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Une journée dans la vie d’une journaliste privée de téléphone intelligent

La journaliste Charlotte Mondoux-Fournier parle de son expérience devant la caméra.
À l'occasion des journées mondiales sans cellulaire, la journaliste Charlotte Mondoux-Fournier a passé une journée sans ses téléphones intelligents. Photo: Radio-Canada
Charlotte Mondoux-Fournier

Connaissez-vous la sensation désagréable d'avoir oublié votre téléphone cellulaire en quittant la maison et d'en être privé durant des heures? Pour les journées mondiales sans cellulaire, qui se déroulent du 6 au 9 février, mes collègues m'ont mise au défi de me départir de mes précieux appareils le temps d'une journée de travail. Récit d'une journaliste déconnectée... ou presque.

9 h - J’arrive au bureau le matin remplie d’appréhension, sachant que je vais bientôt devoir me séparer de mes deux téléphones : celui que j’utilise dans ma vie personnelle et celui qu’on me prête pour le travail. Mes collègues me taquinent gentiment. Je crois que je ne ferai aucun jaloux. Plusieurs affirment qu’ils ne pourraient jamais se passer de portable dans le cadre de leurs fonctions.

Le téléphone intelligent est un incontournable dans la boîte à outils d’un journaliste : il s’en sert au quotidien pour tweeter, prendre des photos, envoyer des courriels, enregistrer et monter des entrevues, ou encore parler en direct à la radio. Sans surprise, je constate que je passe au moins une heure par jour les yeux rivés sur mon téléphone de bureau.

La journaliste Charlotte Mondoux-Fournier consulte ses téléphones intelligents.Le téléphone intelligent est un incontournable dans la boîte à outils d’un journaliste. Photo : Radio-Canada

10 h - Je range mon cellulaire dans le tiroir de mon bureau que je verrouille. Un peu à contrecœur, je rends la clé à Mateo, le caméraman qui m’accompagne pendant la journée.

11 h - Je dois rédiger des tweets au sujet de la journée sans cellulaire. Si je les envoie d’habitude de mon portable, je dois cette fois me rabattre sur mon ordinateur de bureau. Je dois également rédiger quelques notes manuscrites pour le vox pop que Mateo et moi devons réaliser.

12 h - Nous sortons dans la rue pour interroger des gens sur leur relation à leur téléphone. La plupart des personnes à qui nous parlons affirment qu’elles ne pourraient jamais se passer de leur appareil, surtout lors d’une journée de travail. Certaines affirment même que si elles oublient leur cellulaire à la maison le matin, elles font demi-tour dès qu’elles s’en aperçoivent.

Nomophobe (adjectif et nom) : Se dit de quelqu’un qui ne peut se passer de son téléphone portable et éprouve une peur excessive à l’idée d’en être séparé ou de ne pouvoir s’en servir.
- Définition du Larousse

Je jette un coup d’oeil à la montre que j’ai empruntée à une collègue. Je n’ai jamais senti le besoin de faire réparer celle que je possède, car mon cellulaire m’a jusqu’ici toujours servi d’horloge.

Je sens tranquillement monter l’angoisse.

Est-ce que j’ai manqué un courriel important?

Est-ce que certains essaient de me contacter sans y parvenir?

Pourquoi mes poches sont-elles vides?

Je tâte souvent l’intérieur de mon manteau à la recherche de mes téléphones. Chaque fois, je semble avoir oublié que ceux-ci sont restés au bureau.

13 h - De retour à la station, c’est déjà l’heure du lunch. Je m’assois seule à une table. Impossible de me rabattre sur mon téléphone portable pour contourner l’ennui. Je me dis que j’aurais mieux fait d’apporter un livre.

14 h - Je prépare mon intervention au Téléjournal Ontario. Pour la première fois, je suis soulagée de ne pas avoir mes téléphones pour me distraire. C’est bien le premier bon côté que je vois à cette journée sans cellulaire. Je commence même à sentir un léger sentiment d’euphorie à l’idée de ne pas pouvoir être joignable en tout temps.

La journaliste Charlotte Mondoux-Fournier et le chef d'antenne Frederic Pepin échangent lors d'un segment au Téléjournal Ontario.Au moins 8 Canadiens sur 10 possèdent un téléphone cellulaire. Photo : Radio-Canada

16 h - J'enregistre mon intervention au Téléjournal. Après, c’est le temps de faire le bilan de ma journée. Je suis agréablement surprise de constater qu’après tout, ça n’a pas été trop difficile. Je n’ai pas l’impression d’avoir vécu le fait de ne pas avoir de téléphone comme un réel handicap.

Toutefois, une journée c’est bien assez pour moi. Passer trois journées complètes sans cellulaire, ça aurait été un vrai défi… que je ne crois pas que j’aurais pu relever!

17 h - Je récupère mes téléphones avec enthousiasme. Assez rapidement, je constate que je n’ai pas manqué grand-chose. Je n’ai qu’un seul appel manqué… de ma mère!

Sommes-nous tous un peu accros à nos téléphones intelligents? Oui, probablement. À nous de trouver comment gérer cette dépendance pour qu’elle ne nous rende pas malades.

Toronto

Technologies et médias