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Un pont sur le Saguenay pour mieux protéger les bélugas

Le traversier sur le fjord entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine.
Le traversier sur le fjord entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Des scientifiques de Pêches et Océans Canada croient que la construction d'un pont à l'embouchure de la rivière Saguenay, pour remplacer les deux traversiers, contribuerait à la survie de la population de bélugas.

Ce secteur est le plus bruyant du Saint-Laurent et les navires qui relient Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine en sont en grande partie responsables, notent les scientifiques.

Les ondes sonores qui sont diffusées sous l'eau ont des conséquences importantes pour les bélugas, une espèce en voie de disparition.

Un rapport de Pêches et Océans Canada portant sur l'efficacité des mesures de rétablissement des bélugas, mentionne que « le remplacement des traversiers par une infrastructure routière entraînerait des gains immédiats pour les bélugas ».

En effet, les traversiers relient 24 heures sur 24, 365 jours par année les deux rives, ce qui signifie 40 000 voyages annuellement.

[Un pont] supprimerait des milliers de passages de navires dans un habitat important pour le béluga, où le niveau de bruit est le plus élevé et le plus chronique.

Examen scientifique de l'efficacité des mesures de rétablissement pour trois populations de baleines en péril, Pêches et Océans Canada

Dans un environnement moins bruyant, les bélugas pourraient trouver plus facilement des proies et mieux communiquer entre eux, particulièrement les mères et leurs veaux.

On a deux choix : on diminue le bruit ou on tasse les bélugas. Évidemment, on va vers la première solution.

Véronique Lesage, chercheuse scientifique, Pêches et Océans Canada

« Leur monde est acoustique », rappelle la chercheuse Véronique Lesage, spécialiste des mammifères marins. Elle précise aussi que les bélugas affectionnent particulièrement l'embouchure du Saguenay en raison de l'abondance de nourriture.

Le projet d'exportation de gaz naturel de l'entreprise GNL Québec sera à surveiller en 2019. Ce projet augmenterait le trafic maritime commercial dans le parc marin du Saguenay—Saint-Laurent. On aperçoit un béluga dans l'eau.Le projet d'exportation de gaz naturel de l'entreprise GNL Québec sera à surveiller en 2019. Ce projet augmenterait le trafic maritime commercial dans le parc marin du Saguenay—Saint-Laurent. Photo : Alexandre Shields

Quand tu as plusieurs traversiers qui se succèdent rapidement, ce que ça fait c'est qu'il n'y a pas de pause entre le moment où le premier arrive et le deuxième arrive, ce qui fait que le niveau de bruit ambiant monte d'un cran et devient constant...

Véronique Lesage, chercheuse scientifique, Pêches et Océans Canada

Les ondes sonores produites par les navires se répercutent aussi en amont et en aval, en raison de la profondeur des eaux.

Dans un environnement comme le Saguenay, qui est un fjord, il y a beaucoup d'écho, un peu comme dans une église, ça va avoir tendance à résonner.

Florian Aulanier, chercheur en acoustique sous marine, Pêches et Océans Canada

Le bruit causé par la navigation a été un facteur négligé dans le passé, mais les scientifiques croient qu'il contribuerait grandement au déclin de la population de bélugas, estimée en ce moment à moins de 900 individus.

Un argument de plus pour la Société du pont sur le Saguenay

Une esquisse du projet de pont en 2009.Une esquisse du projet de pont en 2009 Photo : Radio-Canada

Les partisans de longue date du projet obtiennent donc un argument de plus pour convaincre les autorités d'investir des centaines de millions de dollars pour construire un pont en lieu et place des deux traversiers.

Le nouveau président de la Société du pont sur le Saguenay, Marc Gilbert, prétend que 95 % du trafic maritime dans ce secteur est imputable aux deux traversiers.

Selon lui, les écologistes devraient y porter davantage attention au lieu de s'opposer aux projets comme celui d'Énergie Saguenay ou de Port Saguenay, à Sainte-Rose-du-Nord.

On ne tire pas sur les bonnes cibles, si tous les projets se réalisent, on parle de 300 navires de plus dans le Saguenay, là je vous propose d'en éliminer 40 000 avec un pont.

Marc Gilbert, président, Société du pont sur le Saguenay

Les nouveaux navires moins bruyants?

La Société des traversiers du Québec (STQ) mentionne que les nouveaux navires émettent moins de vibration que les précédents, en raison du système de propulsion qui est différent.

Cela devrait donc, affirmait l'ex-PDG François Bertand, se répercuter sous l'eau aussi.

Environnement