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Le NPD demande une enquête sur des publicités calomnieuses ciblant Jagmeet Singh

Jagmeet Singh

Le chef du NPD, Jagmeet Singh

Photo : The Canadian Press / Darryl Dyck

CBC News

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) presse l'organisme canadien de surveillance des élections de lancer une enquête sur une série de publicités diffusées sur Internet, qui annoncent que le chef Jagmeet Singh possède un manoir d'une valeur de plusieurs millions de dollars.

The Tyee, média numérique indépendant, a d'abord rapporté l’histoire. Une publicité qui prétend que M. Singh possède une maison de 5,5 millions s’est retrouvée sous un article du Vancouver Courier, journal local publié deux fois par semaine.

Le lien menait vers un article du site Attorney Cocktail intitulé 13 Super Luxurious Celebrity Houses - They Surely Knowly How to Spend Their Fortune (13 maisons très luxueuses de vedettes – Elles doivent certainement savoir comment dépenser leur argent).

Le NPD a envoyé à CBC News des captures d'écran montrant la publicité parue dans le Courier, qui a également été publiée sur le site de l'History Channel ainsi que sur celui du média d’information britannique The Independent.

Le NPD a envoyé des captures d'écran à CBC News qui montrent que les publicités ont notamment été diffusées sur le site de The Indepenent.

Le NPD a envoyé des captures d'écran à CBC News qui montrent que les publicités ont notamment été diffusées sur le site de The Indepenent.

Photo : fournie par le NPD

En cliquant sur le lien, le lecteur accédait à une galerie photo de plus de 145 célébrités qui possèdent des manoirs, dont l'ex-joueur de baseball américain Alex Rodriguez, les Obama et Rihanna.

Cette allégation sur le mode de vie somptueux de Jagmeet Singh va à l'encontre d’un élément clé du programme électoral du NPD, soit le besoin d’augmenter le nombre de logements abordables au Canada.

Dans une lettre adressée au commissaire aux élections Yves Côté, le directeur des opérations du NPD, Jesse Calvert, écrit que le parti est « très préoccupé » par ces publicités « calomnieuses » et demande à M. Côté d'enquêter sur les infractions possibles à la Loi électorale.

« Ces déclarations manifestement fausses nuisent à notre chef et à la marque de notre parti, mais surtout, elles menacent la nature libre et équitable de l’élection actuellement en cours », peut-on lire dans la lettre. Jagmeet Singh est candidat à l'élection partielle du 25 février dans Burnaby-Sud, en Colombie-Britannique.

Ces publicités sont clairement fausses et sont destinées à influencer le résultat des prochaines élections.

Extrait de la lettre envoyée par le NPD au commissaire aux élections

Le NPD affirme que la publicité a été placée par la boîte new-yorkaise Taboola, qui est responsable de la plupart des encarts « Ailleurs sur le web » et « Recommandé pour vous » situés au bas de certains articles en ligne.

Un porte-parole de Taboola a déclaré à The Tyee que l'entreprise prend les « fausses nouvelles » au sérieux et qu'elle supprimerait le contenu s'il contrevenait à sa politique interne.

Vers 10 h mercredi, le visage de M. Singh semblait avoir disparu du diaporama du site Attorney Cocktail.

Pas une première

Cette histoire de manoir n'est pas la seule fausse information qui circule en ligne à propos du chef du NPD.

Fin 2018, une histoire partagée plus de 5700 fois sur Facebook l’accusait d'entretenir des liens avec des militants sikhs. Jeff Yates, l’inspecteur viral de Radio-Canada, avait repéré l’article, qui affirmait que Jagmeet Singh est recherché pour terrorisme dans 15 pays.

En cliquant sur le lien, on était redirigé vers le site du Native Born Canadian Movement (NBCM), où on pouvait lire que M. Singh « fait partie d’un groupe militant sikh ». Le reste du texte était un copier-coller de l’entrée Wikipedia à propos de l'attentat à la bombe contre Air India, en 1985.

M. Singh a déjà déclaré qu'il accepte la conclusion de l'enquête sur ce drame, qui a établi Talwinder Singh Parmar comme le cerveau derrière cet attentat qui a tué des centaines de Canadiens, et qu'il croit qu'il est inapproprié pour les sikhs de glorifier Parmar en montrant sa photo. Cette prise de position est survenue après qu'il eut d'abord émis des réserves à propos de l'enquête lors d'une entrevue avec Terry Milewski, de CBC, en 2017.

L'article du NBCM, publié en septembre dernier, a généré plus de 17 000 mentions « J’aime » en plus des 5700 partages, ce qui dépasse de loin le nombre d’abonnés de la page du NBCM sur Facebook.

James Smith, porte-parole de la campagne électorale de M. Singh, a déclaré que le parti avait déjà communiqué avec les différents réseaux sociaux pour faire retirer cette histoire.

NBCM exprime clairement son point de vue sur sa chaîne YouTube : « Cette organisation est simple... si vous êtes né au Canada, vous êtes un Canadien d’origine... ce groupe a pour but de défendre d'abord les Canadiens nés au pays. »

Des entreprises peu responsables

Le rôle joué par Taboola met en lumière une zone d’ombre de la publicité en ligne, explique Fenwick McKelvey, professeur de l'Université Concordia qui étudie comment la manipulation des réseaux sociaux peut altérer les débats politiques.

« C’est important puisqu’il est question d’entreprises dont on ne comprend pas très bien les activités et qui sont oubliées dans nos discussions sur la publicité en ligne et sur la responsabilité sur Internet. Ce sont pourtant des acteurs importants », poursuit-il.

« C'est une zone grise intéressante parce que Taboola faisait de la publicité pour une histoire de type "piège à clics" [clickbait]. Il semble donc qu'il s'agissait en fait de mauvaises sources et d’un mauvais traitement éditorial, ce qui n'est pas une surprise. On dirait que la seule façon de faire de l'argent sur le web, c’est le scandale, et non le contenu », dit encore M. McKelvey.


Adaptation d'un texte de Catharine Tunney, CBC News (Nouvelle fenêtre)

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