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Changement aux commandes de Bombardier Transport

L'usine de Bombardier Transport à Berlin.

L'usine de Bombardier Transport à Berlin

Photo : AFP/Getty Images / John MacDougall

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Faisant face à des problèmes de qualité et à des retards, Bombardier confie les commandes de sa division de construction de matériel roulant à un nouveau dirigeant.

En poste depuis décembre 2015, Laurent Troger a informé « l'entreprise de son intention de démissionner afin de relever de nouveaux défis » et a été immédiatement remplacé par Danny Di Perna, âgé de 53 ans.

Né à Montréal, M. Di Perna était depuis l'an dernier à la tête des activités d'aérostructures et services d'ingénierie de Bombardier. C'est la première fois depuis 2003 que le patron de Bombardier Transport n'est pas français ou allemand.

« Ses succès en matière d'efficacité opérationnelle, d'amélioration de la qualité et de satisfaction de la clientèle en font le candidat idéal », a estimé jeudi le président et chef de la direction de la multinationale, Alain Bellemare, par communiqué.

Les investisseurs ont semblé rassurés par le changement. Jeudi après-midi, à la Bourse de Toronto, l'action de Bombardier prenait huit cents, ou 3,9 %, pour se négocier à 2,13 $.

Le départ de M. Troger survient alors que l'entreprise, dans le cadre de son plan de redressement, vise à ce que sa division ferroviaire génère un chiffre d'affaires de 10 milliards de dollars américains d'ici l'an prochain – par rapport à 8,5 milliards en 2017.

Mauvaise presse

Au cours des dernières semaines, Bombardier Transport a été critiquée par des sociétés de transport en Suisse, en France ainsi qu'à New York, qui ont refusé des livraisons en raison de problèmes. Elles ont toutefois repris du côté de New York.

De plus, en Ontario, l'agence de transport régional Metrolinx songe à lui imposer des pénalités financières à cause d'un échéancier de livraison qui n'a pas été respecté.

« Nous avons évoqué cinq projets qui sont sur le point d'être réglés sur quelque 500 projets en cours à travers le monde », a souligné un porte-parole, Eric Prud'homme.

Bombardier Transport est également sous la loupe des investisseurs depuis la divulgation, au troisième trimestre, d'un trou de 600 millions de dollars américains dans les liquidités, en raison de dépenses plus élevées que prévu dans cette division.

Afin d'accélérer les livraisons pour certains contrats jugés problématiques, l'entreprise a dû procéder à d'importantes embauches.

Un bon candidat

Surpris, Cameron Doerksen, de la Financière Banque Nationale, a néanmoins salué la nomination de M. Di Perna, soulignant au passage ses 30 années d'expérience au sein de sociétés comme United Technologies Corporation – où il a travaillé avec M. Bellemare.

« Même s'il y a eu un redressement chez Bombardier Transport, l'entreprise fait encore face à des défis liés à l'accélération de la production », a écrit l'analyste dans une note.

M. Doerksen a ajouté qu'il ne fallait pas nécessairement conclure que M. Troger partait en raison des récents problèmes. Il a souligné que ce dernier avait été en mesure de faire grimper sur trois ans la marge du bénéfice d'exploitation ajusté de 2,9 points de pourcentage – qui devrait être de 8,5 % en 2018 – chez Bombardier Transport.

M. Troger, dont la rémunération totale – qui tient compte notamment du salaire de base et d'autres avantages comme les primes – a été de 5,15 millions de dollars américains en 2017, a choisi de quitter l'entreprise, a dit M. Prud'homme.

Selon la plus récente circulaire de sollicitation envoyée aux actionnaires, l'ancien patron de Bombardier Transport aurait droit à une indemnité de départ de 2,7 millions de dollars américains en cas de congédiement sans motif valable. L'entreprise n'a pas confirmé si M. Troger quittera la société avec un montant supplémentaire.

La nomination de M. Di Perna a également provoqué un jeu de chaises musicales.

Ainsi, Paul Sislian, qui était jusqu'à récemment chef de l'exploitation de la division des avions d'affaires, dirigera les activités d'aérostructures et services d'ingénierie. M. Sislian sera remplacé par Nancy Barber, auparavant vice-présidente de la gestion du programme de l'avion d'affaires Global 7500.

Ces changements ont été annoncés alors que Bombardier fera le point la semaine prochaine sur sa performance financière au quatrième trimestre ainsi que pour l'exercice 2018.

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