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Pour arrêter de fumer, le vapotage serait deux fois plus efficace que les substituts classiques

Plan rapproché des mains d'une femme tenant des cigarettes et une vapoteuse.

La cigarette électronique semble être moins nocive que la cigarette traditionnelle, mais ses effets à long terme sont inconnus.

Photo : iStock

Radio-Canada

La première grande étude comparative sur l'efficacité de la cigarette électronique pour cesser de fumer, publiée récemment, conclut qu'elle a des vertus, surtout pour ceux qui souhaitent se libérer de la cigarette, mais qu'elle a également des zones d'ombre.

Est-ce que la cigarette électronique est plus efficace que les autres produits pour cesser de fumer? Oui, avance une étude publiée la semaine dernière par des chercheurs de l’université Queen Mary, à Londres, dans le New England Journal of Medicine. D’autres travaux devront toutefois être menés pour qu’il puisse s'agir d’une réponse franche.

Mais selon les résultats disponibles, le vapotage semble être presque deux fois plus efficace pour arrêter de fumer que les substituts classiques, comme la gomme à la nicotine, les inhalateurs ou les timbres.

Un total de 886 participants, qui fumaient en moyenne 15 cigarettes par jour, ont été divisés en deux groupes. Les participants de l’un des groupes ont remplacé la cigarette par le substitut nicotinique de leur choix, et ceux de l’autre, par une vapoteuse. Tous ont aussi eu droit à une thérapie comportementale.

Après un an, 18 % des participants qui avaient utilisé la vapoteuse étaient toujours abstinents. Chez ceux qui avaient eu recours à un substitut classique, cette proportion n’était que de 9,9 %.

C'est une bonne nouvelle, parce que ça confirme ce qu'on sait depuis sept ou huit ans, que la cigarette électronique est un très bon moyen pour arrêter de fumer.

Le Dr Martin Juneau, directeur de la prévention à l’Institut de cardiologie de Montréal

« Malheureusement, à cause de toute la publicité négative, des études mal faites qui sortent toutes les trois semaines pour dire que c'est très dangereux pour la santé, les cigarettes électroniques, j'ai des patients qui ont repris la cigarette et ça, je vous avoue que ça me choque pas mal », a dit le Dr Juneau.

Toutefois, parmi ceux qui avaient abandonné la cigarette grâce à la vapoteuse, 80 % l’utilisaient toujours après un an. Mais au sein de ceux qui avaient atteint l’objectif en utilisant l’un des autres substituts, seulement 9 % continuaient de s’en servir.

Certains usagers de la cigarette électronique que nous avons rencontrés ont reconnu avoir d’une certaine façon troqué une dépendance contre une autre.

« Mais qui n’a pas de dépendance? », a demandé l’un d’eux.

« C'est plus une alternative », a estimé un second, y voyant un moindre mal.

Le revers de la médaille

Les statistiques indiquent également que beaucoup d'utilisateurs de cigarette électronique continuent de fumer du tabac à l'occasion.

Chez les Américains, ils étaient 93 % à faire double usage en 2014, d’après les données des National Institutes of Health des États-Unis. La proportion descendait à 83 % chez les Français et à 60 % chez les Britanniques.

Certains spécialistes demeurent donc méfiants.

« Ce qu'on sait, c'est que la cigarette électronique semble présenter des risques pour la santé cardiovasculaire et qu'elle présente aussi des risques de maladies pulmonaires, comme l'asthme et la bronchite, a souligné Claire Harvey, du Conseil québécois sur le tabac et la santé. Donc, ce n'est pas un produit inoffensif. »

Selon le Conseil, il serait prématuré d'en faire un traitement antitabagique de première ligne qui serait remboursé par le gouvernement.

« Il faudrait aussi que, comme les autres thérapies de remplacement de la nicotine, la cigarette électronique soit vendue sous prescription médicale et en pharmacie seulement, alors que ce n'est pas du tout le cas actuellement », selon Mme Harvey.

Ce n'est pas la solution de médicaliser la cigarette électronique. Mais je pense que pour Monsieur et Madame Tout-le-Monde qui fument, je serais très à l'aise qu'ils aillent s'acheter des cigarettes électroniques, plutôt qu'un paquet de cigarettes conventionnelles.

Le Dr Martin Juneau

Avec les informations de Normand Grondin et du Figaro

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