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Maires et mairesses otages des commentaires haineux sur les médias sociaux

Un homme pose ses mains sur le clavier d'un ordinateur portable dans l'obscurité
Le harcèlement par les réseaux sociaux touche également les élus municipaux. Photo: iStock
Jean-Philippe Hughes

La cyberintimidation n'a pas toujours un visage mais elle est pourtant bien réelle. Ce fléau s'étend bien au-delà de la cour d'école. Des maires du Nouveau-Brunswick lèvent le voile sur la haine publiée à leur sujet dans l'anonymat des réseaux sociaux.

Outil indispensable du politicien 2.0, le réseau social peut vite déraper. Le maire de Tracadie l’a appris à ses dépens.

Denis Losier s’active sur Facebook tous les jours à travers ses pages personnelle et professionnelle. Mais son activité prendra fin lundi soir.

Je prends la décision de fermer mon compte parce qu’au niveau familial, ce n’est pas facile, admet le maire de Tracadie.

Dans la société on a l’intimidation, sur les médias sociaux c’est de la cyberintimidation.

Denis Losier, maire de Tracadie
Denis LosierDenis Losier, maire de Tracadie Photo : Radio-Canada

M. Losier avait adopté Facebook comme tant de ses homologues pour communiquer avec le plus grand nombre de concitoyens, mais il avait sous-estimé la virulence des électeurs.

Les gens pensent qu’on a toutes les solutions, c’est faux, révèle le maire. On est des humains.

Il ne craint pas la critique, mais la forme qu’elle prend sur une page Facebook ou Twitter est plus déshumanisante.

Oui, on a fait les manchettes dans les journaux, à la radio, à la télé, mais les médias sociaux sont une porte d’entrée qui fait plus mal parce que c’est beaucoup de gens en même temps, explique le maire.

Combattre la haine avec le sourire

Denis Losier n’est pas la seule victime de cette haine déversée par les trolls et agitateurs sur les médias sociaux.

Bien décidés à poursuivre leur présence en ligne, les trois maires du Grand Moncton ont participé à une lecture publique de gazouillis disgracieux à leur égard dans le cadre du festival Hubcap samedi.

@aseamans1 je me demande la part du budget qu’elle dépense pour teindre ses cheveux, a déclamé la mairesse de Riverview, Ann Seamans, devant les spectateurs.

Je suis blonde naturelle, a-t-elle répliqué, avec un sourire narquois.

La méchanceté, l’humour et le pathétique se côtoient parfois dans les envolées de moins de 280 caractères sur Twitter.

@mayormoncton le centre-ville sent la pourriture, c’est peut-être “Dawn of the Dead” Arnold, a lu la mairesse de Moncton, Dawn Arnold, en éclatant de rire.

J’ai de la difficulté à croire que des gens peuvent écrire des choses aussi virulentes et agressives envers ma collègue la mairesse de Moncton, s’est étonné le maire de Dieppe, Yvon Lapierre.

Tous s’entendent, c’est dans les sections commentaires des médias traditionnels en ligne que se retrouvent les mots les plus durs, malgré les modérateurs qui gèrent la nétiquette.

C’était presque cathartique de lire les tweets terribles, s’est étonnée Dawn Arnold. La mairesse de Moncton n’a jamais songé à fermer ses comptes Facebook, Instagram et Twitter pour autant.

Je suis plus résiliente qu’au début, c’était difficile pour moi.

Dawn Arnold
La mairesse de Moncton, Dawn Arnold.La mairesse de Moncton, Dawn Arnold. Photo : Radio-Canada

Le temps lui a appris que tous ces commentaires n’avaient absolument rien de personnel. Dans certaines publications, l’auteur ne savait même pas que Moncton a élu une femme comme mairesse.

Il y a des commentaires sur mes vêtements, mais mes vêtements viennent de [la friperie] Frenchy’s, soulève Mme Arnold avec ironie.

Heureuse de l’effet libérateur de la lecture publique, la mairesse de Moncton compte répéter l’expérience pour éduquer le public à converser respectueusement en ligne.

Nouveau-Brunswick

Politique municipale