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Une infirmière retraitée témoigne du climat malsain au Centre hospitalier Restigouche

Portrait de Suzanne  Syvrais à l'extérieur.
Suzanne Syvrais a oeuvré pendant 13 ans au Centre hospitalier Restigouche à titre d'infirmière. Photo: Radio-Canada / Serge Bouchard
Radio-Canada

Le Centre hospitalier Restigouche de Campbellton est aux prises avec un important problème d'heures supplémentaires de ses infirmières. Une infirmière retraitée pense que le climat de travail malsain de l'établissement y est pour quelque chose.

Les heures supplémentaires des infirmières de la province ont bondi au Nouveau-Brunswick, mais la situation du Centre hospitalier de Restigouche de Campbellton - l'hôpital voué aux traitements psychiatriques - fait bande à part. Les heures supplémentaires ont augmenté de plus de 700 %.

J'ai le coeur en miettes de penser que j'ai terminé ma carrière comme ça, déclare Suzanne Syvrais, une infirmière à la retraite. Elle a oeuvré pendant les 13 dernières années de sa carrière au Centre hospitalier Restigouche.

Quand je suis arrivée, le climat de travail était vraiment excellent, se souvient-elle. C'est un climat de travail qui favorisait de faire tout en notre pouvoir pour nos patients.

Retraitée depuis trois ans, elle affirme que la situation s'est détériorée vers la fin de sa carrière, après des changements à la gestion.

On est là pour faire du bien aux patients pis de vouloir qu'ils soient mieux [mais] le modèle de gestion nous l'empêchait continuellement et c'est devenu presque un régime de terreur où personne ne voulait parler, révèle Mme Syvrais.

Le climat de travail devenu toxique a causé une forte augmentation de l'absentéisme, selon Suzanne Syvrais.

On était rendu un grand nombre d'employés en congé de maladie long terme, décrit-elle.

Quand tu vas travailler et tu as des nausées tellement que tu as peur. Je suis même allée en thérapie.

Suzanne Syvrais

Même si elle a quitté l'établissement depuis quelques années, Suzanne Syvrais continue de recevoir des confidences d'anciens collègues qui lui disent que le climat de travail ne s'est pas amélioré.

Je rencontre encore d'anciens collègues qui vont pleurer en me disant “Suzanne, si tu pensais qu'on ne pouvait pas rien faire avant, on ne peut plus rien faire maintenant”, confie l’ancienne infirmière.

Conclure ainsi une carrière de 35 années à titre d'infirmière provoque encore beaucoup de tristesse chez elle.

Aller à la maison sans le devoir accompli, ça m'a détruite.

Suzanne Syvrais

Pour faire le deuil d'un épisode qui a mis un terme à sa carrière, elle a détruit sa carte d'hôpital et les autres souvenirs de son passage dans cet établissement.

Suzanne Syvrais a accepté de parler de son expérience pour tous ceux et celles qui ne peuvent pas en faire autant, de peur de représailles.

Avec les informations de Serge Bouchard

Nouveau-Brunswick

Soins et traitements