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12 ans d’efforts pour offrir des appartements à des déficients intellectuels

Joanie Carrière et Alexandra Lecompte auront chacune leur propre appartement dans l'immeuble La Chacunière, à Saint-Joseph-du-Lac
Joanie Carrière et Alexandra Lecompte auront chacune leur propre appartement dans l'immeuble La Chacunière, à Saint-Joseph-du-Lac Photo: Radio-Canada / Marie-Eve Cousineau
Marie-Eve Cousineau

Une dizaine d'adultes déficients intellectuels pourront habiter dès cet automne dans des logements supervisés dans les Laurentides. Leurs parents ont fait face à plusieurs obstacles pour lancer le projet, dont le syndrome du « pas dans ma cour ».

Alexandra Lecompte, 32 ans, aura bientôt son propre logement. Atteinte de trisomie, elle est l'une des futures résidentes de la Chacunière, un immeuble de 12 appartements supervisés pour déficients intellectuels, à Saint-Joseph-du-Lac. « Ce que j'ai hâte le plus, c'est d'être allée en appartement, avec mon chum », dit la jeune femme, qui vit chez son père.

Une victoire pour Michel Lecompte, qui a tout fait pour qu’Alexandra vole de ses propres ailes. Sa fille sait lire et écrire. Elle effectue un stage rémunéré au Tigre Géant de Sainte-Marthe-sur-le-Lac. « Elle est assez autonome, au point qu’on part en vacances deux semaines, trois semaines, et elle reste toute seule à la maison », dit-il. Pas question donc qu’elle habite dans une ressource intermédiaire.

Une série de défis

Mettre sur pied la Chacunière fut toutefois un véritable parcours du combattant. Les parents des futurs résidents portent le projet depuis 12 ans. Leur premier défi : trouver un terrain. « La déficience intellectuelle, ce n'est pas sexy, dit Gisèle Quenneville, l’une des initiatrices du projet. Ce n’est pas connu, surtout. Pour un terrain en particulier, il y a eu une mobilisation des voisins qui ne voulaient pas avoir la Chacunière près de chez eux. »

Écoutez le reportage de Marie-Eve Cousineau à l'émission Le 15-18

Au départ, les parents souhaitaient construire l’immeuble à Saint-Eustache. Mais ils n’y sont pas parvenus pour diverses raisons. « On a [trouvé] des terrains qu'il fallait décontaminer et c’était beaucoup trop cher, dit Gisèle Quenneville. On a aussi eu des problèmes de dézonage. »

La construction de la Chacunière commencera finalement le 4 mars à Saint-Joseph-du-Lac. Les futurs résidents doivent emménager cet automne. Six logements (des 3 1/2) sont toujours disponibles.

Le coût de cet immeuble à loyer modique est d'environ 2,7 millions de dollars. La Société d’habitation du Québec est le principal bailleur de fonds.

Assurer la supervision des résidents

Le financement demeure néanmoins un défi. La Chacunière doit assurer une certaine supervision des résidents. « Ce n’est pas logique qu'on continue à faire des levées de fonds le reste de notre vie pour payer des employés », dit Gisèle Quenneville.

Depuis le début du projet, la Chacunière reçoit le soutien logistique d’une personne-ressource, payée par le CISSS des Laurentides. Pour offrir des services aux résidents, les parents ont établi un partenariat avec le campus de Saint-Jérôme de l’Université du Québec en Outaouais (UQO). Des étudiants en soins infirmiers, en travail social et en psychoéducation y effectueront des stages. Les résidents bénéficieront donc d’un suivi au quotidien.

Les administrateurs de la Chacunière souhaitent toutefois obtenir davantage d’aide de la part du gouvernement provincial. « On aimerait avoir des sous récurrents pour payer la base de la supervision dont nos jeunes auront besoin », dit Gisèle Quenneville. Et pourquoi pas, ajoute-t-elle, un coup de pouce d'entreprises privées.

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