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Traduction de documents : le gouvernement de l'Î.-P.-É. davantage sensibilisé

Une affiche où s'est écrit english français avec une icône d'un homme devant un bureau

Affichette de bureau qui indique un service dans les deux langues officielles

Photo : Radio-Canada

François Pierre Dufault

Le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard est de plus en plus sensibilisé à l'importance de fournir à la communauté insulaire de langue française des documents publics dans sa langue, estime le directeur du Secrétariat aux affaires acadiennes et francophones de la province.

Le service de traduction du gouvernement a traduit près de 1,25 million de mots entre avril 2017 et mars 2018, selon le plus récent rapport annuel sur les services en français (Nouvelle fenêtre) de la province. La grande majorité des documents, soit environ 87 %, ont été traduits de l'anglais au français.

Aubrey Cormier suit l'évolution des services en français à l'Île-du-Prince-Édouard depuis une trentaine d'années. Le directeur du Secrétariat aux affaires acadiennes et francophones fait état de grandes avancées.

Le service de traduction, à lui seul, est passé d'un à six employés à temps plein. Il dispose d'un budget annuel qui frôle le demi-million de dollars.

Je peux parler en connaissance de cause, affirme Aubrey Cormier. J'étais au gouvernement il y a une dizaine d'années, et je peux dire qu'il y a aujourd'hui plus du double du nombre de documents qui sont traduits. On est rendu à 90 % du nombre de communiqués du gouvernement provincial qui sont traduits alors qu'il y a une dizaine d'années, on était à peine au-delà de 30 %.

Sur la table de travail des traducteurs, il y a des communiqués de presse, des plans d’action, des rapports annuels, et le guide annuel des visiteurs, entre autres.

Aubrey Cormier en entrevue, devant un drapeau acadien Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La SSTA n'est plus le seul organisme acadien à l'Île-du-Prince-Édouard, explique son directeur général Aubrey Cormier.

Photo : Radio-Canada

Déjà en 2011-2012, les traducteurs du gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard jonglaient avec environ 1,5 million de mots, selon le rapport annuel sur les services en français de l'époque. Ils ont maintenu cette cadence pour l'exercice 2013-2014, au cours duquel la province a adopté une nouvelle Loi sur les services en français et célébré le 150e anniversaire de la conférence de Charlottetown.

Depuis 2015, la moyenne annuelle est de 1,26 million de mots traduits.

Le nombre de mots traduits n'est pas forcément révélateur du nombre de documents traduits, car certains documents sont plus volumineux que d'autres.

La grande majorité des traductions sont faites à partir des soumissions qui nous viennent des institutions gouvernementales, explique Aubrey Cormier. Mais de temps en temps, nous allons voir un document qui n'a pas été traduit et qui est important pour la communauté [acadienne et francophone] et nous allons intervenir auprès de l'institution gouvernementale pour lui offrir nos services.

Lorsque la charge de travail dépasse les capacités internes, le service de traduction fait appel à des pigistes qualifiés qui habitent les Maritimes et le Québec, étant donné qu'il y a peu de traducteurs qualifiés qui habitent l'Île-du-Prince-Édouard.

Le volume élevé de traductions amène toutefois des défis, concède Aubrey Cormier. La demande est tellement grande qu'on doit préciser [l'ordre dans lequel les documents sont traduits] en se basant sur les besoins prioritaires de la communauté, dit-il. On reconnaît que tout ce qui touche la santé et la sécurité publique est d'une importance capitale.

Il arrive, en effet, que des communiqués soient traduits avec quelques jours de retard et que l'information qu'il contiennent soit périmée au moment de leur diffusion. C'était le cas d'un récent communiqué de Santé Île-du-Prince-Édouard annonçant des restrictions de visites dans un hôpital et deux foyers de soins, dont la version française a été publiée trois jours après la version anglaise, et après une mise à jour de la situation.

La directrice générale de la Société Saint-Thomas d'Aquin (SSTA), l'organisme porte-parole de la francophone insulaire, Isabelle Dasylva-Gill, constate elle aussi que dans le cas des communiqués de presse qui des fois doivent être [...] sortis rapidement, la version française est sortie en décalage bien après ou pas du tout selon les institutions gouvernementales.

Le fait de fournir plus d’information en français est un moyen pertinent pour le gouvernement d’engager ses citoyens et d’appuyer concrètement la mise en œuvre de la Loi sur les services en français.

Isabelle Dasylva-Gill, directrice générale de la Société Saint-Thomas d'Aquin

Bien que la traduction ne soit pas homogène, note Isabelle Dasylva-Gill, fort est de constater qu’il y a eu des efforts dans les derniers mois pour avoir plus de communiqués publiés en français. Ce qui est un fait important pour la communauté acadienne et francophone ainsi que les parlants français qui demandent juste à contribuer à la vie insulaire.

De manière générale, la SSTA se dit satisfaite de la traduction des documents officiels du gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard. C’est certainement un plus pour la question de l’accès à l’information en français, affirme la directrice générale de l'organisme. Nous avons espoir que la tendance ira à la hausse pour la quantité de contenu traduit.

Île-du-Prince-Édouard

Francophonie