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Un chauffeur d'autobus condamné pour voies de fait contre un usager; la STO et la Ville poursuivies au civil

Le bus circule en direction ouest , devant les bureaux du premier ministre du Canada.

Un autobus de la STO, rue Wellington à Ottawa (archives).

Photo : Radio-Canada / Philippe Turgeon

Radio-Canada

Un chauffeur d'autobus de la Société de transport de l'Outaouais (STO) a été reconnu coupable, lundi, d'avoir asséné un coup à un usager. Ce dernier poursuit maintenant le chauffeur, la STO et la Ville de Gatineau au civil.

Une panne d’autobus est à l’origine de l’histoire. En novembre 2017, un véhicule articulé du circuit 200 tombe en panne. Le chauffeur demande à tous les usagers d’évacuer l’autobus, ce qu’ils font.

Deux versions contradictoires s’opposent ensuite : celle d'un passager, Luc Langlois, et celle du chauffeur, Alain Blanc.

M. Langlois a raconté en cour s'être aperçu qu'il avait oublié son parapluie à l’intérieur de l’autobus et qu'il est retourné le récupérer. Il a ensuite eu un affrontement avec le chauffeur, qui lui a asséné un coup de poing au visage.

Lorsqu’il se trouve près du siège qu’il occupait [M. Langlois] sent une main sur son épaule qui le fait pivoter. Il entend un juron et se fait frapper sur la partie supérieure du nez. Il se met à saigner abondamment, relate le juge Richard Laflamme de la Cour du Québec dans son jugement.

De son côté, le chauffeur a affirmé en cour que c'est plutôt M. Langlois qui l'a agressé. M. Blanc a dit avoir agi pour se défendre.

Il affirme que le plaignant le harcèle et l’insulte suite à la panne du véhicule. Il indique que le plaignant le prend par le collet et le pousse vers l’arrière de l’autobus. Il y a de la bousculade. Il tombe sur le dos et M. Langlois tombe par-dessus lui. C’est à ce moment qu’il lui assène un coup de poing au visage en guise de légitime défense, raconte le magistrat, qui n'a pas cru à la version de l'accusé.

Sa version est si invraisemblable et si incongrue que le Tribunal ne la retient pas.

Extrait du jugement de Richard Laflamme, juge de la Cour du Québec

Le juge Laflamme a déclaré M. Blanc coupable de l'accusation de voies de fait ayant causé des lésions corporelles qui pesait contre lui. Ce dernier sera de retour en cour le 3 mai pour les représentations sur sa peine.

Poursuite au civil

Luc Langlois poursuit maintenant le chauffeur Alain Blanc, la STO et la Ville de Gatineau au civil pour 144 200 $. Nous sommes arrivés à la conclusion que, dans un cas comme ça, les tribunaux pouvaient accorder un montant d’environ 140 000 $, explique son avocat, Paul Fréchette.

Les demandeurs réclament 120 000 $ en dommages généraux et moraux, et 20 000 $ en dommages punitifs. Me Fréchette affirme que la STO est visée par la poursuite parce que l’employeur est responsable en vertu de la jurisprudence. Il ajoute que la Ville est responsable des dettes de la STO en vertu de la Loi sur les sociétés de transport en commun.

Paul Fréchette dans les studios de Radio-Canada Ottawa-Gatineau.

L'avocat de Luc Langlois, Me Paul Fréchette.

Photo : Radio-Canada

M. Langlois garde des séquelles de l'affrontement. Il a aussi subi des pertes de revenus à la suite de l’incident, selon son avocat. Me Fréchette assure toutefois que M. Langlois récupère bien.

La STO n’a pas voulu commenter le dossier, puisqu’il est toujours devant les tribunaux. La cause civile sera entendue lors d’un procès de quatre jours qui se tiendra en février 2020.

Par ailleurs, cette affaire survient alors que le transporteur public a connu un automne difficile au cours duquel au moins deux chauffeurs d'autobus ont été impliqués dans des dossiers litigieux. La STO a notamment suspendu un employé après qu'il eut traité une passagère de « salope ». Un autre chauffeur a été arrêté pour conduite avec les facultés affaiblies.

Avec les informations d'Antoine Trépanier

Ottawa-Gatineau

Procès et poursuites