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Une nouvelle cachette du VIH découverte dans le pénis

Alain Labelle

Des réservoirs cellulaires où se cache le VIH ont été découverts dans les tissus du pénis par une équipe française de chercheurs de l'Institut Cochin. Explications.

Illustration 3D du VIH.

Illustration 3D du VIH

Photo : iStock

Un virus « dormant »

Il existe certains endroits dans le corps où des cellules infectées par le virus de l’immunodéficience humaine de type 1 (VIH-1) peuvent « se mettre à l’abri » et résister aux traitements suivis par les personnes qui en sont atteintes, une réalité qui représente encore aujourd'hui un obstacle à son éradication complète.

Il faut savoir que les traitements antirétroviraux actuels empêchent ces réservoirs cellulaires de produire plus de virus, ce qui rend l’infection en quelque sorte latente. Mais un simple arrêt du traitement et la multiplication virale recommence.

Illustration de cellules.

Tissus de l’urètre de patients infectés par le virus (en vert), les macrophages (en rouge) et les lymphocytes (en cyan). Les noyaux des autres cellules du tissu sont marqués en bleu. Le virus n’est détecté que dans les macrophages où il forme un réservoir, et pas dans les lymphocytes T.

Photo : Morgane Bomsel, Yonatan Ganor & Fernando Real

Les travaux, coordonnés par Morgane Bomsel, de l’Institut Cochin, montrent que des cellules qui participent au processus immunitaire (macrophages) résidant dans les tissus du pénis constituent de tels réservoirs cellulaires.

Cette nouvelle connaissance ouvre de nouvelles perspectives de traitements.

Le saviez-vous?

  • À l’heure actuelle, 37 millions de personnes vivent avec le VIH/sida sur la planète. Pas moins de 1,8 million de nouveaux cas ont été diagnostiqués en 2016.
  • Selon les estimations nationales, 63 110 Canadiens vivaient avec le VIH à la fin de 2016.
  • Depuis 1985, pas moins de 84 409 cas ont été diagnostiqués au pays.

Jusqu’à maintenant, les travaux menés sur les cellules réservoirs se sont concentrés sur les lymphocytes T du système immunitaire, mais les résultats ne sont pas concluants.

En outre, la comparaison des séquences des génomes des virus issus des cellules T « réservoirs » et des virus qui réapparaissent lors de l’arrêt des traitements a montré qu’une partie de ces virus viennent d’un autre type de réservoir cellulaire.

Il existait donc d’autres réservoirs viraux parmi les différents types cellulaires que le VIH-1 infecte.

Les macrophages peuvent bien représenter l’un de ces réservoirs, car ils sont rapidement ciblés par le virus lors de la transmission sexuelle, mais résistent à l’effet de destruction cellulaire du virus.

Le pénis sous la loupe

Dans cette étude publiée dans la revue Nature Microbiology (Nouvelle fenêtre) (en anglais), les chercheurs se sont intéressés aux réservoirs présents dans les tissus du pénis d’hommes infectés, sous thérapie, et dont le virus est indétectable dans le sang.

Ils ont ainsi comparé la capacité des macrophages à produire des virus avec celle des lymphocytes T des mêmes tissus, une fois les traitements arrêtés.

Idée caduque, espoir de traitement

Les chercheurs ont ainsi pu établir que, contrairement à l’idée largement répandue selon laquelle les réservoirs de VIH-1 ne se trouvent que dans les lymphocytes T, les macrophages contenus dans les muqueuses urétrales constituent aussi un réservoir principal du virus.

Comme les macrophages de l’urètre sont les premières cellules ciblées par le virus lors de relations sexuelles, ces réservoirs viraux dans les macrophages pourraient s’établir très tôt, dès le début de l’infection.

Les auteurs des travaux

Cette étude est, selon ses auteurs, la première à mettre en évidence l’existence de réservoirs réactivables du VIH-1 dans les macrophages tissulaires chez l’homme.

Selon eux, il faut maintenant rechercher systématiquement la présence de réservoirs dans les macrophages d’autres tissus muqueux ou lymphoïdes. Ce nouveau type de réservoirs cellulaires pourrait alors être ciblé par un traitement et, qui sait, réussir où les autres tentatives d’éradication des virus latents sont restées sans succès.

Médecine

Science