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Le golfe du Saint-Laurent en mutation

Une anémone dans le fond du fleuve St-Laurent

Une anémone dans le fond du fleuve St-Laurent

Photo : Patrick Bourgeois

Joane Bérubé

La biomasse de phytoplanctons et de zooplanctons a diminué de 30 % dans le golfe du Saint-Laurent au cours des dernières années, selon Pêches et Océans Canada.

La tendance à la diminution de cette biomasse, au premier niveau de la chaîne alimentaire de la vie marine, est observable depuis une dizaine d’années.

La baisse a été plus marquée entre 2015 et 2017.

Pêches et Océans Canada prélève ce type de données depuis 1999.

En comparant les récentes données recueillies avec celles des premières années du programme, on constate que plus du tiers de la biomasse a disparu.

Les premiers changements sont apparus en 2010 et sont plus notables chez le zooplancton.

Ce qu’on a connu jusqu’à maintenant comme interaction entre tous les différents éléments de la chaîne alimentaire, ça va peut-être être appelé à être modifié.

Marjolaine Blais, biologiste des sciences aquatiques de l’Institut Maurice-Lamontagne

Des eaux plus chaudes

Les hypothèses pour expliquer ce phénomène sont toujours à vérifier, mais plusieurs facteurs pointent vers un réchauffement des eaux, qui s’amorce véritablement en 2010.

Ce réchauffement se répercute dans toutes les couches de la colonne d’eau, souligne la scientifique.

Dans les changements d’espèces qu’on observe dans le zooplancton, dit-elle, on voit entre autres qu’il y a davantage d’espèces d’eaux chaudes qui arrivent. Il y a vraiment un lien avec la température.

Ce lien reste toutefois à préciser.

Est-ce vraiment la température de l’eau ou est-ce en lien avec une saison de glaces plus courte? Un couvert de glaces moins grand, cela peut affecter le moment de développement des espèces. Est-ce plus ce facteur que la température elle-même?  se demande la biologiste.

Paradoxalement, les copépodes, une sous-classe de petits crustacés qui forment la base du zooplancton, sont plus nombreux.

Comme le relève la biologiste des sciences aquatiques de l’Institut Maurice-Lamontagne Marjolaine Blais, la variation va au-delà de la dimension de la biomasse.

Elle constate aussi un changement dans le type et dans la taille des espèces de copépodes qui composent cette biomasse.

Autrement dit, les petites espèces sont de plus en plus nombreuses au détriment des plus grandes, ce qui se répercute sur l’ensemble du système.

On ne mesure pas exactement les impacts directs, mais on peut penser qu’il va y avoir moins de nourriture disponible pour ceux qui consomment les copépodes, comme les petits poissons, par exemple.

Marjolaine Blais, biologiste des sciences aquatiques de l’Institut Maurice-Lamontagne

Est-ce que les petits sébastes, capelans ou lançons qui se nourrissent de copépodes seront capables de se tourner vers d’autres ressources alimentaires?

C’est une question qui demeure pour le moment sans réponse, mais le changement s’annonce.

Les effets directs sur la pêche ou sur des espèces menacées ne sont pas encore documentés, mais Pêche et Océans entend étudier la question avec son programme de recherches écosystémiques.

Bas-Saint-Laurent

Océanographie