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« Il y a encore beaucoup de travail à faire » : Carol Jolin s'exprime sur le guide inclusif de l'AFO et le français neutre

Le drapeau arc-en-ciel, emblème de la lutte pour les droits LGBTQ.

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Photo : iStock photo

Radio-Canada

La plupart des organismes franco-ontariens n'ont pas adopté les mesures proposées par le Guide des meilleures pratiques de la promotion de l'inclusivité [sic] publié à l'automne par l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario (AFO).

Ce guide propose entre autres l'utilisation de pronoms neutres pour s'adresser aux personnes non binaires.

Le guide a été présenté lors de l’assemblée générale annuelle de l’AFO. Mais parmi les organismes francophones contactés par Radio-Canada, seulement deux disent être au courant de l’existence du guide inclusif : les ACFO d’Ottawa et de Stormont, Dundas et Glengarry (STD).

La présidente de l'Association des communautés francophones d'Ottawa, Ajà Besler.

Ajà Besler, présidente de l'Association des communautés francophones d'Ottawa (Acfo)

Photo : Radio-Canada / Godefroy Chabi

Dianne Poirier de l’ACFO-STD souligne que le guide de l’AFO est un « document très intéressant et qui nous sensibilise à l’inclusion et à la façon de bien faire les choses; il est important que toutes les personnes se sentent bien chez nous ».

Une porte-parole de l’Hôpital Montfort, Geneviève Picard, souligne ne pas être au courant de l’existence de ce guide.

Le ministère de la Formation, des Collèges, et des Universités déclare pour sa part avoir mis à jour son propre document expliquant les notions de rédaction inclusive (Nouvelle fenêtre). Toutefois, ce document ne mentionne pas l’existence du genre neutre, revendiqué par les personnes non binaires.

Changer les mentalités

Carol Jolin répond aux questions d'un journaliste.

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin.

Photo : Radio-Canada

Le président de l’AFO, Carol Jolin, estime que cet écart d’adoption entre les différents organismes membres de l’AFO est en partie causé par le fait que cela prend du temps pour changer des mentalités.

On peut amener le cheval à la rivière, mais on ne peut pas le forcer à boire... une fois le guide publié, on ne peut pas vérifier qui a décidé de s’en servir et de bien l’appliquer, explique Carol Jolin, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).

Selon M. Jolin, le Guide des meilleures pratiques de la promotion de l’inclusivité (Nouvelle fenêtre) a été bien reçu de la part de certains membres de l’AFO, mais pas de tous. Il y a des organisations qui ont fait des pas dans cette direction-là, certaines sont plus avancées que d’autres et il y en a qui ne le sont pas du tout.

Le président de l’AFO soutient qu’avec le temps, ceux qui veulent adopter une manière de parler plus inclusive ou neutre avec la population pourront se référer au guide. Il est là pour eux, dit-il.

Influencer la population

Carol Jolin estime que des changements dans le langage populaire pourront se faire graduellement, car plusieurs membres de l’AFO sont de gros joueurs institutionnels. On y compte notamment l’Hôpital Montfort, les conseils scolaires francophones de toute la province, les Associations canadiennes-françaises de l’Ontario (ACFO), des universités, qui ont tous accès au document.

Selon lui, ces grosses boîtes institutionnelles sont des modèles pour la communauté, et, si elles adoptent un langage inclusif, et si elles sont les premières à montrer un langage inclusif, dit-il, je pense que graduellement les gens vont adopter ce langage-là.

Toutefois, le président de l’AFO souligne qu’il y a encore beaucoup de travail à faire.

Un guide pas tout à fait optimal

Portrait de Florence Ashley sur un plateau de télé.

Florence Ashley

Photo : Radio-Canada

Pour Florence Ashley, candidate à la maîtrise en bioéthique à l’Université McGill de Montréal et militante, le guide comporte encore quelques lacunes. Le guide n’explique pas toujours nécessairement ce qu’est un accord neutre, comment ça fonctionne, dit-ille [Florence Ashley utilise le pronom neutre ille, NDLR].

Pour ille, un tel guide devrait expliquer qu'en français, il faut aussi penser aux adjectifs, aux articles et aux déterminants neutres.

Florence Ashley note également qu’on n’y mentionne pas que le langage genré, qui comprend l'utilisation des articles le et la, exclut les gens non binaires.

Toronto

Politique