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Les enfants surreprésentés dans le bilan des banques alimentaires du Canada

Une variété de produits alimentaires dans un réfrigérateur commercial.
Banques alimentaires Canada n'observe pas de baisse significative de la fréquentation des banques alimentaires au cours des 10 dernières années. Photo: Radio-Canada / Marie-Christine Bouillon
Julien Sahuquillo

Plus du tiers des bénéficiaires de la nourriture reçue durant les 1,1 million de visites mensuelles dans les banques alimentaires canadiennes sont des enfants, selon le rapport annuel de Banques alimentaires Canada publié mardi.

Ces chiffres sont inacceptables, selon Sylvie Pelletier, directrice des communications de Banques alimentaires Canada, d’autant plus qu’ils révèlent une surreprésentation des enfants de moins de 18 ans.

Les enfants représentent 35 % des personnes qui utilisent les banques alimentaires à travers le Canada, alors qu’ils ne représentent que 20 % de la population générale [selon les chiffres du Profil du recensement 2016 de Statistique Canada] , souligne-t-elle.

Le Bilan-Faim 2018 regroupe les données de fréquentation des banques alimentaires de chaque province en mars 2018, considéré comme un mois type.

Sylvie Pelletier observe une légère augmentation du nombre d'utilisateurs depuis 10 ans. Elle estime qu’il est temps que le gouvernement fédéral prenne des mesures pour améliorer la situation.

Une des choses qu’on demande, c’est que le gouvernement offre du soutien aux personnes ayant des enfants et qu'il offre des services de garderie abordables, explique Sylvie Pelletier. Cela permettrait aux gens de travailler ou d'augmenter leurs qualifications pour pouvoir sortir de la pauvreté.

Des ménages fragilisés

Plus de la moitié des utilisateurs des banques alimentaires bénéficient de l'aide sociale et de mesures de soutien pour personnes handicapées.

Banques alimentaires Canada souligne néanmoins que de nombreuses personnes ont recours aux banques alimentaires alors qu’elles travaillent.

En fait, 11 % des utilisateurs tirent la majorité de leur revenu de leur emploi. Leur salaire ou l’instabilité de leur emploi ne leur permet toutefois pas de subvenir à l’ensemble de leurs besoins.

Les familles monoparentales et les familles avec deux parents utilisent à parts égales les banques alimentaires du pays. Ces deux groupes représentent chacun 19 % des utilisateurs mensuels, selon le rapport Bilan-Faim 2018.

35,2 % des bénéficiaires sont des enfants de moins de 18 ans. 45,1 % des bénéficiaires sont des personnes seules. 59 % des bénéficiaires reçoivent des prestations d'aide sociales ou d'invalidité.Les bénéficiaires des banques alimentaires au Canada - Source : Banques alimentaires Canada - Bilan-Faim 2018 Photo : Radio-Canada / Vincent Wallon / Icônes : Freepik de www.flaticon.com

Peu de différences régionales

Dans l’ensemble, la répartition des profils des visiteurs par province reflète les chiffres nationaux.

Les provinces les plus peuplées, comme le Québec, l’Ontario et la Colombie-Britannique, sont aussi celles où les banques alimentaires sont les plus achalandées.

L’Alberta arrive quant à elle au quatrième rang avec plus de 97 000 utilisateurs au mois de mars 2018, suivie par le Manitoba.

Sylvie Pelletier reconnaît que les raisons de l’insécurité alimentaire peuvent aussi dépendre du lieu de vie.

Dans le nord du Canada, avec les grandes distances et le coût du transport, cela augmente le prix des aliments, ce qui augmente le niveau d’insécurité alimentaire, précise-t-elle.

Le rapport de Banques alimentaires révèle aussi que près de 45 % des utilisateurs de banques alimentaires sont des adultes seuls.

On demande au gouvernement d’apporter du soutien aux personnes seules, c’est un groupe souvent oublié, affirme Sylvie Pelletier.

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