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Dons de sang par des gais : 3 mois d’abstinence sexuelle suffiraient

Une personne fait un don de sang

Depuis 2016, les homosexuels qui veulent donner du sang doivent s'abstenir d'avoir des relations sexuelles pendant un an.

Photo : Radio-Canada

Marie-Eve Cousineau

La Société canadienne du sang et Héma-Québec demandent à Santé Canada de permettre aux hommes homosexuels de donner du sang après trois mois d'abstinence sexuelle plutôt qu'un an.

Les deux organismes, responsables de la collecte et de l’approvisionnement en produits sanguins au pays, ont déposé le 21 décembre une requête en ce sens à Santé Canada.

« Nous estimons que sur le plan de la sécurité, il n'y aura pas d'incidence notable, dit le porte-parole d’Héma-Québec, Laurent-Paul Ménard. Avec un délai de trois mois, on a amplement le temps d’identifier les pathogènes qui sont transmissibles par le sang. »

Le dépistage du VIH est plus rapide que par le passé. « On a des nouveaux tests, dit le Dr Réjean Thomas, président et fondateur de la Clinique l’Actuel à Montréal. La plupart des résultats, même avec les tests réguliers, sont prêts à l’intérieur de deux à six semaines. Avec des tests encore plus poussés, on peut le savoir à l’intérieur d’une dizaine de jours. »

Pour le Dr Thomas, le délai de trois mois est « un bon choix », basé sur le consensus scientifique actuel. « Le fait que les homosexuels ne peuvent pas donner de sang, pour des mauvaises raisons scientifiques, pour des raisons épidémiologiques qui datent d'une autre époque aussi, créait une certaine stigmatisation », dit-il. Le médecin souligne que plusieurs jeunes hommes hétérosexuels blancs non-toxicomanes figurent parmi les derniers cas de VIH qu'il a eu à traiter.

En 1986, dans la foulée du scandale de sang contaminé, le Canada a interdit aux hommes ayant eu au moins un partenaire sexuel masculin depuis 1977 de faire un don de sang, et ce, à vie. À partir de 2013, les homosexuels ont pu donner leur sang après une abstinence de cinq ans. Le délai est passé à un an en 2016.

Une revendication de la communauté gaie

Le Conseil québécois LGBT salue l’initiative de la Société canadienne du sang et d’Héma-Québec. « Trois mois, c’est un pas en avant, dit sa directrice générale, Marie-Pier Boisvert. On se rapproche du 0 [mois]. Ce qui est ce qu’on souhaite, je pense. »

Des membres de la communauté gaie militent depuis longtemps pour l'assouplissement ou la levée de ce critère d'exclusion qu'ils jugent discriminatoire. « C’est une revendication, surtout, d’enlever ce stigma sur la communauté, mais également que les critères soient basés sur les pratiques et les comportements sexuels plutôt que sur l’orientation sexuelle », explique Mme Boisvert.

Le Dr Réjean Thomas croit, pour sa part, que le délai de trois mois est « très raisonnable socialement ». « Le devoir premier [de la Société canadienne du sang et d'Héma-Québec], c'est de protéger les gens qui vont recevoir des dons de sang. Il y a toujours des gens qui répondent moins rapidement à un test. »

L’Angleterre et l’Écosse ont adopté le délai de trois mois en novembre 2017.

Santé Canada analysera la demande de la Société canadienne du sang et d'Héma-Québec au cours des prochains mois.

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