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Des familles endeuillées pressent Québec d'agir pour la prévention du suicide

Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans, après les accidents.

Photo : getty images/istockphoto / stevanovicigor

Radio-Canada

Des familles endeuillées par le suicide d'un enfant demandent au gouvernement de la Coalition avenir Québec d'en faire davantage pour contrer le désespoir et la détresse chez les jeunes.

Pour Marlène Gauthier, tout a basculé en décembre 2012, lorsque son fils Olivier s'est enlevé la vie à l'âge de 19 ans.

« C'est sûr que perdre un enfant, c'est toujours douloureux, mais le deuil d'un enfant qui meurt par suicide, seul et en détresse, c'est absolument... », dit-elle, sans terminer sa phrase.

Pourtant, Olivier avait reçu de l'aide, mais seulement au compte-gouttes, de façon parcellaire. « On a été obligés d'entrer en urgence à l'hôpital, car il a fait une tentative. Malgré celle-ci, [on l'a] ressorti [de l'hôpital]. Il est entré deux fois en ambulance et quatre fois, au total, à l'urgence », mentionne encore Mme Gauthier.

Son fils, poursuit-elle, est demeuré deux semaines aux soins psychiatriques, « mais sans suivi adéquat. Il est ressorti trop vite, en fait ».

Afin d'éviter que d'autres jeunes ne « tombent dans les fissures du système », Mme Gauthier a mis sur pied un groupe de familles endeuillées qui demande plus d'action de la part du gouvernement. Une rencontre a d'ailleurs eu lieu avec la ministre de la Santé, Danielle McCann, à la mi-janvier.

« On va [entamer] une démarche qui, je l'espère, va nous amener à une amélioration de cet accompagnement, et on va travailler avec ces personnes que nous avons rencontrées », a mentionné cette dernière.

Besoin d'aide pour vous ou un proche?

Ligne québécoise de prévention du suicide : 1 866 APPELLE (277-3553).
Ce service est disponible partout au Québec, 7 jours sur 7, 24 heures sur 24.
Le nouveau site commentparlerdusuicide.com (Nouvelle fenêtre) outillera les Québécois qui veulent parler du sujet.

Ailleurs au Canada : 1 833 456-4566
On peut aussi consulter le site Prévention du suicide et soutien (Nouvelle fenêtre)

De l'aide immédiate

L'une des solutions pour endiguer le problème du suicide au Québec consisterait à favoriser une intervention immédiate des spécialistes en santé mentale, estime Réal Labelle, du Centre de recherche de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal.

Je dis souvent aux étudiants que travailler en suicidologie, c'est comme en cardiologie : les secondes comptent. Nous devons donc grandement nous améliorer, tous services confondus [dans le domaine de la] santé mentale.

Réal Labelle, du Centre de recherche de l'Institut universitaire en santé mentale de Montréal

« C'est comme s'il y avait le feu. Il doit y avoir une équipe qui descend chez madame! Un psychiatre, un médecin, un psychologue, un travailleur social, tout de suite! », explique M. Labelle.

Christine Grou, présidente de l'Ordre des psychologues du Québec, est elle aussi favorable à l'amélioration des soins de santé mentale. En entrevue au Téléjournal Montréal, Mme Grou a réitéré l'importance d'évaluer l'état suicidaire des patients « au moment opportun ».

Entrevue avec Christine Grou

« Au privé, bien sûr, pour des personnes autonomes qui sont suffisamment en santé pour faire la recherche et, surtout, qui ont les moyens de payer ce service, c'est relativement facile, puisque l'on peut choisir son professionnel et le moment où aller consulter. »

La situation se corse dans le réseau public, admet Mme Grou. « Il faut d'abord que la personne passe par la bonne porte d'entrée », puis qu'elle soit inscrite sur une liste d'attente.

L'idée consiste donc à accélérer la vitesse à laquelle les personnes souffrantes peuvent obtenir de l'aide. Y a-t-il eu des progrès en ce sens? « Pas suffisamment », reconnaît Mme Grou.

On n'est pas encore rendus à dire qu'une personne souffrant de problèmes de santé mentale pour lesquels il existe des traitements efficaces dispose d'un accès universel et suffisamment rapide.

Christine Grou, présidente de l'Ordre des psychologues du Québec

Avec les informations de Mélissa François

Santé publique

Société