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L'aide humanitaire américaine arrive à la frontière vénézuélienne

Un policier se tient dans une rue où un camion est stationné. Des gens manifestent tout près du camion.

Un camion d'aide humanitaire arrive près de la frontière entre le Venezuela et la Colombie, le 7 février.

Photo : Reuters / Marco Bello

Agence France-Presse

Les premiers camions d'aide humanitaire américaine destinée au Venezuela, mais refusée par le président Nicolas Maduro, sont arrivés jeudi à la frontière de ce pays pétrolier, tandis que les pays européens et latino-américains du Groupe de contact international ont appelé à une « élection présidentielle libre ».

Escortés par la police colombienne et ovationnés par une poignée de migrants vénézuéliens, une dizaine de véhicules, transportant notamment des aliments non périssables, ont pénétré à 14 h 43, heure locale, dans le centre de stockage près du pont international Tienditas, dans la ville frontalière de Cucuta.

Il s'agit de la réponse à l'appel à l'aide du chef du Parlement, l'opposant Juan Guaido, qui s'est autoproclamé le 23 janvier président par intérim du Venezuela.

« Aide humanitaire maintenant », pouvait-on lire en lettres noires sur la pancarte d'un des manifestants.

« L'espoir est en train d'arriver. Qu'il ouvre la voie vers un avenir meilleur », a déclaré Francisco Javier Pernea, un Vénézuélien de 44 ans qui a fui son pays il y a six mois.

En Colombie, le chargement a été reçu par l'Unité nationale de gestion des risques de catastrophes (UNGRD), l'organisme étatique responsable des secours au pays, qui a précisé dans un communiqué qu'il se limitait à la recevoir et à l'entreposer dans un centre de stockage de Cucuta.

« Selon le programme établi, dans une première phase, les aides vont être organisées au centre de stockage, l'objectif étant qu'elles soient surveillées et gardées, en accord avec l'engagement du gouvernement colombien dans cette opération humanitaire », d'après cet organisme.

Au cours des « prochains jours », a ajouté l'UNGRD, arriveront d'autres chargements, auxquels s'ajouteront ceux qui seront stockés au Brésil et sur une île des Caraïbes à déterminer.

La manière dont cette aide humanitaire traversera la frontière et sera distribuée reste un mystère.

Autre inconnue majeure : la réaction de l'armée vénézuélienne.

Dans son bras de fer avec le pouvoir, Juan Guaido, qui est âgé de 35 ans, reste déterminé à faire entrer ces vivres et ces médicaments au Venezuela. Mercredi, il a exhorté l'armée à ne pas bloquer cette aide après la neutralisation du pont de Tienditas par des militaires vénézuéliens.

Le président autoproclamé du Venezuela, Juan Guaido, s'adresse aux médias.

Encouragé par le soutien international, Juan Guaido cherche à fissurer la loyauté de l'armée, essentielle au maintien au pouvoir de Nicolas Maduro depuis 2013.

Photo : Reuters / Carlos Garcia Rawlins

Les soldats au Venezuela « meurent de faim » et l'état de l'armée s'y est « détérioré », même si pour l'instant les troupes restent loyales au président Nicolas Maduro, a affirmé jeudi l'amiral Craig Faller, le chef du commandement de l'armée américaine responsable de l'Amérique latine, devant une commission du Sénat.

Un appel à des élections libres

Au moment même où les camions transportant de l'aide arrivaient à la frontière, la première réunion à Montevideo, en Uruguay, des pays européens et latino-américains d'un Groupe de contact international (GCI) sur le Venezuela prenait fin.

Le groupe appelle à « une élection présidentielle libre, transparente et crédible, en accord avec la Constitution vénézuélienne », selon la déclaration finale signée par tous les pays participants, à l'exception de la Bolivie et du Mexique.

Dans ce texte d'une page, le GCI « reconnaît la crise humanitaire qui continue de s'approfondir de jour en jour » au Venezuela.

Le GCI se fixe deux objectifs : « Mettre en place les garanties nécessaires en vue d'un processus électoral crédible, dans les plus brefs délais », et « permettre la distribution urgente de l'assistance en accord avec les principes internationaux humanitaires ».

Pour cela, elle annonce l'envoi d'une « mission technique » au Venezuela.

Deux visions divergentes

Cette déclaration finale de la GCI a été très fraîchement accueillie par Washington.

« Au lieu d'essayer de dialoguer avec Maduro à travers des groupes de contact ou de dialogue, nous lançons un appel aux pays pour qu'ils reconnaissent Juan Guaido et nous rejoignent pour répondre à son appel à l'assistance humanitaire internationale immédiate », a réagi Elliot Abrams, l'envoyé spécial des États-Unis chargé de « rétablir la démocratie » au Venezuela.

Le temps du dialogue avec Maduro est terminé.

Elliot Abrams, envoyé spécial des États-Unis au Venezuela

Ce « n'est pas très utile », a lancé de son côté le chef de la diplomatie brésilienne Ernesto Araujo, dont le pays est aligné sur Washington.

« Il est fondamental d'éviter la violence intérieure et une intervention extérieure », avait déclaré en ouverture la représentante de la diplomatie européenne Federica Mogherini, soulignant « l'urgence » de la situation qui fait courir « le risque d'une déstabilisation et pas seulement dans la région ».

Mme Mogherini et les émissaires de huit pays européens - France, Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas, Portugal, Espagne, Suède, Italie - et de cinq pays d'Amérique latine - Uruguay, Costa Rica, Bolivie, Équateur, Mexique - participaient à la première réunion du Groupe de contact créé à la fin de janvier à l'initiative de l'UE.

Le Mexique prend part aux discussions, mais ne fait pas officiellement partie de ce groupe.

Juan Guaido, désormais reconnu par une quarantaine de pays, États-Unis en tête, a sèchement rejeté tout dialogue avec le gouvernement. Il compte sur une nouvelle mobilisation de ses partisans le 12 février pour réclamer un « gouvernement de transition » et des « élections libres ».

Frappé par la crise économique, le Venezuela souffre de graves pénuries. Environ 2,3 millions de Vénézuéliens ont choisi de s'exiler depuis 2015, selon l'ONU.

Une vue de haut montre les rues de Caracas remplies de manifestants.

Samedi dernier, des milliers de manifestants ont pris part à une marche pour dénoncer le gouvernement de Nicolas Maduro.

Photo : Reuters / Stringer

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