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Technologie 5G : BCE et Telus plaident la cause de Huawei

Des personnes marchent devant un panneau lumineux montrant le logo de Huawei.

Huawei s'active déjà à déployer la 5G dans divers pays du monde.

Photo : Reuters / Aly Song

Radio-Canada

Deux grands acteurs canadiens en matière de télécommunications, BCE et Telus, demandent au gouvernement canadien d'autoriser le géant chinois Huawei à participer au processus de développement des réseaux 5G au pays. Dans le cas contraire, disent-ils, les coûts pourraient être très importants pour eux.

Cette demande des deux entreprises canadiennes survient alors que la compagnie chinoise, qui agit aussi comme distributeur de téléphones intelligents, mais qui est surtout connue comme équipementier et gestionnaire de réseaux, est au cœur d'une importante crise diplomatique entre le Canada et la Chine.

Au Canada, BCE et Telus utilisent déjà des équipements de Huawei pour offrir la connectivité 3G et 4G, et ont commencé à acheter des appareils Huawei pour déployer leur futur service 5G, en raison du coût moindre de l'équipement chinois.

Ottawa pourrait toutefois emboîter le pas aux États-Unis et à l'Australie, qui ont tous deux déclaré Huawei persona non grata sur leur territoire, ce qui empêche l'entreprise d'y vendre de l'équipement ou des services. Si le Canada s'engage dans cette voie, cela pourrait représenter des coûts avoisinant le milliard de dollars pour BCE et Telus, estiment des analystes de la CIBC.

Le scénario le plus coûteux, où les deux fournisseurs canadiens devraient carrément remplacer tous les équipements déjà en place, est assorti d'une facture d'environ 2 milliards de dollars.

« Une décision politique »

Selon Richard Paradis, spécialiste en télécommunications et président du Groupe CIC, BCE et Telus s'inquiètent eux aussi des risques d'ingérence politique de la part du pouvoir communiste chinois.

En entrevue à RDI économie, M. Paradis estime que la décision des États-Unis et de l'Australie « est une décision politique » et découle de préoccupations en lien avec la sécurité nationale.

Les équipements [de Huawei] actuellement utilisés par BCE et Telus ne sont pas vraiment préoccupants, puisque ce sont des équipements secondaires. Mais avec la nouvelle génération, le 5G, c'est là qu'il pourrait y avoir un danger, puisque l'on pourrait ignorer que la Chine est en train de fouiller [dans les systèmes canadiens].

Richard Paradis, spécialiste en télécommunications et président du groupe CIC

Entrevue avec Richard Paradis, spécialiste en télécommunications

Toujours selon M. Paradis, l'intérêt de BCE et Telus à ce qu'Ottawa n'impose pas de contraintes au géant chinois tient aussi au fait que « les équipements de Huawei sont habituellement 30 % moins chers » que ceux des deux principaux concurrents, Ericsson et Nokia.

Ces prix réduits tiennent à l'existence d'une « masse critique », pense M. Paradis, soit une importante capacité de construction des infrastructures.

Y aura-t-il des retards dans le déploiement de la 5G? Richard Paradis croit que oui, et estime également qu'Ottawa doit se dépêcher de conclure son examen en cours sur les possibles risques représentés par Huawei.

La 5G aura un impact important sur le plan économique, alors le Canada ne peut pas se permettre d'attendre trop longtemps avant de choisir la technologie à adopter.

Richard Paradis, spécialiste en télécommunications

Ottawa devrait « idéalement » prendre une décision dans ce dossier d'ici six mois, soit avant les prochaines élections fédérales, estime encore le spécialiste.

Crise diplomatique

L'arrestation, l'an dernier à Vancouver, de la responsable des finances de Huawei, Meng Wanzhou, à la demande des États-Unis, a été suivie de l'arrestation d'au moins deux Canadiens en Chine, et possiblement de la condamnation à mort d'un troisième ressortissant par un tribunal chinois.

Depuis, Washington a officiellement demandé à Ottawa d'extrader Mme Meng vers les États-Unis, pour que cette dernière y soit jugée en lien avec de présumées violations des sanctions commerciales imposées à l'Iran.

Les craintes concernant Huawei portent sur le fait que Ren Zhengfei, le fondateur de la compagnie, a déjà été membre de l'armée chinoise et est toujours membre du Parti communiste chinois. Existe-t-il, alors, un risque que le pouvoir chinois se serve des réseaux 5G sous contrôle de Huawei, des réseaux considérés comme ayant une grande valeur stratégique par bien des pays, pour espionner les utilisateurs?

Huawei et M. Ren nient toute velléité d'espionnage, mais cela n'a pas permis de convaincre Washington. Lundi, les services de renseignement norvégiens ont eux aussi appelé à faire preuve de prudence envers Huawei.

« La distance est un peu courte entre un acteur commercial comme Huawei et le régime chinois », a ainsi fait savoir la chef du PST, le renseignement norvégien.

Un acteur comme Huawei sera vulnérable aux influences de son pays d'origine aussi longtemps que la Chine a une loi sur le renseignement qui oblige les personnes, entités et entreprises privées à coopérer avec la Chine.

La chef du renseignement norvégien
Avec les informations de Agence France-Presse

Télécommunications

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