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L'ex-président Wade rentre au Sénégal et martèle son appel au boycottage du scrutin

L'ex-président sénégalais Abdoulaye Wade est de retour au pays pour dénoncer le processus électoral du 24 février.

Photo : AFP/Getty Images / SEYLLOU

Agence France-Presse

L'ex-président Abdoulaye Wade est rentré jeudi au Sénégal, où il a réitéré son appel à empêcher l'élection du 24 février, « verrouillée » selon lui pour assurer la reconduction de son successeur Macky Sall, malgré le peu d'écho qu'il a rencontré jusqu'à présent.

Le cortège de l'ancien président (2000-2012), qui réside en France, arrivé en jet privé après deux ans d'absence, a mis près de cinq heures pour rejoindre la permanence de son parti dans la soirée, après un trajet jalonné d'étapes en banlieue. Il a été acclamé chaque fois par la foule de ses partisans selon des journalistes de l'AFP.

Au cours d'une harangue de plus d'une heure en langue nationale wolof au siège de sa formation, le Parti démocratique sénégalais (PDS), M. Wade, vêtu d'un boubou bleu et d'un châle blanc et coiffé d'un chèche rouge, a exhorté les quatre candidats en lice face au sortant à boycotter le scrutin.

Je voudrais que les quatre candidats face à Macky Sall sachent qu'il s'est déjà proclamé vainqueur. Macky Sall a déjà son pourcentage, 55 % ou 65 %. Le sachant, ne vous ridiculisez pas en participant à cette élection.

Abdoulaye Wade, ex-président du Sénégal

Dans une vidéo diffusée mardi, il a appelé la population à s'« opposer à la tenue d'une élection entièrement fabriquée », dénonçant l'invalidation des candidatures des deux principaux rivaux potentiels de Macky Sall, son fils Karim et le maire déchu de Dakar Khalifa Sall, tous deux frappés par des condamnations judiciaires.

Jeudi soir, il a annoncé un programme de réunions et de marches dans tout le pays, avant, pendant et après le jour du scrutin. Il a appelé les gens à « brûler leur carte d'électeur et les bulletins de vote » et les forces de l'ordre « à ne pas réprimer les manifestants et à ne pas leur jeter de grenades lacrymogènes ».

De la peinture noire masque le visage de Macky Sall sur une pancarte électorale en bord de route.

Une affiche électorale du président sortant Macky Sall vandalisée, le 3 février 2019

Photo : Reuters / Zohra Bensemra

Un appel au boycottage qui trouve peu d'écho

Le pouvoir comme l'opposition ou la société civile sont pourtant restés jusqu'à présent sourds à la stratégie prônée par le dirigeant du PDS. « Wade seul contre tous » ou « Me Wade recalé » titraient jeudi les quotidiens.

Même parmi les militants venus l'attendre à l'aéroport avec des t-shirts à l'effigie de son fils sur lesquels on pouvait lire : « Karim Wade président 2019 », certains pensaient que « le vieux », selon son surnom affectueux, allait changer de discours.

« L'essentiel pour nous est que Macky Sall dégage », a déclaré à l'AFP Boubacar Faye, la quarantaine, se présentant comme un militant du PDS depuis 1998.

« Les responsables qui sont venus l'accueillir vont le faire changer d'avis », estimait-il.

Un des alliés de l'ancien chef de l'État, le député Mamadou Diop Decroix, a d'ailleurs préféré annoncer mercredi son ralliement au candidat Idrissa Seck, ex-premier ministre d'Abdoulaye Wade, qui a recueilli ces derniers jours plusieurs soutiens de poids.

Macky Sall, en campagne comme les quatre autres candidats, « ignore royalement Abdoulaye Wade », a assuré son service de presse mercredi.

La société civile, qui s'était mobilisée en 2012 contre un troisième mandat d'Abdoulaye Wade, a également émis une fin de non-recevoir à cet appel, à l'image du mouvement citoyen Y'en a marre.

« Dans tous les pays, s'il y a un boycott, c'est le parti au pouvoir qui en bénéficie », a dit mercredi son coordonnateur Fadel Barro, appelant les Sénégalais à se rendre « massivement » aux urnes.

Plusieurs autres responsables de la société civile, dont ceux de la section sénégalaise d'Amnistie internationale et du Forum du justiciable, une ONG de défense des droits de la personne, ont rejeté cet appel au boycottage.

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