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Entraînement rigoureux pour Mikaël Kingsbury

Mikaël Kingsbury
Mikaël Kingsbury Photo: Radio-Canada / Étienne Bruyère
Michel Chabot

Les abondantes chutes de neige des derniers jours dans les montagnes de l'Utah ont compliqué la tâche des bosseurs, jeudi, à la veille des premières épreuves des mondiaux à Deer Valley.

Mikaël Kingsbury et les autres skieurs ont eu du mal à s’acclimater à cette redoutable piste, d'autant plus que la visibilité était faible.

« Ce n’est pas évident, explique Kingsbury. Ici, on course le soir et on s’entraîne le jour. Ce n’est pas la piste qui a le meilleur ensoleillement. Et il est tombé beaucoup de neige, donc il n’y a pas de fond dur. Et moi, c’est ma force. »

On a vu plusieurs chutes au cours de la journée et plusieurs bosseurs, dont Kingsbury, se sont souvent arrêtés en bordure de piste pour en étudier les difficultés. On a aussi vu le champion olympique lancer son casque au terme d’une descente avant d’aller évacuer sa rage auprès de son entraîneur Michel Hamelin.

« Si je ne me fâche pas, ça ne donne rien, assure-t-il. Il faut que je me fâche pour rester dans la game. Ça explique en partie ma constance en compétition. C’est parce que j’ai une tête dure à l’entraînement. C’est bien que je connaisse une journée plus difficile. Le soir, je pense à mes choses et je reviens plus fort le lendemain. »

Aucune inquiétude donc, s’il faut se fier au ton rassurant du gagnant des quatre dernières descentes sur cette pente qu’il dit être sa préférée du circuit.

« La piste est difficile et il n’y a rien qui m’a impressionné de la part de mes adversaires. Je sais que je suis dans le coup et je sais que je possède tous les éléments. Je dois juste les mettre en place demain. »

Du ski sous les étoiles

On annonce du beau temps pour vendredi et la piste devrait s’améliorer d’ici les qualifications en début de soirée. L’entraînement d’une trentaine de minutes qui les précédera permettra aux skieurs de se familiariser avec les bosses sous un éclairage artificiel.

« Ça va quand même être assez dur parce que la luminosité n’est pas très belle, précise celui qui compte deux titres de champion du monde. Quand tu skies deux ou trois bosses à la seconde et que tu n’as pas le temps de bien les voir, surtout avec les conditions de neige, c’est vraiment difficile de garder ton équilibre. Mais je ne suis pas inquiet du tout, j’ai hâte à demain. »

Mikaël Kingsbury compte neuf victoires à Deer Valley. Mais en 2011, lors des Championnats du monde tenus dans cette station, il avait dû se contenter de la 3e place en simple et de la 2e en duels.

L’athlète de Deux-Montagnes aimerait cette fois gagner les deux titres, ce qu’il n’a jamais réussi dans les mêmes mondiaux. Il n’en fait cependant pas un but absolu.

« Ce n’est pas ma principale motivation. Je veux me concentrer sur le simple et une fois que ce sera fait, me tourner vers les duels. Gagner les deux ce serait vraiment spécial, mais ce n’est pas un objectif précis. »

Le grand retour

En janvier 2018, Philippe Marquis s'est blessé sérieusement à un genou, ici même, dans la vallée du chevreuil.

Après une longue convalescence, le voici de nouveau pour lui faire ses adieux, un privilège qu’il n’aurait pas cru possible il y a 13 mois.

« C’est tout près d’ici que j’étais en boule, à pleurer en regardant derrière moi et en ne sachant pas trop si j’allais un jour refaire du ski de bosses. Je me suis battu fort toute l’année et je suis vraiment content d’être ici, d’avoir ma place et de sentir que le petit vieux en a encore un peu dedans.

« Je veux juste essayer d’en profiter. Sur mon gant c’est écrit "enjoy" et sur l’autre "gâte-toi". Donc pour moi, en fin de semaine, pas de pression, je vais la laisser à Mik et je vais juste essayer de profiter de ce dernier événement de ma carrière à Deer Valley. »

À bientôt 30 ans, le skieur de Québec disait récemment qu’il mettrait un terme à sa carrière après ce week-end. Mais voilà qu’après deux tops 10 en trois Coupes du monde depuis son retour, il s’interroge à savoir s’il disputera les dernières épreuves de la saison.

« Je suis encore à 50-50. C’est difficile d’y penser et d’avoir les idées claires quand les compétitions s’enchaînent chaque fin de semaine. J’essaie d'être sur le moment présent et laisser ces pensées de retraite à plus tard. »

N’empêche, la semaine prochaine, il devra mettre un terme à ces réflexions parce que des compétitions au Japon et au Kazakhstan s’en viennent.

« Chose certaine, le 1er avril, je serai un retraité et j’irai jouer au golf », assure-t-il.

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