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Ottawa refuse d’éliminer les tarifs sur l'acier et l'aluminium

L'intérieur de l'usine d'Algoma Steel à Sault-Ste-Marie
Ottawa a imposé des tarifs en réponse à l'imposition de droits semblables par les États-Unis. Photo: La Presse canadienne / Justin Tang
La Presse canadienne

Ottawa rejette la demande du ministre ontarien du Développement économique d'abandonner unilatéralement les droits compensateurs canadiens imposés en représailles aux tarifs douaniers américains, affirmant que cette décision équivaudrait à une « reddition » du Canada.

Le gouvernement fédéral a imposé en juin dernier des droits de douane sur les importations américaines d’acier, d’aluminium et d’autres produits, d’une valeur de 16,6 milliards de dollars, lorsque les États-Unis ont imposé eux-mêmes des droits semblables sur l’acier et l’aluminium canadien.

Le ministre ontarien du Développement économique, de la Création d’emplois et du Commerce, Todd Smith, estime que ces tarifs douaniers nuisent aux industries et aux travailleurs des deux côtés de la frontière. Il soutient que l’abandon par le Canada de ses « tarifs de représailles » pourrait ensuite amener les États-Unis à faire de même.

Un homme en veston et cravateLe ministre ontarien du Développement économique, Todd Smith Photo : Radio-Canada

Son homologue fédéral, Navdeep Bains, a rejeté cette requête lundi, affirmant dans un communiqué que son gouvernement travaillait d’arrache-pied pour faire pression sur les Américains afin qu’ils mettent un terme « une fois pour toutes » à ce litige commercial. Ottawa estime donc que l’élimination « unilatérale et inconditionnelle » des droits compensateurs canadiens équivaudrait à une « reddition unilatérale » face aux Américains.

Le premier ministre Justin Trudeau a déjà discuté au téléphone de ces tarifs avec le président américain Donald Trump, et le ministre canadien des Finances, Bill Morneau, en a parlé avec son homologue américain, le secrétaire au Trésor, Steven Mnuchin.

Or, le ministre Bains signale lundi que la dernière visite d’un responsable ontarien à Washington remonte à cinq mois, et que le gouvernement conservateur de Doug Ford n’a déployé « aucun effort » pour persuader les dirigeants américains d’abandonner leurs tarifs douaniers.

Le ministre ontarien soutient que le premier ministre Ford a rencontré des constructeurs automobiles au salon de l’auto de Détroit, et que son gouvernement rappelle constamment, au téléphone avec des homologues américains, que ces tarifs nuisent aux deux pays. « L’Ontario fait sa part, il est maintenant temps que le gouvernement fédéral fasse la sienne », a-t-il soutenu.

Les ministres québécois et ontarien

M. Smith et le ministre de l’Économie et de l’Innovation du Québec, Pierre Fitzgibbon, ont envoyé une lettre à leurs homologues fédéraux demandant qu’Ottawa revoie ses mesures de soutien et « considère l’octroi de compensations additionnelles » aux entreprises et aux travailleurs affectés. La lettre conjointe ne fait toutefois pas référence à la demande du gouvernement ontarien d’abandonner les « tarifs de représailles » canadiens.

Un homme devant un micro.Le ministre de l’Économie et de l’Innovation du Québec, Pierre Fitzgibbon Photo : Radio-Canada

Des tarifs douaniers avaient d’abord été imposés au printemps dernier par les États-Unis afin de lutter contre la surproduction et la surcapacité d’acier dans le monde, expliquait alors le secrétaire américain au Commerce. Le Canada rejette par ailleurs les prétentions de la Maison-Blanche selon lesquelles ces importations d’acier et d’aluminium constituent une menace pour la sécurité nationale des États-Unis.

Quelques mois plus tard, les libéraux fédéraux ont été critiqués pour avoir conclu un nouvel accord de libre-échange nord-américain sans obtenir la moindre garantie de Washington sur la levée de ces tarifs douaniers. Ottawa a depuis annoncé des mesures financières destinées aux industries prises entre deux feux, notamment une nouvelle aide pouvant aller jusqu’à 2 milliards de dollars et un soutien aux travailleurs des secteurs de l’acier, de l’aluminium et de la fabrication.

Le Québec et l’Ontario ont généré, en 2017, 91 % des exportations canadiennes d’acier et 92 % des exportations canadiennes d’aluminium à destination des États-Unis.

Les ministres québécois et ontarien dans leur lettre conjointe

« Nous constatons que le maintien des tarifs n’affecte pas uniquement nos producteurs d’acier et d’aluminium, mais aussi l’ensemble du secteur manufacturier. »

« Il est essentiel que le gouvernement du Canada obtienne l’exemption complète et permanente des tarifs sur l’acier et l’aluminium », des tarifs « injustifiés et illégaux », poursuivent-ils. « Il est aussi important que le Canada ne consente pas à l’imposition de mesures susceptibles de restreindre le commerce et de compromettre la compétitivité et la croissance de l’industrie canadienne, comme des quotas. »

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