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Guaido exhorte les militaires à laisser entrer l'aide humanitaire au Venezuela

Une remorque bloque un pont.

Une remorque bloque le pont de Tienditas par lequel entre l'aide humanitaire au Venezuela.

Photo : Reuters / Luisa Gonzalez

Agence France-Presse
Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

L'opposant vénézuélien Juan Guaido a demandé mercredi aux militaires de ne pas bloquer l'aide humanitaire envoyée au Venezuela, notamment par les États-Unis qui se sont dits prêts à exempter de sanctions ceux qui désavoueraient le président Nicolas Maduro.

Juan Guaido, reconnu comme président par intérim par une quarantaine de pays, a jugé « absurde » l'attitude des militaires qui ont bloqué le pont de Tienditas, à la frontière avec la Colombie, où est organisée une collecte de vivres et de médicaments.

Trois remorques de camions bloquaient totalement le passage du pont, qui relie les localités de Cucuta (Colombie) et d'Urena (Venezuela), sous la surveillance de militaires vénézuéliens, ont constaté des journalistes de l'AFP.

« C'est la réaction absurde d'un régime qui ne s'intéresse pas aux citoyens. Nous allons faire tout ce qui est possible pour qu'entre une partie de cette aide », a déclaré le chef de file de l'opposition, sans donner plus de détails sur l'entrée des cargaisons d'aide, également collectées au Brésil et sur une île des Caraïbes.

Sans relâcher la pression sur le chef de l'État, Juan Guaido, qui s'est autoproclamé président par intérim le 23 janvier, a appelé à une nouvelle mobilisation, sans date connue pour l'heure, pour exiger que les militaires laissent entrer l'aide humanitaire dans le pays.

Dans un entretien à une radio colombienne, l’opposant a soutenu que les militaires ont un choix important à faire : « Continuer du côté de la dictature qui n'a pas une once d'humanité [...] ou se mettre du côté de la Constitution ».

Un agent de sécurité verrouille une barrière en métal sur un pont.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un agent de sécurité garde le pont Tienditas reliant la Colombie au Venezuela

Photo : Reuters / Carlos Eduardo Ramirez

Il a également qualifié de « maladresse politique » le refus de l'aide par Nicolas Maduro, qui y voit le prélude à une intervention militaire américaine.

Le président Maduro avait indiqué que « ce qu'ils appellent l'aide humanitaire » est « un show politique ». « L'impérialisme n'aide personne dans le monde. Personne », avait-il ajouté.

Le secrétaire d'État américain, Mike Pompeo, a réagi aux commentaires du président en l’appelant à « laisser entrer » l'aide humanitaire dont le « peuple vénézuélien a désespérément besoin ».

Par ailleurs, dans une nouvelle tentative de faire basculer l'armée, le conseiller à la sécurité de Donald Trump, John Bolton, a annoncé que les États-Unis étaient prêts « à exempter de sanctions tout haut responsable militaire vénézuélien qui se battrait pour la démocratie et reconnaîtrait le gouvernement constitutionnel du président Juan Guaido ».

L’aide internationale

Frappé par la pire crise économique de son histoire récente, le Venezuela souffre de graves pénuries de médicaments et de nourriture. Environ 2,3 millions de Vénézuéliens ont choisi de s'exiler depuis 2015, selon l'ONU.

Le Parlement vénézuélien, unique institution aux mains de l'opposition, a approuvé mardi un plan stratégique pour la distribution de vivres et de médicaments depuis la Colombie et le Brésil, où des centres de collecte doivent être installés.

Le Canada a promis 53 millions de dollars d'aide, Washington, 26 millions de dollars, et l'Union européenne (UE), près de 10 millions de dollars.

Le 13 février, Donald Trump recevra à Washington son homologue colombien Ivan Duque pour discuter notamment « des efforts pour restaurer la démocratie au Venezuela », a annoncé mercredi la Maison-Blanche.

Juan Guaido a par ailleurs redoublé d'efforts mercredi pour obtenir le soutien de l'UE. « Aujourd'hui, nous avons échangé avec des représentants de l'Union européenne pour consolider son soutien à la transition démocratique », a-t-il déclaré à l'issue d'une réunion avec des représentants de l'UE à Caracas.

Depuis lundi et l'expiration de l'ultimatum lancé au chef de l'État Nicolas Maduro pour convoquer une élection présidentielle anticipée, une vingtaine de pays européens, dont l'Espagne, la France et l'Allemagne, ont reconnu Juan Guaido, 35 ans, comme président par intérim.

L'Italie, qui refuse de le reconnaître en raison des divergences au sein de son gouvernement d'union, a bloqué l'adoption d'une position commune de l'UE. Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur et patron de l'extrême droite, a toutefois annoncé qu'il recevrait une délégation de représentants du chef de file de l'opposition lundi à son ministère.

Juan Guaido souhaite également demander à l'UE de « protéger » les comptes et les actifs vénézuéliens, comme l'a fait Washington qui imposera un embargo sur l'achat de pétrole vénézuélien à partir du 28 avril.

De son côté, le représentant du Venezuela auprès de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), Ronny Romero, a déclaré que les 500 000 barils vendus aux États-Unis « seront redirigés vers d'autres clients en Europe et en Asie. La Russie et la Chine ne se soucient pas des sanctions de Washington », a-t-il ajouté.

Des pays disposés au dialogue

Parallèlement, plusieurs pays tentent de faciliter une solution négociée à la crise.

L'Uruguay et le Mexique ont proposé mercredi un mécanisme de dialogue sans condition préalable, à la veille d'une réunion, à Montevideo, d'un Groupe de contact international réunissant l'UE, sept pays européens et quatre pays d'Amérique latine.

Nicolas Maduro a dit espérer qu'une telle conférence puisse ouvrir une « plateforme de dialogue ». Il a envoyé cette semaine une lettre au pape François sollicitant sa médiation.

Juan Guaido a réagi en demandant au souverain de faire « entendre à Maduro » la nécessité « d'un processus de transition ».

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