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Baleine noire : la zone fermée à la pêche diminuera de 63% cette année

Baleine noire empêtrée dans des cordages de pêche.

Les plus grandes menaces pour la survie de la baleine noire de l'Atlantique Nord sont, selon le gouvernement du Canada, les collisions avec des navires et l'empêtrement dans l'équipement de pêche (comme ci-dessus).

Photo : NOAA

Radio-Canada

Les pêcheurs dans le golfe du Saint-Laurent verront que la zone fermée à leurs activités aux fins de protection de la baleine noire de l'Atlantique Nord s'étendra cette année sur un peu moins de la moitié de la surface délimitée l'an dernier.

Il s’agit de la zone statique fermée à la pêche au crabe des neiges et à la pêche au homard, entre autres, où 90 % des baleines noires ont été observées l’an dernier.

Cette modification fait partie des mesures de protection pour 2019 annoncées jeudi à Shippagan, au Nouveau-Brunswick, par le ministre des Pêches et des Océans, Jonathan Wilkinson, et le ministre des Transports, Marc Garneau.

Les ministres annoncent aussi les mesures suivantes :

  • La zone de protection globale, où des fermetures temporaires de 15 jours peuvent être décrétées en cas de signalement d’une baleine noire, reste au même niveau que 2018;
  • Dans les eaux peu profondes de moins de 36,5 mètres, une fermeture de 15 jours ne sera imposée que si au moins une baleine noire y est repérée;
  • Une limite de vitesse obligatoire établie à 10 noeuds sera de nouveau imposée aux navires d’au moins 20 mètres dans l’ouest du golfe du Saint-Laurent, du 28 avril au 15 novembre;
  • La zone où la limite de vitesse sera imposée sera ajustée selon l’observation des baleines, « afin de minimiser les répercussions sur l’industrie des croisières et sur le réapprovisionnement des collectivités »;
  • Les navires pourront toujours se déplacer à des vitesses sécuritaires dans deux voies de navigation au nord et au sud de l’île d’Anticosti si aucune baleine noire ne s’y trouve.

Le gouvernement fédéral explique que ces mesures sont adoptées à la suite de consultations « exhaustives » des pêcheurs, des collectivités, de chefs autochtones et des industries concernées, en Atlantique et au Québec.

Le ministre Jonathan Wilkinson dit avoir beaucoup appris lors d'une table ronde à Dartmouth, en octobre 2018, où une cinquantaine d'intervenants étaient représentés. Une partie de ce qu'il a entendu se retrouve dans les nouvelles mesures annoncées, souligne le ministre.

Des mesures maintenues

Les autorités fédérales exigeront toujours des pêcheurs qu’ils réduisent au minimum la quantité de cordages dans l’eau et qu’ils signalent toute perte d’équipement, ajoute le ministre Wilkinson. Toute interaction entre les navires ou les engins de pêche et des mammifères marins devra aussi être signalée.

La surveillance aérienne et maritime des navires se poursuivra également pour vérifier qu’ils respectent la limite de vitesse.

Le ministre des Pêches et Océans promet aussi de faire tout ce qui est possible pour permettre un début hâtif de la pêche au crabe avant l’arrivée des baleines noires. Cela dépendra grandement des conditions météorologiques et des glaces, rappelle M. Wilkinson.

Les attentes de pêcheurs

Des pêcheurs ont décrié les mesures de protection des baleines noires l’année dernière. De nombreuses zones de pêche ont été fermées pour éviter que les baleines ne s’empêtrent dans l’équipement des pêcheurs

Aucune baleine noire n’a péri dans les eaux canadiennes en 2018, alors que 12 sont mortes dans le golfe du Saint-Laurent en 2017. Les mesures pour protéger l’espèce en voie de disparition ont prouvé leur efficacité aux yeux des uns, mais elles étaient trop sévères, selon des pêcheurs.

On s’attend à de bonnes nouvelles en ce qui a trait à la pêche côtière comme le homard, prédisait le directeur général de l’Union des pêcheurs des Maritimes (UPM), Martin Mallet, avant l'annonce des nouvelles mesures.

« Il y a eu une réaction l’année passée au ministère qui était peut-être un peu forte. Je pense que le pendule va bouger », disait Martin Mallet, directeur général de l’UPM.

Un bateau de chercheurs près d'une baleine morte flottant dans le golfe.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Une baleine noire de l'Atlantique nord retrouvée morte dans le golfe du Saint-Laurent.

Photo : La Presse canadienne / Marine Animal Response Society

Pêches et Océans a consulté l’UPM pour la stratégie de protection des baleines noires en 2019. Les homardiers martèlent que les baleines noires ne s’aventurent pas dans les eaux peu profondes où ils déposent leurs casiers.

Typiquement, les baleines n’entrent pas à l’intérieur de 120 pieds de profondeur, soutient M. Mallet. L’Union des pêcheurs des Maritimes a proposé à Pêches et Océans d'ordonner le retrait des engins de pêche seulement si une baleine noire entre dans un secteur de moins de 120 pieds de profondeur.

L’Union des pêcheurs des Maritimes avait organisé une manifestation à Caraquet au mois de juin pour protester contre la fermeture de certaines zones de pêche.

D’après un rapport du North Atlantic Right Whale Consortium publié au mois de novembre, il ne resterait que 411 baleines noires de l’Atlantique Nord. Trois spécimens ont péri dans les eaux américaines en 2018.

La baleine noire de l'Atlantique Nord est une espèce protégée en vertu des lois canadiennes et américaines. Quatre baleineaux ont été récemment aperçus dans les eaux américaines, ce qui est encourageant pour la survie de l'espèce, estime le gouvernement canadien.

Avec des renseignements de Gabriel Garon et de Jean-Philippe Hughes

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Nouveau-Brunswick

Protection des espèces