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Affaire McArthur : « Il aura fallu la disparition d'un Blanc pour qu'on y porte attention »

Un sketch de cour montrant une femme lisant un témoignage devant un homme
Le meurtrier Bruce McArthur a écouté le témoignage de Nadia Wali, amie de Selim Esen Photo: Radio-Canada / Pam Davies

Les audiences de détermination de la peine du tueur en série Bruce McArthur ont débuté lundi à Toronto. Alors que l'exposé des faits – souvent macabres – s'est déroulé en matinée, le premier volet des témoignages des amis et des familles des victimes a lieu lundi après-midi.

Les proches des victimes ont tour à tour décrit les personnes tuées par McArthur pour ensuite expliquer l'impact du meurtre sur leur propre personne. Ces témoignages se sont déroulés devant le meurtrier ainsi que le juge McMahon, qui tient une boîte de papiers mouchoirs près de lui en cas de besoin. La salle d'audience, qui a une capacité d'environ 200 personnes, est aussi pleine.

Une flèche envers les policiers

Jaymie Sampa, du 519 Community Centre, qui se trouve en plein cœur du quartier gai de Toronto, a décoché quelques flèches indirectes en direction de la Police de Toronto. Le déroulement de cette affaire a rappelé à toute la communauté l'insécurité qui règne dans ce monde dans lequel nous vivons. Il aura fallu la disparition d'un Blanc pour qu'on y porte attention, selon Mme Sampa. Les victimes de McArthur sont en majeure partie d'origine sud-asiatique et arabe. Bien que la première victime de McArthur ait été tuée en 2010, la police de Toronto n'a ouvert sa première enquête qu'en décembre 2012.

Mme Sampa a également rappelé que toute la communauté gaie avait été ébranlée : le centre 519 a dû engager du personnel pour offrir des services de conseil psychologique ainsi que des cours d'autodéfense.

Des témoignages poignants

Avant cette attaque à peine voilée, des témoignages poignants des proches et des familles ont été prononcés devant le juge.

Phil Werren, un ami de Skandaraj Navaratnam, a été premier à témoigner. Il a expliqué qu'il avait perdu son meilleur ami. « Il était presque imbattable au Scrabble », selon lui. Il a aussi affirmé qu'il côtoyait M. Navaratnam presque tous les jours.

Une amie de la famille de Selim Esen, Nadia Wali, s'est ensuite présentée pour lire une lettre préparée par la famille. Celle-ci désire que les membres de la communauté LGBT puissent vivre sans peur, ce qui n'est toujours pas le cas, selon les membres de la famille.

Puis, une des sœurs d'Andrew Kinsman, Karen Coles, s'est présentée devant le juge. Elle a expliqué qu'elle regrette de n'avoir jamais eu la chance de dire au revoir à son petit frère. Elle affirme être devenue suspicieuse depuis la mort de M. Kinsman. « Je fais moins confiance aux autres maintenant, même aux gens que je connais depuis des années », a-t-elle déclaré.

Une autre sœur de M. Kinsman, Shelley, a elle aussi tenu à témoigner. Elle a rappelé que MM. Kinsman et McArthur se connaissaient depuis 15 ans. L'impact du meurtre sur sa propre santé a été dévastateur. « Ma vie a changé pour toujours. Je n'aime pas être touchée ni serrée dans les bras de quelqu'un. Je ne fais confiance à personne. »

Un autre ami d'Andrew Kinsman, Greg Dunn, s'est également présenté en cour pour témoigner. Celui-ci a rappelé aux gens présents qu'il « connaissait (McArthur), j'ai pris un verre avec cette personne, je me suis rendu dans l'appartement de cette personne ». McArthur était actif dans la communauté gaie de Toronto, lui qui était régulièrement vu au bar Black Eagle. C'est d'ailleurs à cet endroit qu'il a rencontré certaines de ses victimes.

Les témoignages se poursuivront mardi.

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