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  • Le statut des femmes : un sujet brûlant pour les élections en Inde

    Un homme soulève une pancarte dénonçant le viol comme un crime lors de la manifestation pour commémorer la journée internationale de la femme le 8 mars 2013 à New Delhi.
    La condition féminine et la violence faite aux femmes sont parmi les grands enjeux sociaux de la société indienne contemporaine. Photo: Radio-Canada

    L'Inde, la plus peuplée des démocraties du monde, se rendra aux urnes ce printemps. Comme le soulignent nos archives, un des grands problèmes que rencontre ce pays est la condition des femmes qui est encore souvent déplorable.

    … et le ministre de la Justice a annoncé ce même jour une nouvelle loi appelée à lutter contre le viol, qui sera présenté au Parlement la semaine prochaine. Un record de rapidité selon lui.

    Frédéric Nicoloff, 8 mars 2013

    Le fléau du viol

    L’Inde est une grande démocratie et des progrès sociaux considérables ont été réalisés depuis son indépendance en 1947.

    Mais dans trop de cas encore, la condition de millions de femmes indiennes laisse à désirer.

    Le 8 mars 2013, comme le raconte le récit du journaliste Frédéric Nicoloff présenté au Téléjournal ce jour-là, les Indiennes sortent manifester dans la rue.

    En cette Journée internationale de la femme, elles dénoncent le fléau des viols collectifs qui insécurisent et tuent un trop grand nombre d'entre elles en Inde.

    La goutte qui a fait déborder le vase, c’est le viol sordide d’une étudiante de 23 ans par six hommes dans un autobus de New Delhi en décembre 2012.

    La mort de la jeune fille soulève l’indignation en Inde. On juge le gouvernement national trop passif.

    Les mouvements féministes organisent des manifestations dénonçant la situation dans le pays qui rassemblent des milliers de personnes.

    Le milieu du cinéma, Bollywood, se mobilise aussi. Frédéric Nicoloff nous montre une des grandes actrices de l’heure en Inde donner des cours d’autodéfense à de jeunes filles.

    Céline Galipeau et Christine Campestre en Inde

    Je m’appelle Ramia. Je suis travailleuse du sexe.

    Ramia, Mysore, novembre 2007

    À la fin de 2007, la journaliste Céline Galipeau et la réalisatrice Christine Campestre sont allées en Inde pour y tourner une série de reportages.

    Elles y constatent à la fois l’ostracisme que subissent de très nombreuses femmes indiennes et les tentatives d’y apporter des solutions.

    Notons, au passage, la beauté des images produites pour ces reportages. Plusieurs visages sont particulièrement saisissants.

    Un de leurs reportages est présenté à Une heure sur Terre le 13 février 2008. Nous sommes à Mysore dans l’état du Karnataka. Céline Galipeau et Christine Campestre réalisent un portrait de Ramia qui est une travailleuse du sexe.

    On a beau être au pays du Kamasutra, les prostituées en Inde sont considérées comme des moins que rien.

    Même si Ramia gagne l’équivalent de 12 dollars par jour — une fortune comparée à ce que reçoivent bien de ses consœurs — elle n’est pas à l’abri des maladies transmissibles sexuellement.

    À Mysore, comme dans le reste de l’Inde, c’est notamment le sida qui fait des ravages et qui apporte la honte.

    Les deux journalistes observent aussi les efforts effectués par des Canadiennes pour aider les travailleuses du sexe à éviter de tomber malades.

    Une organisation non gouvernementale affiliée à l’Université du Manitoba, le Karnataka Health Promotion Trust, a créé en 2003 un programme qui incite les prostituées à effectuer des suivis médicaux.

    Le programme leur procure aussi un local où elles et leurs enfants peuvent se réfugier.

    Les résultats sont encourageants pour Ramia et ses consœurs. La fréquence des maladies transmissibles sexuellement chute de manière spectaculaire.

    Le triste sort des veuves indiennes

    Dans le nord de l’Inde, une veuve est tenue responsable de la mort de son mari, car elle n’a pas su retenir son âme. Elles doivent s’effacer, disparaître et attendre la mort.

    Céline Galipeau

    Céline Galipeau et Christine Campestre se sont également rendues à Vrindavan, pas très loin de la capitale New Delhi.

    De cette ville, les deux femmes braquent les projecteurs sur l’effroyable destin de plusieurs Indiennes lorsqu’elles deviennent veuves.

    Leur reportage, présenté au Téléjournal le 14 février 2008, fend le cœur.

    Il y avait en Inde en 2008, 33 millions de veuves.

    Céline Galipeau et Christine Campestre nous racontent l’histoire de Toulasi Dasi Tsimu, 24 ans et veuve depuis quatre ans. Son existence est depuis un enfer.

    Sa belle-mère lui a dit qu’elle devait mourir puisqu’elle était devenue veuve.

    Sa belle-famille a tenté de la vendre comme prostituée et l’a aspergée d’essence. Elle ne doit sa vie qu’au secours de ses voisins.

    Toulasi Dasi Tsimu est en train de se transformer en ce qu’on appelle en Inde « une veuve blanche ». Seulement dans la ville de Vridavan, ces « veuves blanches » sont au nombre de 15 000.

    Leurs familles les ont rejetées. Plusieurs vivent dans la mendicité.

    Elles ne doivent leur survie qu’à la générosité des propriétaires d’ashrams qui leur donnent un peu de nourriture et quelques sous pour subsister.

    L’État indien n’est pas nécessairement responsable du triste sort de toutes ces femmes. La loi par exemple permet aux veuves de se remarier.

    Mais en 2008, les vieilles mentalités, particulièrement dans les états indiens les plus pauvres, empêchaient encore ces femmes d’accéder à une nouvelle vie.

    Cette situation perdure dans plusieurs régions de l’Inde.

    En 2019, un peu plus de dix ans après le passage de Céline Galipeau et de Christine Campestre en Inde, peut-on espérer que l'amélioration du statut de la femme soit débattue lors des élections nationales dans ce pays?

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