’est une drag queen et ont même tendance à les confondre avec des personnes trans. Ce à quoi Marie-Pier Boisvert répond que l’éducation du public revient en partie aux drag queens.

Un impact hors communauté

Les drags queens interrogées, elles-mêmes membres de la communauté LGBTQ+ bien qu’il ne s’agisse pas là d’un pré-requis pour devenir une drag, voient positivement l’impact de ces femmes hautes en couleur pour l’avancement de la cause LGBTQ+.

Marc Richard applique de la colle sur ses sourcils.

Marc Richard colle ses sourcils afin qu'ils se fondent sous le maquillage. Il en dessinera de nouveaux plus haut sur son front pour créer son personnage de Samantha Barnack.

Photo : Radio-Canada / Émilie Richard

Plus on va être vues, plus on va être entendues, plus on va devenir “normales”.

Marc Richard, drag queen
Alex Martin pendant sa transformation en Taylor De Vil.

Si l'opportunité se présente, Alex Martin aimerait bien faire de sa passion pour la drag une profession.

Photo : Radio-Canada / Émilie Richard

Alex Martin et Marc Richard, respectivement connues sous le nom de Taylor De Vil et Samantha Barnack, se réjouissent de la popularité du phénomène drag queens à l’extérieur de la communauté LGBTQ+. Selon eux, la grande popularité de la série RuPaul’s Drag Race mène à une plus grande acceptabilité de la diversité.

Les drags sortent des bars

Le chroniqueur Pierre McCann croit aussi que les drag queens peuvent avoir un impact à l’extérieur des bars pour ouvrir le dialogue. Il cite notamment l’exemple de drags queens qui lisent des histoires aux enfants dans certaines bibliothèques.

Une drag queen habillée en mariée danse devant des familles.

La drag queen Pharaoh Moans danse devant les familles rassemblées à la bibliothèque West End lors du « Read by Queens ».

Photo : Radio-Canada

Je me souviens d'une jeune fille qui avait dit à une drag queen "ok t'es un peu comme un superhéros finalement, tu portes un costume et tu vas rencontrer les gens pour faire le bien" [...] C'est sûr que de parler d'enjeux LGBT à travers ce type de conférence, ça fait avancer la cause conclut tout sourire Pierre McCann.

Estrie

Communauté LGBTQ+