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Un édifice, ça peut changer le monde... de la danse

L’Édifice Wilder espace danse, au cœur du Quartier des spectacles
L’édifice Wilder à Montréal Photo: Radio-Canada / Michel Labrecque
Michel Labrecque

Depuis deux ans, un atout formidable s'est ajouté dans le paysage de la danse à Montréal : l'édifice Wilder, au centre-ville, un édifice conçu entièrement pour la danse. Visite des lieux.

Des étudiants en danse s'exercent. Une classe des Grands Ballets Photo : Grands Ballets

Quand vous entrez au Wilder, vous êtes frappé par la lumière, l’espace. Et la beauté. Un édifice qui allie l’ancien et le moderne, conçu pour danser, de toutes les façons possibles.

Le Wilder rassemble quatre institutions de la danse montréalaise : les Grands Ballets, les diffuseurs d’avant-garde l’Agora et Tangente ainsi que l’École de danse contemporaine de Montréal. Tout cela au cœur du Quartier des spectacles.

Des costumes de spectacles de danse.L’intérieur de l’édifice Wilder Photo : Radio-Canada / Michel Labrecque

Et cet espace a changé la vie de toutes ces institutions. En mieux!

C’est en 2010 que le ministère des Affaires culturelles du Québec a lancé l’idée. Sept ans plus tard, l'édifice Wilder a ouvert ses portes, mais il fallut du temps avant que les organisations s’installent et apprivoisent les lieux. C’est maintenant fait.

Des jeunes dansent dans une classe. Des élèves de l’École de danse contemporaine. Photo : Radio-Canada / Michel Labrecque

« Avec le déménagement au Wilder, on se rapproche des conditions idéales pour la pratique de la danse », explique Lucie Boissinot, directrice artistique de l’École de danse contemporaine de Montréal.

Il y a la qualité de l’air, renouvelée six fois par heure; une optimisation de l’espace, des planchers magnifiques. L’ex-danseuse et chorégraphe devenue directrice artistique peut vous en parler longtemps. Il y a aussi le prestige : « récemment, nous recevions le directeur du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris, il était totalement ébloui », raconte Mme Boissinot.

Ivan Cavallari, assis derrière son bureau. Ivan Cavallari, directeur artistique des Grands Ballets Photo : Grands Ballets

Depuis deux ans, Ivan Cavallari a pris la direction artistique des Grands Ballets, après un long parcours de la Scala de Milan à l’Australie. Il a été d’abord attiré par la réputation artistique de la troupe montréalaise et le déménagement à l’édifice Wilder a été une excellente nouvelle.

On s’habitue très rapidement à la beauté. Quand on se retrouve dans la beauté, on danse mieux.

Ivan Cavallari, directeur artistique des Grands Ballets
De nombreuses bobines sur un mur. Bobines de fil à l’atelier de costumes des Grands Ballets Photo : Radio-Canada / Michel Labrecque

Les Grands Ballets, qui forment l’organisation la plus importante du Wilder, ont aussi un nouveau studio qui leur permet de répéter tout leur spectacle, du début à la fin, sur place, plutôt que de se rendre à la Place des Arts, où ils se produisent généralement.

Et le Wilder est aussi un espace de démocratisation de la danse. Beaucoup de cours sont offerts au public, du ballet classique à la danse contemporaine, en passant par le yoga. Vous pouvez aussi assister à des répétitions, qui vous permettront d’être beaucoup plus proches des danseurs que durant les spectacles.

Dans un corridor, Stéphane Labbé regarde la caméra. Stéphane Labbé est directeur général de Tangente. Photo : Radio-Canada / Michel Labrecque

Pour les deux diffuseurs de danse d’avant-garde, l’Agora et Tangente, le déménagement au Wilder a eu des répercussions imprévues. « On pourrait parler d’effet multiplicateur, souligne Stéphane Labbé, directeur général de Tangente. Des gens de partout en Europe viennent nous voir et veulent collaborer avec nous ».

« L’énergie du centre-ville change tout », souligne Francine Bernier, directrice de l’Agora, qui ajoute que tous ces gens qui fréquentent le Quartier des spectacles les « obligent à faire les choses autrement », à se redéfinir, pour les attirer au Wilder.

Gros plan sur Francine Bernier. Francine Bernier, directrice de l’Agora Photo : Dominique Malaterre

Auparavant, les deux diffuseurs cohabitaient dans un édifice plus modeste du Plateau-Mont-Royal. « Nous avons maintenant trois studios à géométrie variable avec 2 millions de dollars de nouvel équipement; ça augmente les possibilités », précise Stéphane Labbé.

Écoutez le reportage de Michel Labrecque, présenté à Désautels le dimanche, le 3 février.

En plus, le regroupement des quatre organismes de danse crée aussi des synergies : les étudiants de l’École de danse contemporaine peuvent rencontrer des chorégraphes, assister à des spectacles, discuter avec des danseurs professionnels. Des chorégraphes peuvent aussi obtenir des résidences au Wilder. Il y a également une campagne de financement commune.

Un bémol dans ce concert d’éloges : Ivan Cavallari aurait bien aimé que l’École supérieure de ballet du Québec, qui forme des danseuses et des danseurs classiques, soit aussi dans cet édifice. Cela n’a pas pu se réaliser.

Vue extérieur de l'édifice.L’édifice Wilder, au cœur du Quartier des spectacles Photo : Radio-Canada / Michel Labrecque

L’édifice Wilder commence à peine son histoire, qui s’annonce passionnante. Cette œuvre architecturale audacieuse, réalisée par la firme Lapointe Magne+ Aedifica, a réussi à intégrer un édifice centenaire avec des composantes entièrement nouvelles.

Montréal était déjà une plaque tournante de la danse contemporaine, avec le Wilder; la danse a maintenant son édifice, qui lui donne encore plus de relief.

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