•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La population de Toronto explose, mais pas son offre de logements

La ligne d'horizon de Toronto couverte d'une épaisse couche de brouillard

Habiter Toronto continuera d'être difficile, selon les auteurs de l'étude.

Photo : La Presse canadienne / Mark Blinch

Cédric Lizotte

La population de Toronto augmente à un rythme effréné. Dans une ville où l'accès au logement est extrêmement difficile – elle est au 16e rang des villes les plus chères au monde à ce sujet – cette observation est préoccupante. Une étude récemment publiée confirme ce que plusieurs prévoyaient déjà : la situation n'est pas près de s'améliorer.

Commandée par la Ville de Toronto et complétée en collaboration par le Canadian Centre for Economic Analysis ainsi que le Canadian Urban Institute, le rapport intitulé Toronto Housing Market Analysis, From Insight to Action (Analyse du marché immobilier de Toronto, du concept à l’action) souligne la dichotomie entre la croissance projetée de la population et l’offre immobilière.

La constatation est alarmante : la population de la région du Grand Toronto devrait atteindre les 10 millions d’ici 2041. La ville elle-même abriterait presque 4 millions de citoyens dans 22 ans.

Or, dans la grande région urbaine de Toronto, l’offre de logements ne semble pas être en voie d’augmenter au même rythme.

Les projections sont encore plus dramatiques lorsqu’on considère la ville de Toronto seule.

L’objectif de croissance en matière de logements tel qu’établi par la loi de 2005 sur les zones de croissance de l’Ontario est largement dépassé par l’augmentation de la population. C’est le cas des municipalités de Toronto et de Peel en particulier.

Le coût moyen de location d’un condo d’une chambre au centre-ville de Toronto s’élève à 2432 $ par mois. Plusieurs segments de la population sont déjà forcés de vivre à l’extérieur de la ville, notamment les parents. Les millénariaux sont forcés de rester chez leurs parents parce qu’ils ne peuvent se payer de logement.

Tout compte fait, une situation qui est déjà alarmante semble catastrophique pour les années à venir. Et les auteurs de l’étude n’y vont pas de main morte : « 31,6 % des familles qui louent vivent dans un logement qui est inadéquat ». De plus, « Toronto doit trouver environ 150 000 chambres additionnelles pour les locataires pris dans des situations de surpopulation ».

Lueur d’espoir

Il y a tout de même un brin d’espoir dans ce sombre rapport : alors que Toronto et Peel sont inaccessibles pour plusieurs, la municipalité de Durham, elle, a beaucoup d’espace sous le seuil établi par la loi de 2005.

Une carte à la gauche; un tableau à la droite

Ce tableau montre la différence entre le nombre de places prévues par la loi sur les zones de croissance et la population projetée

Photo : Toronto Housing Market Analysis, From Insight to Action

Pour voir le graphique sur votre téléphone

Les foyers à faible revenu déjà atteints

Les taux d’inoccupation de 2018, qui sont de 1,1 % sur le marché locatif en général et de 0,7 % sur le marché locatif en condos, bien en deçà des seuils considérés comme normaux, représentent déjà un stress incroyable sur les foyers à faible revenu. Selon les auteurs de l’étude, cette tendance n’est pas près de se renverser.

Immobilier

Économie