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  • Archives
  • Il y a 50 ans éclatait une émeute raciale à l'Université Sir-George-Williams

    Des manifestants sont plaqués face à un mur durant l'émeute à l'Université Sir-George-Williams le 11 février 1969.
    Il y a 50 ans se déroulait une importante émeute raciale à l'Université Sir-George-Williams de Montréal. Photo: Radio-Canada
    Radio-Canada

    C'est le 50e anniversaire de l'émeute à l'Université Sir-George-Williams de Montréal. Nous retrouvons dans nos archives des témoignages sur cet événement qui constitue un chapitre important de l'histoire de la communauté noire dans la métropole canadienne.

    Le pavillon Henry Hall de l’Université Concordia : c’est ici, il y a 45 ans, qu’une intervention policière entraîna une des plus violentes manifestations étudiantes au Canada.

    Jean-Sébastien Cloutier

    Des papiers qui jonchent la rue Mackay

    Le 11 février 1969, l'édifice Henry F. Hall de l’Université Sir-George-Williams (aujourd’hui Concordia) et la rue Mackay sont sens dessus dessous.

    Quelques centaines d’étudiants occupent l’immeuble et jettent par les fenêtres les papiers administratifs et les meubles du laboratoire d'informatique situé au 9e étage du bâtiment.

    Le Téléjournal Grand Montréal, 14 février 2014

    Le journaliste Jean-Sébastien Cloutier raconte dans un reportage présenté au Téléjournal Grand Montréal le 14 février 2014 ce qui s’est passé durant ces quelques jours de l’hiver 1969 pour provoquer une telle émeute sur le campus montréalais.

    Dès le 29 janvier 1969, des étudiants protestent contre la discrimination que subissent des camarades noirs par certains membres du corps professoral.

    C’est notamment un professeur de biologie, Perry Anderson, qui est visé. On l’accuse d’avoir fait échouer à son cours six étudiants noirs par simple racisme.

    Le refus de l’administration de l’université de reconnaître le problème de discrimination alimente la rage des manifestants.

    Le 11 février 1969, les autorités de l’université demandent une intervention de l’escouade antiémeute. C’est là que ça dégénère.

    Les manifestants saccagent le laboratoire d'informatique. Les policiers poursuivent les manifestants à l'intérieur même de l'édifice Henry F. Hall.

    Les forces de l'ordre arrêtent des dizaines d'étudiants et certains participants impliqués dans l'émeute. Quelques-uns seront condamnés à des peines de prison.

    Montréal, c'est l'Alabama

    Il faut rappeler le contexte de l’époque. Les allégations de racisme s’inscrivent dans le large mouvement de contestation sociale et politique aux États-Unis et au Canada.

    Les Noirs américains revendiquent leurs droits civiques. Au Québec, l’idée de l’indépendance devient de plus en plus populaire.

    Pour certains, comme le montre une affiche filmée dans un document d’archives qu’utilise le journaliste Jean-Sébastien Cloutier, « Montréal, c’est l’Alabama ».

    24 heures, 11 février 1969

    Nous avons aussi dans nos archives le bulletin de nouvelles régionales de Montréal 24 heures présenté le 11 février 1969 par Gérard Decelles.

    L’animateur décrit avec minutie la chronologie des événements qui ont abouti à l’émeute.

    Gérard Decelles termine son reportage avec une conclusion qui a pu faire sourciller certains auditeurs de Radio-Canada à l’époque.

    L’émeute à l’Université Sir-George-Williams a eu des conséquences.

    Une de celles-ci a été la création d’un bureau d’ombudsman au sein de l’université.

    Quant aux chefs de l’émeute, certains sont devenus d’éminents personnages.

    C’est le cas de Roosevelt Bernard « Rosie » Douglas.

    Il a occupé la charge de ministre des Affaires étrangères puis de premier ministre de son pays natal, l’île de la Dominique dans les Antilles.

    Au Canada, Anne Cools a été nommée au Sénat du Canada par le premier ministre Pierre Elliot Trudeau en 1984.

    C’est la première femme noire à occuper un siège à la Chambre haute du Canada.

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