•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Langues autochtones : un projet de loi positif, mais encore incomplet pour des Innus

La couverture du livre est rouge.

Un livre permettant d'approfondir la connaissance de la grammaire de la langue innue.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau

Djavan Habel-Thurton

Des leaders innus se réjouissent du nouveau projet de loi sur les langues autochtones déposé par le gouvernement fédéral. Ils croient cependant qu'à lui seul, il ne suffira pas à garantir la survie et la vitalité de ces langues dont plusieurs sont en péril. Des réactions mitigées qui font écho à celles d'autres Premières Nations aux pays.

Le projet de loi C-91 vise à établir un financement durable pour les langues autochtones et à créer un commissariat aux langues autochtones.

Le chef de la communauté de Uashat-Maliotenam, Mike McKenzie, croit que ce projet de loi est un bon pas vers l'avant, même si le gouvernement ne devrait pas s'arrêter là.

« Je suis extrêmement content de voir reconnaître les Premières Nations dans cette loi sur les langues », se réjouit le chef McKenzie.

« J’aurais aimé ça par contre […] avoir aussi la loi sur l’éducation des Premières Nations », explique M. McKenzie, qui considère que cette prochaine étape est nécessaire si le Canada veut prétendre respecter la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones.

La directrice générale de l'Institut Tshakapesh, à Uashat-Maliotenam, Marjolaine Tshernish, a participé aux consultations d'Ottawa. Elle accueille toutefois ce projet de loi avec prudence.

Marjolaine Tshernish, directrice générale de l’Institut Tshakapesh.

Marjolaine Tshernish, directrice générale de l’institut Tshakapesh.

Photo : Radio-Canada / Bénédicte Filippi

Pour elle, ce premier pas devra être accompagné d’une politique linguistique spécifique élaborée par chaque nation. Cette politique devrait par exemple régir l’affichage ou la langue parlée au travail.

Encore flou

Le projet de loi C-91 entend « établir des mesures pour la fourniture d'un financement durable et à long terme des langues autochtones », peut-on lire dans un communiqué de Patrimoine Canada. Le gouvernement n'offre aucun détail sur les mesures de financement.

Pour Mme Tshernish, les membres des Premières Nations devront donc continuer à exprimer haut et fort leurs besoins.

« C’est à nous, les Premières Nations, de démontrer nos besoins pour maintenir la langue, que ce soit en ressources humaines, en ressources financières, en infrastructures. Il faut que les nations se mobilisent », a-t-elle déclaré en entrevue à l'émission Boréale 138.

De plus, Ottawa annonce la création d'un commissariat aux langues autochtones. Ce nouvel organisme sera responsable de l'application des grands principes de la loi.

Ailleurs au pays

Pour le chef de l'Assemblée des Premières Nations du Canada (APN), Perry Bellegarde, cette loi a un caractère « historique » et elle s'imposait, compte tenu de la situation des langues autochtones au Canada.

Le son de cloche est radicalement différent du côté des Inuits. Selon le chef de l'organisation Inuit Tapiriit Kanatami, Natan Obed, Ottawa a fait preuve de « mauvaise foi » lors du processus de consultation.

Selon lui, il n'y a dans cette loi aucun contenu spécifique pour les Inuits. Il aurait souhaité que l'inuktitut obtienne le statut de langue officielle au même titre que le français et l'anglais.

Les trois quarts des 90 langues autochtones vivantes identifiées au Canada sont en voie de disparition, selon une enquête menée par l'UNESCO et citée par Ottawa.

Côte-Nord

Autochtones