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Un bassin de rétention pour réduire l’impact de la crue des eaux à Deux-Montagnes

Deux personnes se promènent en canot sur la 13e avenue inondée, à Deux-Montagnes, dans les Laurentides.
Deux personnes se promènent en canot sur la 13e avenue inondée, à Deux-Montagnes, dans les Laurentides, en 2017. Photo: Radio-Canada / Jean-Sébastien Cloutier
Radio-Canada

La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) prépare un projet-pilote pour réduire le risque d'inondations à Deux-Montagnes, gravement éprouvée par la crue des eaux il y a deux ans. Un bassin de rétention temporaire est envisagé dans l'un des grands parcs de la municipalité.

Le chef de projet au Bureau de projets en gestion des risques d’inondations à la CMM, Cédric Marceau, a présenté l’initiative à un comité d'experts réuni cette semaine à Montréal pour préparer une nouvelle réglementation sur les zones inondables, qui sera soumise au gouvernement du Québec cet automne.

Le projet s’inspire d’une technique appelée Water Square, observée notamment en France et aux Pays-Bas.

« Au Québec, on n’est pas en train d’innover, explique Cédric Marceau. On est juste en train de s’arrimer à ce qui se fait de mieux dans le monde présentement. »

L’initiative vise à créer un endroit où diriger l’eau en période de crue.

On va drainer l'eau vers les parcs, ça pourrait être un parc de baseball ou un parc de soccer, et là, on circonscrit l'eau le temps de la crue. Après la crue, on libère l'eau vers les rivières, donc on amoindrit l'impact de la zone inondable dans les secteurs résidentiels.

Cédric Marceau, Communauté métropolitaine de Montréal

Au lieu d’endiguer l'eau, il soutient qu'il est important de laisser l'eau en libre circulation pour qu’elle fasse « le moins de dommages possibles et qu’elle retourne ensuite à la rivière à la fin de la crue ».

Les experts effectuent présentement plusieurs études, notamment hydrauliques, pour voir « comment l’eau va se comporter », explique Cédric Marceau.

« On fait des scénarios, des simulations avec des données très précises pour voir où l’eau circule. Ensuite, on tombera dans les analyses d’ingénierie pour ramener l’eau au même endroit. Au water square. »

L'ingénieur civil de la CMM spécialisé en hydraulique, Pierre Dupuis, ajoute que les experts envisagent maintenant la création de bassins de rétention « parce que les réseaux conçus il y a 30 ou 40 ans sont rendus à leur limite ».

Il y a 40 ou 50 ans, on cherchait à ce que l’eau qui tombait arrive le plus rapidement possible au cours d’eau. Maintenant on cherche le contraire.

Pierre Dupuis, ingénieur à la CMM

« On cherche à établir des bassins de rétention qui font en sorte que lorsqu’une pluie importante va survenir, l’eau va se diriger vers le bassin, soulager le réseau et par la suite l’eau va emprunter le réseau lorsqu’il n’y a plus de danger. Donc, on étale dans le temps la quantité d’eau que l’on reçoit. »

Construire à nouveau

Si le projet-pilote s'avère concluant, la construction domiciliaire pourrait être de nouveau envisagée dans le secteur à proximité du lac des Deux Montagnes.

« On ferait du redéveloppement intelligent dans le secteur qui a été inondé qui se situe exactement à côté de la future gare du REM », avance le directeur général de Deux-Montagnes, Benoît Ferland.

En 2017, une trentaine de maisons unifamiliales avaient été démolies à la suite des inondations qui avaient touché la municipalité.

Cédric Marceau croit également que la technique des bassins de rétention temporaires pourrait être implantée ailleurs afin de réduire le risque d’inondation des propriétés sises le long des rives, notamment dans les milieux « qui sont durement touchés, comme la rivière des Mille Îles ou la rivière des Prairies ».

Les inondations de 2017 avaient forcé l’évacuation de plus de 4000 personnes dans plus de 260 villes au Québec.

Avec les informations de Benoit Chapdelaine

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