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L'Union européenne rejette le projet de fusion entre Alstom et Siemens

Un train en construction dans un usine d'Alstom.

Un train en construction dans une usine d'Alstom.

Photo : Reuters / Pascal Rossignol

Reuters

La Commission européenne a rejeté mercredi le projet de fusion entre Alstom et Siemens, censé créer un champion européen du ferroviaire avec le soutien de Paris et Berlin face à la concurrence internationale, notamment chinoise.

« La Commission a interdit la fusion,parce que les parties n'étaient pas disposées à remédier aux importants problèmes de concurrence que nous avons relevés », a déclaré la commissaire à la Concurrence, Margrethe Vestager.

Selon la Commission, la fusion aurait notamment porté atteinte à la concurrence sur les marchés des systèmes de signalisation et des trains à grande vitesse (TGV).

L'entité issue de la fusion serait ainsi devenue le « leader incontesté » sur plusieurs marchés de la signalisation des grandes lignes et des lignes urbaines et aurait réduit « de façon importante » la concurrence pour le matériel roulant TGV, au préjudice des clients européens.

L'intérêt pour cette fusion a été très marqué de la part de l'Allemagne et de la France, mais il y a 26 autres pays qui eux aussi ont un intérêt pour ce marché. Ce n'est pas seulement ceux qui crient le plus fort qu'il faut écouter.

Margrethe Vestager, commissaire à la concurrence de l'Union européenne

Cette décision largement attendue a été critiquée par les deux gouvernements, le patronat européen et les dirigeants des deux entreprises.

Ils reprochent à la Commission de limiter son analyse au seul marché intérieur européen sans tenir compte de l'évolution de l'environnement mondial, marqué notamment par l'émergence de géants chinois comme CRRC dans le ferroviaire.

Le ministre français de l'Économie et des Finances, Bruno Le Maire, a ainsi reproché à la Commission européenne de « servir les intérêts économiques et industriels de la Chine ».

Mais la Commission a estimé que la concurrence chinoise n'était pas menaçante en Europe.

Bombardier salue la décision

Le constructeur ferroviaire canadien Bombardier se dit pour sa part satisfait de la décision des autorités européennes de la concurrence.

« Nous sommes heureux que la Commission européenne, soutenue par les autorités nationales de la concurrence, ait interdit la fusion proposée de Siemens et d’Alstom », a écrit dans un communiqué Me Daniel Desjardins, vice-président principal, Affaires juridiques et Secrétaire de Bombardier inc.

Pour Bombardier, cette fusion ne respectait pas la loi sur la concurrence de l’Union européenne et aurait « gravement compromis la santé et la compétitivité de l’ensemble du marché ferroviaire européen ».

Implanté dans plusieurs pays d’Europe, Bombardier est un acteur majeur des transports par trains sur le marché européen, où les contrats sont nombreux et la concurrence très forte entre les grands constructeurs.

Paris et Berlin veulent changer les règles

Un train e320 de Siemens, qui fait la liaison entre Londres et ParisAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un train e320 de Siemens, qui fait la liaison entre Londres et Paris

Photo : Reuters / Andrew Winning

« Aucun fournisseur chinois n'a jamais participé à un appel d'offres en matière de matériel de signalisation en Europe ou fourni un seul train à très grande vitesse à l'extérieur de la Chine », a dit Margrethe Vestager, selon qui « il n'y a aucune perspective d'entrée des Chinois sur le marché européen dans un avenir prévisible. »

Alstom et Siemens ont déjà fait savoir qu'ils ne contesteraient pas la décision de la Commission européenne.

Dans une interview publiée mardi par Le Figaro, Henri Poupart-Lafarge (Alstom), a averti que ce projet de mariage dans le ferroviaire n'aurait « pas de seconde chance » en cas de veto de Bruxelles et que chacun repartirait de son côté.

Les ministres français et allemand de l'Économie, Bruno Le Maire et Peter Altmaier, ont pour leur part fait savoir qu'ils demanderaient une réforme des règles de concurrence européennes.

Bruno Le Maire a précisé sur France 2 qu'il souhaitait d'une part voir retenu comme marché pertinent pour analyser la concurrence le monde entier et pas seulement l'Europe, et d'autre part que le Conseil européen s'exprime sur ces décisions européennes.

« À ce stade, nous n'avons pas reçu de proposition française en la matière », a répliqué Margrethe Vestager.

Cette affaire n'est pas la preuve que nous devons modifier nos règles en matière de concurrence. Nous devons peut-être les modifier si nous voulons garantir que les marchés soient concurrentiels lorsque nous passerons au numérique.

Margrethe Vestager, commissaire à la concurrence de l'Union européenne

L'un des principaux concurrents occidentaux de Siemens et Alstom, le groupe canadien Bombardier, s'est pour sa part réjoui de la décision de la commission, tout comme les syndicats d'Alstom opposés à la fusion depuis le début.

« Nous sommes satisfaits que la Commission européenne [...] ait interdit la fusion proposée », a dit le vice-président du groupe Daniel Desjardins dans une déclaration transmise à Reuters.

La fusion « aurait gravement affecté la santé et la compétitivité de l'ensemble du marché ferroviaire européen, contraignant les consommateurs, usagers du rail et contribuables européens à en payer le prix. »

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