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Un conseiller municipal d'Edmonton dans l'embarras en lien avec son budget de quartier

M. Dziadyk regarde devant lui d'un air sérieux pendant que des journalistes lui posent des questions.
Jon Dziadyk a reconnu avoir manqué de jugement en utilisant son budget de circonscription pour payer sa maîtrise en Administration des affaires. Photo: CBC
Radio-Canada

Le conseiller municipal Jon Dziadyk avait l'intention d'utiliser des fonds publics pour payer sa maîtrise en administration des affaires. Il a par la suite renoncé à ce projet, mais des questions sur l'aspect discrétionnaire des budgets de quartier demeurent.

Jon Dziadyk, conseiller du quartier 3 d'Edmonton, est revenu sur sa décision de prendre 44 000 $ dans son budget de quartier pour payer une partie de la maîtrise à laquelle il s’est inscrit en septembre dernier. C’est un peu moins du quart du budget total.

« Je n’ai pas eu le meilleur sens du jugement dans cette affaire », reconnaît-il.

La maîtrise en administration des affaires de l'Université de l'Alberta coûte 67 000 $.

Jon Dziadyk avait prévu d’en payer 35 % de sa poche. Il a cru justifié d’utiliser les fonds publics pour le reste, étant donné que ce diplôme l’aiderait à devenir un meilleur conseiller municipal, selon lui.

Après un article de CBC sur le sujet, il a cependant changé d’idée. Il compte continuer ses études, mais en les payant par lui-même.

« J’ai volontairement décidé de rembourser la Ville, même si on m’a dit qu’aucune politique n’avait été violée », a-t-il tweeté, mardi matin.

Il s’est adressé aux médias dans la même matinée pour clarifier son raisonnement.

Je regrette d’avoir réclamé ces fonds initialement. Je reconnais que c’était inapproprié.

Jon Dziadyk, conseiller du quartier 3 d'Edmonton

« J’essaie honnêtement de faire de mon mieux et tout ce que je fais, je le fais pour mes constituants. Ce diplôme, pour moi, c’est une façon de mieux performer [dans mes fonctions] », a-t-il déclaré.

C’est justement un résident de son quartier qui avait contacté CBC pour dénoncer cette utilisation du budget municipal.

« Il me semble que c’est plus pour son bénéfice que pour celui des gens ici », croit Thomas Deak, qui habite le quartier de Dunluce.

Aucun règlement enfreint

Jon Dziadyk a raison en disant qu’il n’avait violé aucune politique en agissant ainsi.

Chaque conseiller détient un budget de 188 718 $ qu’il peut utiliser comme il le veut pour servir son quartier. La majorité de cette somme sert à payer le personnel, mais le reste est souvent utilisé pour des choses comme les voyages, les factures de téléphones cellulaires ou les éléments promotionnels.

Il n’est pas interdit d’utiliser cette somme pour financer son développement professionnel – en autant que celui-ci soit utile pour la fonction de conseiller municipal.

Le salaire d’un conseiller municipal était de 113 325 $ en 2018.

Réactions au conseil de ville

La conseillère Sarah Hamilton, qui siège aussi au comité responsable de ces questions, ouvre la porte à apporter quelques précisions aux politiques de dépenses.

Elle souligne toutefois que l'aspect discrétionnaire des budgets de quartier permet une certaine flexibilité aux conseillers.

Elle dit s’en être servie, entre autres, pour faire des dons à des organismes de charité et pour fournir des formations (qui ont coûté moins de 250 $) au personnel de son bureau de circonscription.

« Ça nous permet effectivement de contribuer à la communauté d’une façon positive », croit-elle.

Sarah Hamilton répond aux questions des journalistes. Elle a les cheveux châtains aux épaules et porte un veston gris.La conseillère Sarah Hamilton, conseillère du quartier 5 à Edmonton, croit que les élus doivent être conscients qu'ils devront justifier leurs dépenses à la population. Photo : CBC

Les autres conseillers semblent s’accorder sur une chose : leurs dépenses, toutes légales qu’elles soient, doivent être justifiables aux yeux du public.

« On doit être capables de justifier nos dépenses à nos constituants. C’est pour ça que tous nos rapports de dépenses sont en ligne. Il n’y a pas de secrets ici », note Bev Esslinger, conseillère municipale.

Elle croit que c’est surtout le montant de 44 000 $ qui a dû choquer les constituants dans ce cas-ci. Elle suggère que le règlement du conseil de ville gagnerait à être un peu plus clair sur les dépenses acceptables pour le développement professionnel.

« Je crois que ce serait mieux d’avoir un chiffre comme ligne directrice [....] et on n’a pas eu cette discussion-là du tout. Certains croient que ce serait 2000 $, d’autres 5000 $ », dit-elle.

De son côté, le conseiller Scott McKeen rapporte qu’il a songé à suivre une formation en résolution de conflits au coût de 2000 $. Il y a finalement renoncé, jugeant que ni les frais pour les contribuables ni le temps qu’il devrait passer hors du bureau n’étaient justifiables.

Alberta

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