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Ottawa n’arrivera pas à fournir de l’eau potable à tous les Autochtones rapidement

De l'eau bout.
En 2019, il y a encore 62 communautés autochtones qui doivent faire bouillir leur eau au pays. Photo: iStock
La Presse canadienne

Les efforts « extrêmement complexes » du gouvernement fédéral visant à améliorer le système d'approvisionnement en eau potable dans les communautés autochtones ne sont pas freinés par un manque d'argent, mais ils ne pourront pas être menés à terme rapidement, a admis jeudi le ministre des Finances, Bill Morneau.

Répondant à une question d'un étudiant de l'Université de Guelph, M. Morneau a reconnu que la réalisation de cet engagement électoral représentait un défi de taille et prendra du temps.

« L'idée que des endroits dans ce pays n'aient pas accès à une eau potable saine est tout simplement inacceptable au Canada au 21e siècle », a déclaré M. Morneau lorsqu'on lui a demandé s'il envisageait d'investir davantage dans le programme.

Nous n'avons pas adopté une approche de financement limité. Nous dépensons chaque dollar que nous devons dépenser pour résoudre le problème.

Bill Morneau, ministre fédéral des Finances

« C'est un défi à long terme, ajoute-t-il. Le défi n'est pas seulement d’investir de l'argent pour faire fonctionner les systèmes [d'eau], mais c'est aussi leur entretien. »

Encore 62 communautés sans eau potable

Les libéraux avaient promis d'éliminer d'ici mars 2021 tous les avis concernant la qualité de l'eau potable à long terme dans les territoires autochtones. Ils ont engagé environ 2 milliards de dollars sur plusieurs années pour construire des infrastructures d'approvisionnement et des usines de traitement des eaux usées.

Selon le gouvernement fédéral, 78 avis concernant des eaux potentiellement contaminées ont été levés depuis l'entrée en fonction des libéraux en novembre 2015, mais 62 autres restent en vigueur.

M. Morneau a mentionné d'autres obstacles auxquels se heurte le gouvernement : la formation de techniciens, la géographie et des problèmes liés au climat, comme les inondations.

« C'est un défi extrêmement compliqué, car il ne s'agit pas uniquement d'investissements, mais également de la main-d’œuvre nécessaire à l'entretien, a-t-il insisté. Ainsi, nous ne finançons pas seulement cet investissement. Et nous avons très bien réussi à obtenir la suppression de beaucoup de ces avis d'ébullition d'eau, mais certains d'entre eux sont revenus à cause de ce défi. »

Dans un rapport publié en décembre 2017, le directeur parlementaire du budget estimait qu'il en coûterait au gouvernement libéral au moins 3,2 milliards de dollars pour concrétiser sa promesse d'éliminer les avis concernant la consommation d'eau dans les réserves.

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