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À 25 ans, le magazine L’Itinéraire reste fragile

Le reportage d’Anne-Louise Despatie
Dominic Brassard

Le magazine L'Itinéraire, outil de réinsertion sociale pour des personnes marginalisées ou qui ont vécu l'itinérance, célèbre ses 25 ans. Mais ce journal de rue bien ancré dans le paysage montréalais demeure fragile, visé notamment par la crise qui touche les médias.

À entendre son directeur général, Luc Desjardins, le magazine L'Itinéraire est passé tout près de la fermeture il y a deux ans. Revenus publicitaires en baisse, difficultés à trouver des subventions, augmentation des frais d'impression, le journal de rue aurait bien pu ne jamais célébrer son quart de siècle. Et il est toujours à la recherche de financement.

Mais les camelots et l'équipe du magazine ont travaillé d'arrache-pied pour permettre à la publication de se relever tranquillement, indique Luc Desjardins. N'empêche, la crise qui touche les médias représente une sérieuse menace pour la mission de l'organisme.

« Si je n'ai plus de papier, si je n'ai plus de magazine physique, ça veut dire que je n'ai plus de camelot qui en vend. Ça veut dire que je n'ai plus de camelot qui est dans un spot de vente où il rencontre, il côtoie, il a un contact humain... La réinsertion sociale, c'est le contact humain avant tout. Si je n'ai plus ça, je n'ai plus de mission », précise le directeur général.

Même si les subventions restent difficiles à obtenir, le responsable du magazine a bon espoir de trouver des solutions pour que l'organisme poursuive son travail auprès des plus vulnérables de la société.

Un des changements à venir est la possibilité pour les clients de payer par carte leur exemplaire aux camelots, une technologie devenue nécessaire. « Les gens disent : "Je n'ai plus d'argent, je marche juste avec des cartes", puis tout ça. Bien on va faciliter la tâche », indique Luc Desjardins.

L’impact des camelots

En 25 ans, L'Itinéraire a bien changé. Le magazine est aujourd'hui distribué et vendu par 150 camelots. Ceux-ci rédigent, sous la supervision de journalistes accompagnateurs, environ la moitié des articles du média, dont quelque 24 000 exemplaires sont vendus chaque mois.

« Je pense que c'est ça qui a fait le succès de L'Itinéraire : les camelots! », explique l'un de ses fondateurs, François Thivierge, qui avait fait de la création du magazine un projet de stage lorsqu'il étudiait en travail social à l'université.

Moi, je suis fier, parce que je pense à toutes les personnes qui sont passées par là, et je me dis que ça a été utile!

François Thivierge, cofondateur du magazine L’Itinéraire

À l'origine, le projet visait à donner une voix publique aux personnes en situation d'itinérance, à les doter d'un outil de communication pour atteindre les décideurs, explique François Thivierge. Selon lui, sans cet outil, ces personnes ne participent pas au débat public.

Le cofondateur dit avoir été étonné, lors des premières distributions du magazine, des liens que les camelots établissaient avec leurs clients. « Des fois, il y a des camelots qui n'étaient pas sur le coin de rue, puis là les clients appelaient L'Itinéraire et demandaient : "Je n'ai pas vu mon camelot depuis la semaine dernière. Est-ce qu'il lui est arrivé quelque chose? », raconte-t-il.

L’Itinéraire dit avoir aidé 2500 personnes depuis sa fondation.

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