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Une nouvelle synagogue sera construite à Outremont, malgré l'opposition des voisins

La séance du conseil d'arrondissement d'Outremont na pas été de tout repos, lundi soir.

Photo : Radio-Canada / Kim Vermette

Jérôme Labbé

Les esprits se sont échauffés lundi soir au conseil d'arrondissement d'Outremont. Plusieurs citoyens se sont déplacés pour contester une entente à l'amiable qui permettra la construction d'une synagogue de 700 mètres carrés sur l'avenue Bernard, et ce, même si le voisinage s'est prononcé contre ce genre de projet il y a un peu plus de deux ans, par voie de référendum.

En novembre 2016, les résidents avaient rejeté l'implantation de tout nouveau lieu de culte sur l'avenue Bernard.

Or, les permis liés à ce projet de synagogue avaient déjà été demandés par Place Bernard inc., un petit centre commercial situé près du Théâtre Outremont, qui souhaitait louer une partie de ses locaux à la communauté juive.

Le propriétaire du 1260, rue Bernard a donc engagé un recours juridique pour obliger la Ville à respecter ses engagements. Il réclamait aussi un dédommagement d'au moins 300 000 $ pour perte de revenus locatifs.

Pour le maire de l'arrondissement d'Outremont, Philipe Tomlinson, l'entente à l'amiable qui vient d'être conclue est préférable à une longue et coûteuse bataille judiciaire entre les avocats des plaignants et les procureurs du contentieux de la Ville de Montréal.

« Au fur et à mesure qu'ils se sont parlé dans un contexte légal, la Ville a pris la décision [qu'elle était] à risque dans ce dossier-là de continuer à se battre légalement », a-t-il expliqué à l'émission Gravel le matin, mardi.

Les avocats du contentieux ont opté « pour la voie de l'entente », a-t-il poursuivi, ce qui constitue, selon lui, « une nouvelle façon de faire à Outremont », les dernières années ayant été marquées par une série de conflits entre la communauté hassidique et une partie des résidents de l'arrondissement.

« Dès qu'on a quelque chose qui a rapport avec nos voisins hassidiques, on est dans le conflit », a déploré le maire Tomlinson au micro d'Alain Gravel.

Un débat polarisé

Si le conseil d'arrondissement a finalement donné son feu vert à l'adoption de l'entente, lundi soir, cette décision n'a pas fait que des heureux. Plusieurs dizaines de citoyens en colère s'étaient déplacés pour faire entendre leur mécontentement.

Interrompant parfois le maire Tomlinson, des résidents lui ont reproché d'avoir cédé à l'intimidation et d'avoir renoncé trop vite à se défendre en cour.

Un seul conseiller d'arrondissement s'est opposé à la démarche, soit Jean-Marc Corbeil, d'Ensemble Montréal, qui a dénoncé « un déni de démocratie ».

À l'inverse, la communauté juive hassidique d'Outremont s'est réjouie mardi de l'entente hors cour avalisée par le conseil d'arrondissement.

Selon son porte-parole, Abraham Ekstein, cet accord est « un modèle à suivre », puisqu'il a été négocié « de bonne foi » et qu'il a permis de résoudre « une situation délicate » d'où toutes les parties impliquées ressortent aujourd'hui gagnantes.

Une analyse que partage le maire Tomlinson, qui a fait valoir mardi que l'entente comportait aussi de bons côtés. Par exemple, trois des quatre locaux donnant sur l’avenue Bernard demeureront des locaux commerciaux, a-t-il indiqué, alors qu'en cas de défaite de l'arrondissement, le promoteur aurait pu établir un lieu de culte de 1000 mètres carrés sur l’ensemble des deux premiers étages du bâtiment, supprimant du même coup les quatre locaux en façade.

De son côté, le propriétaire du bâtiment visé, Michael Rosenberg, a félicité les élus de l'arrondissement pour leur décision. Le règlement du litige « prouve qu'en agissant de bonne foi, la paix et l'harmonie peuvent régner dans notre quartier tant aimé », a-t-il déclaré par voie de communiqué mardi.

Avec la collaboration de Benoît Chapdelaine et Kim Vermette

Grand Montréal

Politique municipale