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Déversement des effluents : le plan de la papetière Northern Pulp maintenant public

L'usine de pâtes et papiers, Northern Pulp, à Abercrombie en Nouvelle-Écosse.

L'usine de pâtes et papiers, Northern Pulp, à Abercrombie en Nouvelle-Écosse

Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Radio-Canada

Le public a jusqu'au 9 mars pour faire valoir son opinion sur le plan de la papetière Northern Pulp, qui doit remplacer sa centrale de traitement des eaux usées et veut construire une canalisation pour déverser ses effluents dans le détroit de Northumberland, en Nouvelle-Écosse.

L’entreprise a soumis ces derniers jours une demande d’examen environnemental à la province pour son projet. Près de 2000 pages de documents sont devenues publiques jeudi, lançant la période de commentaires. Le public peut se prononcer par l’intermédiaire du formulaire en ligne ou par courrier (Nouvelle fenêtre).

Un pipeline de 15,5 km

Selon le ministère provincial de l’Environnement, le projet de la Northern Pulp consiste en une nouvelle centrale de traitement des effluents et une canalisation longue de 15,5 km qui transportera les effluents jusqu’au détroit de Northumberland.

Carte du tracé du pipeline proposé.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

En rose, le tracé du pipeline proposé, qui partirait de l'usine (NPNS Facility) et irait déverser les effluents dans le détroit de Northumberland (en haut de la carte).

Photo : SCM / Northern Pulp Nova Scotia

La conduite longera la route 106 pendant 11,4 km et entrera dans l’eau à proximité du terminal de traversier à Caribou. La portion restante de 4,1 km de pipeline traversera le havre de Caribou jusqu’au détroit de Northumberland, où seront rejetés les effluents de l’usine.

Ce projet suscite une opposition très large, provenant des pêcheurs qui tirent leur gagne-pain du détroit, d’Autochtones dont la communauté a été polluée depuis plus d’un demi-siècle, d’environnementalistes et même de la province voisine, l’Île-du-Prince-Édouard, séparée de la Nouvelle-Écosse par le détroit. Ils craignent l’impact des effluents sur la vie marine.

Après la fin de la période de commentaires le 9 mars, la ministre provinciale de l’Environnement, Margaret Miller, aura jusqu’au 29 mars pour accorder ou non une approbation conditionnelle au projet.

Dans un communiqué, l’entreprise qualifie son plan de vital pour le maintien des opérations de la Northern Pulp.

Northern Pulp demande un délai, la Nouvelle-Écosse refuse

Une loi provinciale oblige la Northern Pulp à cesser d’ici le 31 janvier 2020 de déverser ses effluents dans Boat Harbour, à proximité de la communauté micmaque de Pictou Landing.

La Nouvelle-Écosse a promis de remettre cet estuaire dans l’état où il se trouvait avant 1967, soit avant que l’usine de pâtes et papiers n’y déverse des dizaines de millions de litres d’effluents. Il s’agit du plus gros site contaminé de la province.

Les manifestants en bateau passent devant la papetière Northern Pulp le 6 juillet 2018.

Des manifestants en bateau passent devant la papetière Northern Pulp le 6 juillet 2018.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

Le directeur général de la papetière Northern Pulp, Bruce Chapman, dit que l’entreprise partage le même objectif que les autres intervenants, soit la décontamination de Boat Harbour. Nous avons simplement besoin de plus de temps, dit-il. L’entreprise laisse entrevoir la fermeture de l’usine et la perte de 300 emplois si elle n’obtient pas de délai.

Or, le premier ministre de la Nouvelle-Écosse, Stephen McNeil, refuse de se plier à la demande de l’entreprise, qui désire plus de temps pour mener à bien son plan de remplacement de la centrale et voudrait que le gouvernement repousse sa date limite.

M. McNeil se dit prêt à débattre à l’Assemblée législative d’un changement à la date butoir seulement si la communauté ou les députés de la région en manifestent le désir.

Tim Houston, le chef du Parti progressiste-conservateur et député de Pictou-Est, où est située la papetière, disait il y a deux semaines qu’il ne voyait pas de raison pour accorder un sursis à la Northern Pulp.

Avec les informations de La Presse canadienne

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