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SNC-Lavalin : Jagmeet Singh réclame une enquête sur les allégations visant Justin Trudeau

Jagmeet Singh, chef du NPD

Le chef du Nouveau Parti démocratique du Canada, Jagmeet Singh

Photo : Radio-Canada

La Presse canadienne

Le leader du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, réclame une enquête en matière d'éthique au sujet des allégations selon lesquelles le bureau du premier ministre, Justin Trudeau, aurait ordonné à l'ex-ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, d'intervenir afin d'éviter à SNC-Lavalin un procès pour fraude et corruption.

Si, comme Justin Trudeau le maintient, ces allégations sont fausses, M. Singh estime que le premier ministre ne devrait rien avoir à craindre d'une telle enquête indépendante de la part du commissaire fédéral à l'éthique.

« Nous avons besoin d'une enquête sérieuse, a dit M. Singh lors d'un entretien téléphonique depuis Burnaby, en Colombie-Britannique, où il tentera d'être élu lors de l'élection complémentaire du 25 février. Et compte tenu de la réponse du premier ministre, s'il veut vraiment faire la lumière sur tout cela et s'il croit qu'il n'y a pas eu de malversations, alors il devrait applaudir à l'idée une enquête du commissaire à l'éthique. »

Justin Trudeau nie tout

Justin Trudeau nie fermement que son bureau ait fait pression sur Mme Wilson-Raybould.

« Les allégations dans le reportage (...) sont fausses. Ni moi ni mon bureau n'avons demandé au procureur général actuel ou précédent de prendre quelque décision que ce soit dans cette question », a-t-il indiqué en marge d'une annonce en Ontario, jeudi.

Le quotidien The Globe and Mail a indiqué jeudi que l'entourage du premier ministre aurait tenté d'exercer des pressions sur Mme Wilson-Raybould afin qu'elle tente de convaincre le Service des poursuites pénales du Canada (SPPC) de conclure un accord de poursuite suspendue avec l'entreprise.

Toutefois, la ministre Wilson-Raybould aurait refusé d'accéder à cette demande, ce qui aurait déplu au bureau de Justin Trudeau. Selon l'opposition, il est clair que le premier ministre l'a punie pour cet affront en lui retirant le ministère de la Justice.

En janvier dernier, celle qui aura été la première Autochtone à se retrouver à la barre du ministère prestigieux et important qu'est le ministère de la Justice du Canada a perdu du galon dans le cabinet en étant mutée au ministère des Anciens Combattants. Sa rétrogradation avait causé une certaine surprise.

Jody Wilson-Raybould punie?

À la lumière des informations publiées dans le Globe and Mail, le premier ministre « semble avoir mis à la porte sa ministre de la Justice pour avoir refusé de se soumettre à ses demandes », a avancé le chef conservateur, Andrew Scheer, en point de presse jeudi.

Vendredi, il a aussi demandé une enquête et a convoqué neufs haut placés devant le comité de la justice du Canada, dont l’ancienne ministre de la Justice. Il appuie également l’enquête proposée par le NPD.

L'ancienne ministre de la Justice reste muette

La ministre Wilson-Raybould, n'a pas souhaité réagir à ces informations. Elle n'a « pas de commentaires à faire à ce sujet », a écrit, jeudi matin, son attaché de presse, Alex Wellstead.

Le jour du remaniement ministériel, à Rideau Hall, la Britanno-Colombienne et ancienne procureure de la Couronne avait affirmé qu'elle ne considérait pas son nouveau poste moins prestigieux que le précédent.

En revanche, sur son site Internet de députée, elle avait publié ce même jour une déclaration pour défendre son bilan et faire un inventaire de ses réalisations et des dossiers qu'elle avait pilotés, une démarche hautement inhabituelle.

SNC-Lavalin accusée de fraude et de corruption

La firme SNC-Lavalin est accusée de fraude et de corruption par la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Selon la police fédérale, elle aurait notamment versé 47,7 millions de dollars entre 2001 et 2011 à des titulaires de charges publiques en Libye dans le but de les influencer.

Les accusations ont été déposées en 2015, et la société québécoise s'est ensuite mise à faire du lobbying auprès d'Ottawa afin que le gouvernement fédéral se dote d'un régime d'accords de poursuite suspendue, ce qui a été fait.

Les accords de poursuite suspendue permettent de suspendre des poursuites pénales contre des entreprises. En échange, celles-ci admettent les faits, puis acceptent de « payer une pénalité financière importante et coopérer avec les autorités », selon un site gouvernemental.

Le SPPC a toutefois décrété, en octobre 2018, que SNC-Lavalin ne pouvait s'en prévaloir, et si la société était déclarée coupable de fraude et de corruption, elle pourrait être écartée des appels d'offres fédéraux pour une période pouvant aller jusqu'à 10 ans.

L'entreprise n'a pas souhaité commenter l'article paru jeudi dans le Globe and Mail, a indiqué la directrice des communications externes, Daniela Pizzuto.

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