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De mur et d'unité : Trump appelle au compromis, mais reste combatif

Il parle derrière un lutrin.

Donald Trump avec derrière lui, le vice-président Mike Pence et la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi

Photo : Reuters / POOL New

Prenez note que cet article publié en 2019 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Devant un Congrès plus divisé et polarisé que jamais – et une Chambre des représentants à majorité démocrate –, le président Trump a prononcé son deuxième discours sur l'état de l'Union, mardi, alternant les appels à l'unité et les attaques à l'endroit des démocrates et des « enquêtes partisanes ridicules ».

Même s'il réitère régulièrement sa menace de déclarer l’état d’urgence pour forcer l'édification d'un mur à la frontière sud ou de fermer à nouveau les services de l’État d'ici deux semaines, le président a lancé un appel à l’unité et au travail bipartisan.

Les Américains désirent que les élus gouvernent « pas comme deux partis, mais comme une seule nation », a-t-il déclaré au début de son discours de 82 minutes, demandant aux élus de « rejeter la politique de la revanche » et de « faire des compromis pour le bien commun ».

Nous devons choisir entre grandeur ou impasse, résultats ou résistance, vision ou vengeance.

Une citation de : Donald Trump

« Ensemble, nous pouvons sortir de décennies d'impasse politique », a-t-il affirmé, devant un parterre plus hostile que lors de son premier discours sur l'état de l'Union, l'an dernier.

Si certains démocrates, dont la présidente de la Chambre Nancy Pelosi, assise juste derrière lui durant tout le discours, ont applaudi ses appels à la collaboration, d’autres ne se sont pas gênés pour afficher leur scepticisme avec une attitude non verbale facilement décodable.

L'unité ne peut être atteinte qu'à certaines conditions, a averti le président, avant de montrer du doigt les démocrates et les « enquêtes partisanes ridicules » qu'ils veulent lancer à la Chambre des représentants sur les agissements de son administration.

« Si nous voulons avoir la paix et voir des projets de loi être adoptés, il ne doit pas y avoir de guerre et d’enquêtes », a-t-il dit à ses adversaires.

En matinée, mardi, le leader de la minorité démocrate au Sénat, Chuck Schumer, avait d'emblée accusé le président d’hypocrisie. Il « passe les 364 autres jours de l’année à nous diviser », avait-il déclaré, s'attirant les foudres du président sur Twitter.

Donald Trump avait également offert un message d’unité dans son discours de l’an dernier, reprenant cependant rapidement ses attaques à l'endroit des démocrates sur Twitter.

Trump réitère son plaidoyer en faveur du mur

Sans surprise, Donald Trump est revenu à la charge sur la question du mur à la frontière avec le Mexique, symbole, s'il en est un, des dissensions entre les troupes démocrates et républicaines. C’est cette question qui était à l’origine de l’impasse budgétaire, et les deux parties continuent d’être divisées sur cet enjeu.

S'il demande aux démocrates de faire un pas dans sa direction, le président, lui, s'en est tenu au même plaidoyer sur le mur, présenté comme solution à ce qu’il qualifie de « crise nationale urgente ».

« Les murs fonctionnent, et les murs sauvent des vies », a-t-il répété.

« Il est temps que le Congrès montre au monde que l’Amérique est déterminée à mettre un terme à l’immigration illégale et à obliger les coyotes impitoyables, les cartels, les trafiquants de drogue et les trafiquants d'êtres humains à fermer boutique », a-t-il soutenu, rappelant qu'il restait 10 jours aux deux partis pour en arriver à un compromis sur la sécurité à la frontière.

Lors de la suspension de la paralysie gouvernementale, il avait brandi l'échéance du 15 février comme date ultime pour conclure une entente.

Tout au long de son plaidoyer, Nancy Pelosi, avec qui il se livre à un bras de fer politique sur cet enjeu, est restée impassible.

Aucune question n'illustre mieux le fossé entre la classe ouvrière américaine et la classe politique américaine que l'immigration illégale. Les riches politiciens et leurs donateurs font pression pour l'ouverture des frontières tout en vivant leur vie derrière des murs, des portes et des gardes.

Une citation de : Donald Trump

Prévu le 29 janvier dernier, le discours a été reporté à l’initiative de la leader démocrate, justement dans la foulée de la paralysie gouvernementale partielle que le président a suspendue le 25 janvier dernier, après 35 jours.

Donald Trump n'a toutefois pas annoncé d’état d’urgence pour réaliser son objectif, promesse phare de sa campagne présidentielle de 2016.

Une vague blanche au milieu de la Chambre

Des femmes démocrates vêtues de blancAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Plusieurs femmes démocrates se sont vêtues de blanc pour rappeler le mouvement des suffragettes lors du discours sur l'état de l'Union.

Photo : Associated Press / J. Scott Applewhite

Donald Trump a salué la présence d’un nombre record de femmes sur le marché du travail, amenant malgré lui les élues démocrates, qui ont contribué à façonner cette réalité, à se lever d’un bond, alors que la majorité d'entre elles sont restées assises tout au long de son allocution.

Il a d’ailleurs souligné le nombre historique de femmes siégeant au Congrès, omettant de mentionner que ce précédent a été atteint grâce aux démocrates.

Les femmes démocrates de la Chambre étaient facilement repérables. Pour protester contre les politiques qu’elles jugent sexistes, elles ont choisi de se vêtir en blanc, rendant du même coup hommage au mouvement des suffragettes. Le parti a aussi distribué des rubans blancs aux élus masculins.

L'économie, l'avortement et le retrait militaire de la Syrie aussi au menu

Le président Trump a consacré une portion importante de son discours à la politique étrangère, se félicitant par exemple de sa « bonne relation » avec le leader de la Corée du Nord, Kim Jong-un. Il a précisé que leur deuxième rencontre se déroulerait les 27 et 28 février au Vietnam.

Il a aussi réitéré sa volonté de retirer les troupes américaines de Syrie, mais aussi d'Afghanistan, une décision contestée au sein même de son parti. « Les grandes nations ne livrent pas de guerres sans fin », a-t-il soutenu, évoquant notamment des discussions « constructives » avec les talibans.

Assurant son soutien au peuple vénézuélien dans sa « quête noble pour la liberté », il a affiché sa détermination à préserver les États-Unis du socialisme.

Il a déploré des pratiques commerciales « injustes » de la Chine et a déclaré qu'elle ne pourrait plus « voler les emplois et la richesse des Américains ».

Le président en a profité pour vanter le « miracle économique » qu'il a accompli, notamment son bilan en matière de création d’emplois et la conclusion d'un nouvel accord commercial avec le Canada et le Mexique.

Par moments, le président a abordé des enjeux susceptibles de rallier les démocrates, comme la réduction des coûts des médicaments, les investissements dans les infrastructures ou la lutte contre les cancers infantiles.

Il s’est de plus engagé à mettre fin à l'épidémie de VIH aux États-Unis d’ici 10 ans.

Le président, qui est soutenu par la droite religieuse, a cependant promis de protéger les « vies innocentes » et a appelé le Congrès à adopter un projet de loi pour interdire les avortements tardifs.

Première historique pour la réplique des démocrates

La démocrate Stacey Abrams, parlant à la caméra, devant des partisansAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La démocrate Stacey Abrams réagit au discours sur l'état de l'Union du président Donald Trump, le mardi 5 février 2019 à Atlanta.

Photo : Associated Press

La réplique démocrate est venue de Stacey Abrams, candidate défaite à l’élection pour le poste de gouverneur de Georgie, en novembre 2018, et étoile montante de la formation. C’est la première fois que cette responsabilité revenait à une femme afro-américaine.

Offrant un contraste avec ceux qui se sont livrés à ce type d’exercice avant elle, Stacey Abrams s’est adressée aux Américains depuis une salle d’Atlanta où étaient réunis des partisans.

Elle a plaidé pour une sécurité frontalière et argué qu'il n'était pas nécessaire pour autant de renoncer à la compassion.

Ce qui rend l'Amérique plus forte, c'est la présence d'immigrants, pas de murs.

Une citation de : Stacey Abrams, candidate démocrate au poste de gouverneur de Georgie, en 2018

Elle a rejeté la responsabilité de la paralysie gouvernementale partielle qui a touché 800 000 travailleurs, mais aussi des milliers d'Américains privés de certains services, sur Donald Trump. La fermeture des services de l'État a « défié tous les principes d'équité et abandonné non seulement notre peuple, mais aussi nos valeurs », a-t-elle soutenu.

Elle a aussi dénoncé les tactiques pour restreindre le vote : des « menaces à la démocratie », a-t-elle dit.

Le sénateur indépendant Bernie Sanders, allié des démocrates et candidat potentiel à l’investiture du parti, a lui aussi décidé de répondre à l’allocution du président, comme il l’avait fait au cours des dernières années, à partir des réseaux sociaux. Il a notamment critiqué les réductions d'impôt des milliardaires et souligné l'absence de toute référence aux changements climatiques dans le discours du président.

Sa décision a cependant mécontenté de nombreux démocrates, qui auraient préféré qu'il laisse toute la place à Mme Abrams en raison du moment historique que son discours représentait.

Une autre Afro-Américaine a offert sa propre réplique sur Facebook : la sénatrice Kamala Harris, candidate à l'investiture démocrate. Accusant le président de semer division, elle lui a opposé une approche rassembleuse.

Donald Trump, président des États-Unis
Avec les informations de New York Times

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